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Les histoires de Pascal

Le plaisir de la déchéance

16 Juillet 2025 , Rédigé par Pascal

Derrière les murs clos de l'institut d'hébergement pour jeunes adultes déficient mentaux, David prenait connaissance du futur planning de service quand il entendit crier dans le couloir : « Putain ! David, viens vite, il y a encore une partouze à la 122 ! » le juron qui accompagna l'extraction de David de son bureau fut particulièrement grossier. David, c'était une masse, 1,80 m pour 120 kg, autant dire qu'il valait mieux s'écarter de sa route. Il se dirigea d'un pas décidé vers la chambre 122 dans laquelle il trouva Victoria, une jeune femme en séjour temporaire, en plein ébats sexuels avec quatre hommes. La carrure de David occupait tout l'encadrement de la porte. La voix de stentor qui proclama : « qu'est-ce que c'est que ce bordel ? » mit fin à la scène de film pornographique qui se déroulait devant ses yeux. Les hommes quittèrent la chambre sans même prendre le temps de se revêtir. Victoria, quant à elle, conserva sa position lascive et un air déçu de la fin prématurée de son aventure. Désignant la jeune femme, David demanda à une assistante de l'aider à se laver et retourna à son bureau. En chemin, il entendit deux des hommes qui étaient dans la chambre de Victoria discuter et dire : « J'aimerais bien lui défoncer son gros cul, je suis sûr qu'il aime ça cette salope et il s'en souviendra de ma grosse bite cette pédale ». L'esprit préoccupé par Victoria, David décida de ne pas relever.

Arrivé à son bureau, il composa le numéro du service médical et demanda si Victoria disposait d'une contraception. Bien que la demande pût paraître particulièrement indiscrète, sa correspondante lui répondit après quelques minutes de recherche que non. David poussa alors un nouveau juron, tout aussi imagé que le premier. Il feuilletait déjà le dossier de Victoria à la recherche des coordonnées du représentant légal. Encore un coup de fil facile à passer, pensa David, en plus au père, pour lui dire que sa fille avait le feu au cul et s'était fait tirer par quatre mecs en rut. Il fallait qu'il autorise la pilule du lendemain. David composa le numéro de portable et se cramponna pour la tempête qui n'allait pas manquer de souffler. Son interlocuteur répondit à la seconde sonnerie. David expliqua rapidement la situation, à l'autre bout il entendit un rire mauvais et l'homme répondre : « Alors la petite salope a réussi à se faire monter, la belle affaire ! Si elle est pleine, alors elle vêlera comme la grosse vache qu'elle est ! » L'homme n'attendit pas de réponse et raccrocha. David avait déjà eu affaire à des gens bizarres mais il avait l'impression d'être entré en pleine quatrième dimension. Il n'avait pas réussi à avoir l'autorisation d'administrer une contraception d'urgence. Il devait en savoir plus sur l'environnement familial de Victoria pour, au besoin, solliciter la protection juridique des majeurs. Le reste de la journée se déroula sans incident notable et David décida le soir même de rendre visite à la famille de Victoria pour analyser la situation.

Son GPS l'avait amené dans une ferme totalement isolée au milieu de la cambrousse. Elle se trouvait au bout d'un chemin en terre à peine carrossable. L'extérieur n'était pas éclairé et David avait bien essayé d'appeler avant de venir mais sans réponse et il s'était contenté de laisser un message. David tenta de sortir de sa voiture mais le grognement de 2 grands chiens l'en empêcha. Il donna un coup de klaxon et la porte de la seule bâtisse éclairée s'ouvrit. Une carrure de géant se dessina dans l'encadrement de la porte. L'homme beugla plus qu'il ne demanda : « qui êtes-vous ? » David baissa la vitre et se présenta. L'homme répondit : « Ah l'emmerdeur, entrez ! Les chiens grognent mais ils n'attaquent que si je l’ordonne. » Convaincu mais peu rassuré, David quitta sa voiture et se dirigea vers la maison. Le couple de canidés l'escorta de près et ne l'abandonna que sur le pas de la porte. L'intérieur était meublé de manière sommaire et rustique. Le dîner venait de se terminer et une femme sans âge nettoyait la table des reliefs du repas. L'homme s'assit au bout de la table et fit signe à David de s'asseoir à côté de lui. Il cria ensuite à l'attention de la femme d'apporter deux verres et de la gnole. Lorsque David essaya de refuser, l'homme leva la main lui imposant ainsi le silence. La main qui faisait face à David pouvait aisément couvrir son visage. Derrière se trouvait un bras dont la musculature eût pu rivaliser avec celle d'Hercule. Quant à l'homme lui-même, sa taille et sa carrure imposaient le respect. Assis, il dominait déjà David d'une bonne tête. La femme posa deux verres et une bouteille sur la table. Le liquide épais, vaguement jaunâtre semblait susceptible de faire rouler un scooter à plus de 150 km/heure. D'autorité, l'homme servit deux verre et en poussa un vers David. Dans un même temps, il congédia sa femme.  « Allez l'emmerdeur, bois ton verre et après on discute ! » David n'apprécia que très moyennement d'être traité d’emmerdeur mais quand un homme de 1m90 parle, David d'écoute. L'homme but la totalité de son verre d'un trait. David, de son côté, crut que sa bouche et sa gorge venaient d'être incendiées. Il fut pris d'une violente quinte de toux. L'homme le regardait hilare en lui disant de se méfier des boissons d'homme. Il lui demanda alors quel était le problème avec Victoria. David expliqua la situation et l'homme éclata alors d'un rire gras et fit remarquer que, au moins, elle prenait du bon temps. Quand David évoqua la possibilité d'une contraception, l'homme lui adressa un regard réprobateur en lui disant que les femmes étaient faites pour enfanter. Et si on ne voulait pas les mettre enceintes, il suffisait de les enculer. Et si on voulait baiser sans se poser ce type de questions, il y avait suffisamment de pédales à défoncer. David se rendit compte que plaider sa cause ne servait à rien. Il remercia l'homme pour son hospitalité et se leva pour prendre congé. L'homme lui dit alors qu'il avait un cul de femelle et qu'il allait lui montrer comment prendre son pied sans avoir de gamin. Il plaqua David contre la table et de force baissa son pantalon. David avait beau se défendre, l'homme sortit son sexe qu'il masturba pour le rendre dur et après avoir craché dans sa main et vaguement lubrifié l'anus de David le pénétra sans autre forme de procès. Le hurlement que poussa David aurait dû ameuter tous les êtres vivants de la maison, il n'en fut rien. L'homme le sodomisait avec force et rythme. Malgré la douleur initiale, David commençait à y prendre plaisir, habitué qu'il était à se livrer régulièrement à des hommes égoïstes. Quand l'homme le féconda, David ne put retenir un soupir de plaisir. L'homme lui claqua violemment les fesses en lui disant : « je savais bien que tu aimais ça ! » Il se retira et fit tomber David à genoux en lui ordonnant de lui nettoyer la bite. Face à cette arme de destruction massive, David s'exécuta. Sa tâche terminée, l'homme le repoussa violemment et lui intima l'ordre de se casser et de ne pas revenir sauf pour se faire démonter. David eut à peine le temps de remonter son pantalon qu'il était dans la cour de la ferme. Il remonta dans sa voiture et rentra tel un robot chez lui. Tout au long du chemin, son cul lui rappela douloureusement l’assaut qu'il venait de subir. Malgré la douche, David se sentait souillé et pourtant il éprouvait une sorte de plaisir malsain en se remémorant sa soirée.

Le lendemain il arriva tôt au travail avec toujours en tête la soirée de la veille. Le responsable de nuit, Loïc, se glissa dans son bureau et lui demanda s'il avait rendu visite à la famille de Victoria. David répondit que oui. Le responsable lui dit alors que le père de Victoria avait appelé et avait raconté par le menu leur entrevue. Loïc sortit ensuite son sexe et dit à David qu'une petite gâterie serait la bienvenue pour l'aider à garder le silence. David, médusé, regarda l'homme et contre sa volonté tomba à genoux et lui fit une fellation. Au moment de jouir, l'homme lui tint la tête et l'obligea à avaler son sperme. Cette nouvelle expérience montrait à David une image assez dégradée de sa personne mais le coup de grâce vint quand son agresseur lui donne à l'ordre d'être présent le soir car il avait des projets pour lui.

La journée se déroula comme dans un rêve. David n'avait pas la sensation d'être acteur de sa propre vie. Les événements semblaient avoir une volonté propre qui lui échappait totalement. L'équipe de jour commença quitter les lieux à partir de 18h00. À 21h00 il était seul avec Loïc. Ce dernier le convoqua brusquement dans son bureau. Il le fit asseoir en face de lui et commença à lui expliquer l'histoire de Victoria et de sa famille. L'homme qu'avait rencontré David la veille, s'appelait René mais tout le monde le connaissait sous le nom de Bourrin. David pensa qu'effectivement, on ne pouvait pas le caractériser par sa finesse. La femme qui vivait avec lui, était officiellement son épouse. Mais c'était plus son esclave. Bourrin était connu pour tirer tout ce qui avait un trou. Victoria n'est pas sa fille, elle avait 5 ans quand sa mère avait épousé Bourrin. Elle n'a pas eu le temps d'avoir 6 ans avant que ce dernier ne la viole. La gamine avait été tellement traumatisée qu'elle avait sombré dans une profonde addiction au sexe. David en avait eu la preuve la veille. Alors âgée de 20 ans, elle avait déjà mis bas quatre fois selon les dires de Bourrin. Et si ce dernier était une brute, Il avait en revanche un très bon sens des affaires et trouvait toujours des familles en manque de gamins pour vendre la progéniture. Si Victoria revenait régulièrement au centre, c'était justement pour se faire engrosser. C'était un plan dans lequel tout le monde était gagnant et David risquait de mettre un terme à un trafic très lucratif.

David était abasourdi. Loïc profita de son moment de faiblesse pour lui rappeler qu'il ne l'avait pas fait rester juste pour lui raconter des histoires. Il lui expliqua que s'il ne voulait pas que la nouvelle de son aventure avec Bourrin de devienne publique, Il allait devoir faire très exactement ce qui lui demandait. Loïc conduisit David vers une pièce vide dans laquelle se trouvait une table d'examen. Il lui ordonna de se foutre à poil et il l’attacha sur la table en position offerte. Loïc ramassa les vêtements et expliqua à David qu'il allait soulager tous les mecs en rut de l'étage. Il s'en alla en lui disant qu'il ne devrait pas avoir trop longtemps à attendre. De fait, David entendit la porte s'ouvrir et sans même entendre la voix de son agresseur fut violé brutalement. Afin de ne pas faire trop de bruit, David mordit le tissu recouvrant la table. Les hommes se succédèrent ainsi à un rythme assez soutenu, certains venaient en plus se faire nettoyer la bite. David sentait l'épuisement le gagner. Quand Loïc pénétra dans la salle, il lui annonça qu'il allait le libérer mais avant il restait deux choses à faire :

  • Lui enfoncer un plug dans le cul pour qu'il conserve bien tout le foutre et la plombe ;
  • Lui mettre sur la bite une cage de chasteté donc bien évidemment David ne verrait pas la clé.

Avant de le libérer, Loïc se fit tailler une nouvelle pipe et prit beaucoup de plaisir à lui faire avaler son sperme.

La nuit était particulièrement bien avancée, quand David quitta le centre. Comme la veille, il rentra chez lui comme un robot, prit une douche et se coucha. Il resta un long moment les yeux ouverts, à la fois excité par ces dernières aventures et dégouté par ce qu'il était devenu.

À son réveil, il songea à se faire porter pâle mais un message arrivé sur son portable dans la nuit le convainquit du contraire. Loïc le menaçait de tout balancer si jamais il essayait de se défiler. A partir de ce jour, le quotidien de David fut rythmé par les gâteries qu'il administrait à Loïc et par les soirées à servir de vide-couilles. Quand il passait dans les couloirs, l'homme qui avait dit qu'il aimerait bien lui casser le cul le regardait avec un sourire satisfait. 

La vie de David avait pris un tour assez monotone. Au-delà de Métro, Boulot, Dodo, David avait pu ajouter Sodo. Il avait perdu tout amour-propre. Chaque soir, il prenait une longue douche durant laquelle il essayait d'effacer la souillure mais sans succès. La cage que Loïc lui avait verrouillée sur la bite, était le constant rappel de sa condition. Et en plus, David devait se débrouiller pour assurer le minimum d'hygiène. La dépression commençait à le gagner. Loïc s'en était rendu compte et même les hommes qui le violaient régulièrement ressentaient ce défaitisme. Cette situation, potentiellement dangereuse, risquait d'être désastreuse pour les affaires.

Un samedi matin, Loïc passa chez David qui l'attendait. Il l’embarqua dans sa voiture et se dirigea chez Bourrin. David n'était pas particulièrement heureux de se retrouver là. Loïc se gara devant la porte de la bâtisse principale, descendit mais ne se dirigea pas vers la maison. Il prit la direction de la dépendance la plus éloignée, frappa à la porte et attendit que la voix de Bourrin beuglât d'entrer. Loïc ouvrit la porte, fit entrer David et la referma. David se retrouvera une nouvelle fois face à Bourrin. Un sling occupait un quart de la pièce Et à côté un pilori retenait un homme nu d'âge mûr. Un poids de taille respectable était attaché à ces testicules par une corde d'une trentaine de centimètres. Un godemichet d'une taille plus que respectable était enfoncé dans son anus. Bourrin tenait une télécommande qu’il actionnait occasionnellement. Le prisonnier poussait alors un gémissement particulièrement douloureux. David, fasciné, n'arrivait pas à quitter le pilori des yeux. Bourrin attira son attention en claquant des doigts devant son visage et éclata d'un rire cruel.

  • Si ça t'intéresse, l'emmerdeur, j'ai un créneau de libre ce soir quand celui-ci aura fini sa séance. Tu comprends il doit en avoir pour son argent. Je suis néanmoins ravi d'avoir ton attention, l'emmerdeur ! J'ai cru comprendre que tu n'étais pas très excité par ta vie. Alors j'ai quelque chose à te proposer. Tu vas venir vivre ici, tu vas remplacer la femelle qui vivait avec moi. Tu seras mon esclave, mon larbin, mon objet sexuel et occasionnellement ma pute.

David n'essaya même pas de cacher le choc produit par cette déclaration. Il était à présent réduit un rôle d'esclave. Bourrin le regarder d'un air inquisiteur et amusé. Il ajouta sur un ton plus dur :

  • De toute façon ce n'est pas une invitation que tu peux refuser. Ton attitude actuelle ne nous permet plus de te laisser seul !

La menace était à peine voilée, l'avenir de David était arrêté et il ne lui restait que la possibilité de coopérer avec l'inévitable. Il restait une question en suspens : qui était ce nous.

  • Tu vas découvrir le SOS de l'esclave : servir, obéir, subir et si tu n'y arrives pas tu découvriras un autre s : souffrir !

Deux hommes entrèrent dans la pièce, encadrèrent David qui comprit immédiatement qu'il devait les suivre.

  • Ils vont te préparer pour ton futur poste. Tu peux coopérer ou être contraint, le résultat sera le même mais le processus sera bien plus douloureux. Tu as perdu toute capacité de décision a part celle de souffrir. Va, je te rejoins dans un moment !

Bourrin et Loïc le regardèrent partir. Bourdin donna à Loïc les directives nécessaires pour solder la vie de David : démission ; rupture de bail ; fins de relations amicales, professionnelles et familiales ; Vente de tous ces biens ; etc. Loïc prit note de manière scrupuleuse. Il savait qu'il devait agir dans un délai très court et rien ne devait être laissé au hasard. Au départ de Loïc, Bourrin se retourna vers son sujet du moment :

  • Rassure-toi crevure, pour toi ce sera infiniment plus douloureux, parce que vois-tu je n'aime pas les voleurs.

L'homme bâillonné, ne put que grogner une réponse incompréhensible c'est en regardant son visage terrorisé que l'on pouvait comprendre l'étendue de sa détresse.

Les deux hommes guidèrent David vers un local où il fut invité fermement à se dévêtir. Une fois nu, ils s'assurèrent de la solidité de la cage de chasteté et lui insérèrent un plug de taille respectable dans l'anus. Ils lui posèrent ensuite plusieurs piercings : un à chaque teton ; un au nez et une guiche. Installé dans un fauteuil, il reçut le même tatouage à trois endroits différents : Le sein gauche, le haut du dos et au-dessus du pubis. Le tatouage représentait un code-barre qui permettait grâce au scanners répartis sur tout le domaine de toujours connaître l'historique de ses déplacements. Une puce GPS lui fut implanté dans le haut du bras, elle devait servir le localiser en pas de tentative de fuite. Enfin, la pose d'un collier électrique conclut l'équipement. La démonstration de l'efficacité fut faite immédiatement et David tomba à genoux sous la douleur. L'homme lui fit alors remarqué que la puissance était minimale.

 

 

 

 

Point de vue de Bourrin

Cela fait à présent un peu plus de 3 mois que cette salope de David m'a été livrée. Enfin, il s'appelait David quand il est arrivé, maintenant il répond plus au nom de crevure que celui de David. J'ai fait en sorte que sa première journée soit infernale. Il a passé la journée à bosser et le soir il a été attaché sur un pilori et forcé à sucer, se faire enculer, initiation au fist, travail intense et violent des couilles Et bien entendu obligé d'avaler foutre et pisse qu'on a bien voulu forcer dans sa gueule.

D'un point de vue pratique, la disparition de la raclure de la société s'est bien passée et personne n'a posé de questions pour savoir ce qu'elle était devenue.

Je n'ai jamais cru à la progression dans la formation d'une crevure. Je crois qu'il faut briser les volontés, qu'il faut traumatiser les bâtards pour supprimer leur personnalité. En tous les cas, après un moment de ce traitement, la sous merde avait du mal à trouver son souffle pour pleurer. On a très bien vu le moment où son cerveau s'est mis en pilotage automatique. Et pour être sûr que ça reste bien gravé dans sa mémoire, je lui ai appliqué un traitement de quinze coups de fouet. Elle s'est bien évidemment évanouie au cours du traitement et nous l'avons amené dans sa cellule.

À partir du lendemain, une routine s'est installée. Le matin des travaux sales et dégradants à réaliser et l'après-midi la mise à disposition de clients qui pouvaient jouer avec son corps comme bon leur semblait. J'ai des clients qui viennent juste pour se vider les couilles mais j'en ai d'autres qui payent pour pouvoir faire souffrir et ils sont particulièrement sadiques. Bien entendu, je dirige une entreprise dans laquelle il n'y a ni samedi, ni dimanche, ni fêtes. Donc c'est chaque jour que la crevure doit bosser. Ne pensez pas que je prenne du plaisir à la souffrance de la Crevure, mais j'ai une entreprise à faire tourner, il n'y a rien de personnel là-dedans c'est juste du business.

De temps en temps j'ai des clients qui demandent des prestations particulières. J'en ai un qui aime bien amener ses deux chiens et les regarder sauter les esclaves. Je dois avouer que c'est assez divertissant et les hurlements poussés par l'esclave sont une douce musique à mes oreilles. Quand David a vu arriver les deux chiens, il a très vite compris ce qui allait se passer. Il a essayé de négocier mais je lui ai assené une paire de gifles qui l'ont ramené dans le droit chemin. Le propriétaire des chiens a vaporisé un produit simulant une femelle en chaleur sur les fesses de la crevure. Il n'en a pas fallu plus pour que les chiens manifestent leur impatience. Le propriétaire a détaché le premier qui s'est immédiatement dirigé vers David. Il lui a longuement reniflé le cul avant de lui grimper sur le dos. Pour éviter que la crevure ne soit blessée, j'avais positionné une couverture sur son dos. Le chien avait du mal à trouver le cul de David alors nous l'avons guidé. Le sexe du chien est entré brutalement et David a poussé son premier hurlement. Le chien s'est mis ensuite et le besogner avec la puissance et la régularité d'un marteau piqueur. Je lisais la panique et la douleur sur le visage de ma crevure. Le client quant à lui semblait particulièrement satisfait, ce qui à mes yeux était quand même le plus important. Après avoir terminé son affaire, le chien est resté bloqué une bonne demi-heure dans le cul de David qui hurlait comme si on l'ouvrait en deux. Le pénis du chien est sorti avec un bruit de bouchon qui saute et un nouveau cri de douleur du bâtard. Un flot de sperme canin s'est alors échappé de son trou. Malheureusement pour David son répit n'a été que de courte durée. Le propriétaire a détaché le second chien Et la même torture a recommencé. David n'avait plus l'énergie de crier mais je voyais les larmes couler sur son visage. Il pleurait à la fois de douleur, d'épuisement, d'impuissance et d'humiliation. Je voulais qu'il comprenne que rien ne lui serait épargné, il n'avait plus un statut d'homme, il n'était qu'un objet de rapport. Pour terminer la séance, le propriétaire des chiens lui a baisé la gueule, il l'a gavé de foutre et il l'a obligé à boire sa pisse. Bref, une bonne séance à 1000€ donc bien évidemment la raclure ne verra pas la couleur.

Il va bien entendu y avoir d'autres séances comme celle-là. Petit à petit, je vois la volonté s'éteindre dans les yeux de ma crevure. Je pense que la prochaine séance mémorable sera celle de sa castration. J'ai déjà pas mal de demandes pour lui couper les couilles. Évidemment, cela devra se faire à vif, il ne faut épargner aucune douleur à la raclure. Le plaisir est la satisfaction des clients avant tout. Je pense que je vais commencer à organiser les enchères et le plus offrant remportera les grelots.

Il arrivera malheureusement un moment où les clients perdront peu à peu l'intérêt qu'ils ont pour ce bâtard. Il faudra alors organiser une ultime séance durant laquelle la vie de la crevure se terminera dans un feu d'artifice de torture et de douleur. Mais nous n'en sommes pas encore là et je compte bien l'exploiter et en tirer un maximum de fric.

 

Le témoignage de la crevure.

Bourrin m'a demandé de recueillir le témoignage de la crevure. Il m'a permis, dans ce but, de passer un long moment avec lui. Je me demande si je dois dire lui ou ça. En effet, c'est de moins en moins humain. Ce que je peux dire en tout cas c'est que son psychisme est brisé. Ça ne me regarde pas dans les yeux, ça se raidit dès que je parle. Manifestement, ça a une peur permanente de mal faire.

Comme le temps que j'ai avec ça est relativement limité, j'entre direct dans le vif du sujet. Je demande de m'expliquer comment il en est arrivé là et pourquoi il a accepté.

  • Je n'ai jamais demandé à devenir une salope comme ça, mais j'ai fourré mon nez dans ce qui ne me regardait pas. Et le maître a décidé de protéger ses intérêts. Le maître a toujours raison. Et plutôt que de m'éliminer, il a décidé de tirer profit de ma carcasse. Ce sont ses mots pas les miens. Je n'ai pas eu d'autre choix que d'accepter. Le maître a su profiter du fait que j'étais une pédale, une salope soumise et il en a tiré profit.
  • Et tu aimes servir de trou ?
  • Ce que j'aime n'a aucune importance, je suis là pour servir, je ne sais pas pour combien de temps. Les clients sont sympas parfois, mais le plus souvent ils sont sadiques. Ils aiment pouvoir se défouler sur moi. Plus je crie, plus ils sont satisfaits. Et le maître m'a fait très vite comprendre que la satisfaction des clients était essentielle.
  • Toute la journée, tu reçois des clients ?
  • Non le matin je travaille à la ferme, je dois donner à manger aux animaux et nettoyer les étables et les écuries. Je fais tout ça quasiment nu. L'après-midi et le soir sont réservés aux clients. Parfois en fin de journée, le maître m'utilise pour son plaisir personnel.
  • Le maître est gentil avec toi ?
  • Je suis en vie, donc le maître est gentil. Le maître a des besoins et je suis là pour les satisfaire. Peu importe si c'est douloureux ou inconfortable, je suis là pour subir. J'ai une certaine fierté à satisfaire le maître même s'il m'a battu.
  • Je sais que le maître peut être cruel et je sais aussi qu'il a déjà tué des personnes qui lui avaient fait du tort, Que tu as déjà assisté à ce genre de choses ?
  • J'ai vu le maître violer des hommes et des femmes. Le maître ne supporte pas les gens qui trahissent sa confiance ou qui essayent de le voler. Il a une fois obligé un homme à regarder sa femme et sa fille se faire violer par de multiples inconnus et ensuite il lui a coupé les couilles. Je ne sais pas ce qu'ils sont devenus et ça n'a aucune importance, le maître avait forcément raison.
  • Le maître a déjà été violent avec toi ?
  • À de multiples reprises oui, parce que je n'étais pas à la hauteur ou parce que je l'avais déçu. À chaque fois, il m'a obligé à le remercier pour la punition. Et je dois bien reconnaître qu'il avait à chaque fois raison. Le maître a des responsabilités, je ne suis qu'une merde et je dois faire en sorte de le servir au mieux.
  • Je sais que tu as été baisé par des chiens, tu n'as pas eu envie de te révolter ?
  • Sur le moment si, mais j'étais attaché, le chien a fait son affaire, et puis il y en a eu un second juste après. Le propriétaire des chiens a utilisé ma bouche pour se vider les couilles et la vessie. Il a ensuite payé le maître qui m'a caressé la tête parce que j'avais bien fait. Pour cette caresse, je suis prêt à n'importe quoi. C'était la première fois et depuis c'est régulier que des chiens viennent me défoncer, ça fait partie de mon rôle.
  • Tu ne penses pas qu'il y a des gens qui te cherchent à l'extérieur ?
  • Je pense que le maître a géré ça. De toute façon j'ai déjà vu des gendarmes à la ferme, ils m'ont regardé comme si je faisais partie du matériel. Certains d'entre eux m'ont même défoncé. Le maître les avait autorisés à me tabasser pour qu'ils puissent se défouler de leur frustration. Alors je suis à peu près certain que personne ne me recherche.
  • Quels sont les séances les plus dures que tu as eues avec des clients ?
  • La première a été la séance avec les chiens. Il m'a fallu un long moment pour m'en remettre. Après il y a eu les séances avec les sadiques. Des hommes qui prenaient leur plaisir à me fouetter, à me frapper, à me fister à contrôler ma respiration jusqu'à ce que je panique. Ils commençaient presque toujours de la même façon : avec un coup de pied dans les couilles. J'ai beaucoup crié, j'ai beaucoup pleuré et j'ai beaucoup supplié. J'ai très vite compris que tout cela ne faisait que les exciter. Alors j'ai continué parce que la satisfaction du client est essentielle. La dernière séance qui a été d'une brutalité inouïe, c'est quand j'ai été livré à quatre hommes. J'étais attaché sur un sling et j'ai bien évidemment été violé par les quatre. Ils ont ensuite joué avec mes couilles en les torturant très longuement. J'étais complètement épuisé à force de hurler. Ils m'ont masturbé à plusieurs reprises en recueillant ma semence. Même la masturbation était douloureuse à la fin. Quand ils en ont eu fini, je les ai vus faire un tournoi de chifoumi. Et le gagnant s'est approché de moi en m'expliquant que comme il avait gagné le tournoi il avait le droit de me couper les couilles. Ces salauds ont joué mes couilles au chifoumi. J'étais toujours attaché sur le sling, les jambes bien écartées, et il s'est approché avec un bistouri à la main. J'ai jeté mes dernières forces dans mes supplications et mes tentatives pour me libérer mais c'était peine perdue. Il m'a castré à vif. Je voyais dans le miroir installé au plafond qu'il ouvrait mes bourses, sortait le testicule et ligaturait le canal déférent avant de le couper. La douleur était tellement intense que je me suis évanoui avant qu'il ne s'attaque au second. Quand je me suis réveillé, les hommes étaient partis et le maître était à côté de moi, il tenait un bocal dans lequel je pouvais voir flotter mes deux testicules. Le maître m'a expliqué que cette séance lui avait rapporté beaucoup d'argent et que ma semence à les servir à féconder des esclaves femelles pour pouvoir produire de nouveaux serviteurs. Il a ajouté que je n'avais pas besoin de m'en faire, je ne connaîtrai jamais mes rejetons.
  • Et les séances avec les clients continuent ?
  • Bien sûr, il n'y a aucune raison qu'elles s'arrêtent. Le maître a une affaire à rentabiliser.

La suite de la discussion est beaucoup moins intéressante quant à ce qu'a subi ce bâtard. Mais une chose est sûre, je ne peux pas dire qu'il était heureux mais je peux dire qu'il était satisfait de sa place. Le maître l'avait brisé définitivement et il était prêt à tout endurer pour lui plaire.

Épilogue

Bonjour, nous ouvrons ce flash d'information avec une nouvelle particulièrement perturbante. Le corps d'un homme a été retrouvé en pleine campagne sur une route peu fréquentée. L'homme, âgé d'une quarantaine d'années, a été égorgé comme un animal. Son corps était nu et portait les traces de multiples tortures allant des lacérations à la castration et l'émasculation. Cet homme avait disparu il y a un peu plus d'une dizaine d'années, il travaillait auparavant dans les services sociaux et notamment l'accueil des personnes handicapées. Les services de police sont en alerte et recherchent toute personne qui pourrait communiquer des informations concernant cette affaire, notamment des témoignages sur l'activité à l'endroit où a été retrouvé le corps.

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Parce qu'il faut bien commencer un jour

9 Juillet 2025 , Rédigé par Pascal

J'ai 25 ans et je suis puceau. Je n'ai pas du tout un physique d'Apollon. Sans être disgracieux, je suis joliment enrobé. Dans mes rêves érotiques, je suis dans les bras d'un homme, un homme mûr, un homme qui pourrait être mon père. Je ne fantasme pas sur mon père car je ne le connais pas. Il est mort dans un accident un peu après ma naissance et la seule connaissance que j'ai de lui, c'est à travers des photos et les histoires de ma mère. Chaque nuit quand je me couche, je me masturbe et je joue avec mon anus en imaginant sucer un homme.  Malheureusement, je n'ai jamais rencontré un homme qui s'intéresse à moi. Je viens de terminer mes études dans une école de commerce et cet été j'ai décidé d'aller travailler dans une ferme pendant deux mois. À mon retour, je suis attendu pour un entretien de recrutement dans une grande société du CAC 40.

Je me suis renseigné auprès du propriétaire de la ferme dans laquelle je vais travailler. Il m'a dit qu'il me fournirait les vêtements de travail et je n'avais amener que quelques vêtements pour pouvoir sortir et des sous-vêtements. Il m'a prévenu que le travail serait physique et qu'il faudrait se lever tôt. Mon sac à dos est prêt et demain je prends le train pour la Creuse ce qui équivaut pour moi à partir vers l'inconnu.

Ce voyage est foutrement long, quasiment 5h30 avec une correspondance. Mais au moins mon train n'a pas de retard. Je descends sur le quai de la gare, entouré de gens qui semblent partir en vacances ou accompagné des enfants chez leurs grands-parents. C'est un tumulte bruyant et joyeux. Des enfants courent dans tous les sens et je remarque que les parents sont au bord de la crise de nerfs. Mon futur patron m'a donné rendez-vous à côté du kiosque à journaux à l'intérieur de la gare. Je me fraye un chemin à travers la foule d'autant plus aisément que je n'ai que mon sac à dos. Je jette machinalement un coup d'œil à mon portable et je m'aperçois que la qualité du réseau n'est pas formidable, pourtant je suis en ville alors qu'en sera-t-il quand je serai à la ferme. La guerre n'est pas grande et je repère sens mal le kiosque à journaux. Je vois au premier coup d'œil un homme qui cherche dans la foule. Je me permets de faire un geste de la main qui provoque chez lui un sourire. Je le rejoins et je me présente. Il m'attrape la main et le bras et m'offre de poignée de mains virile. Il me rappelle son prénom : Louis. Il m'entraîne en passant sa main dans mon dos vers la sortie et se dirigeant ensuite vers 4x4 garé plus loin. Il ouvre le coffre et m'invite à y déposer mon bagage. Je monte ensuite côté passager et une fois que les portes sont fermées, nous nous retrouvons enfin dans un silence plus propice à la discussion. Il me dit alors qu'il est content que je sois là, parce que les deux autres saisonniers qui devaient venir lui ont fait faux bond à la dernière minute. Je le regarde étonné et je lui précise que je ne me sens pas capable de faire le travail de trois personnes. Il éclate de rire en me répondant qu'il n'en demande pas tant.

Je peux à présent vous décrire Louis. Il est un peu plus grand que moi, il est bien plus large l'épaule. Il a des bras et des cuisses extrêmement musclés ; on peut deviner sans peine qu'il est habitué aux travaux de force. Son teint est halé et le sérieux de sa mâchoire carrée est contredit par son regard rieur. Il doit avoir une petite quarantaine d'années et très honnêtement je le trouve terriblement sexy. Et d'autant plus sexy, que la bosse de son entrejambe a l'air bien impressionnante.

Cela fait à peine une demi-heure que nous sommes partis de la gare et nous sommes déjà arrivés. Nous sommes au milieu de nulle part, en pleine nature. Le corps ferme est un ensemble de bâtiments clos. On y pénètre par une grande porte à double battant. Sur la gauche en entrant, se trouve le bâtiment d'habitation. En face se trouvent les dépendances et les hangars. L'ensemble est propre et très bien entretenu. Louis gare la voiture face au bâtiment principal. Lorsque nous descendons du véhicule, deux grands chiens viennent nous accueillir. Louis ouvre la maison et me fait entrer. Les chiens restent à la porte. Il me guide ensuite vers une chambre dans laquelle se trouve un lit et une petite armoire. Il m'indique que ce sera mon domaine pour les deux mois à venir. Je pose mon sac à dos et nous nous dirigeons vers une grande pièce qui tient lieu de cuisine et de salle à manger. L'endroit est remarquablement bien rangé pour un homme seul. Je lui demande alors s'il vit seul en permanence ici et il me répond que oui, seule la femme de ménage passe une fois par semaine. Je lui fais remarquer que j'aurais énormément de mal à être seul en permanence. Il me répond qu'il ne trouve pas toujours ça agréable non plus.

Nous passons ensuite un long à régler des formalités administratives de manière à ce que je puisse travailler en toute sécurité sur la ferme. Puis Louis me fait faire le tour des installations avant que nous ne prenions notre repas. Il me propose ensuite de prendre une douche avant d'aller nous reposer, le réveil de demain sera à 6h. Je ne me fais pas prier et je regagne ma chambre. Je me déshabille et je garde que mon boxer puis je me dirige vers la salle de bain. Comme j'entends l'eau qui coule, j'attends patiemment devant la porte. Quand celle-ci s'ouvre, je me retrouve nez à nez avec un Louis nu comme un ver. Il est massif, bien fait et entre ses jambes pendent une bite et une paire de couilles superbes et totalement épilées. Je reste figé sur place, je n'arrive pas à quitter du regard ce service trois pièces. Louis me lance en rigolant que j'ai l'air d'aimer ce que je vois et que si je veux venir jouer avec lui, il n'y voit pas d'inconvénient. J'essaye de regagner un peu de contenance et par bravade je lui réponds : chiche.

Je prends ma douche dans un état d'excitation plutôt intense. Je n'arrive pas à chasser de mes pensées le corps nu de Louis. Je ne pense qu'à une chose, le rejoindre. Je m'enhardis même à retourner vers ma chambre nu. Je crois que j'espère secrètement que Louis m'attend dans le couloir. Malheureusement il n'en est rien. Je suis dans ma chambre assis sur mon lit et j'hésite à accepter la proposition de Louis. Je me dis alors qu'il faut bien commencer un jour, je prends mon courage à deux mains et je le rejoins dans sa chambre.

Il est allongé nu sur le lit. Il m'accueille en souriant et en disant : «je ne savais pas si tu aurais le courage de venir ! Mais je suis content que tu l'aies fait. » Il tapote le lit à côté de lui m'invitant ainsi à le rejoindre. Louis est très rapidement entreprenant. Il explore mon corps avec ses mains, il monte sur moi et il me glisse à l'oreille qu'il va bien me baiser. Je lui signale alors que je suis puceau, mais que j'ai envie de me donner à lui. Il me demande alors de me laisser aller, il va faire mon initiation et je vais devenir grâce à son aide une très bonne salope. Ses mains explorent tout mon corps. Il pince mes seins, mes couilles et ma bite. Il sait très bien y faire et entour demain je me retrouve avec le nez face à ses couilles. L'ordre tombe alors sec et précis : «suce-moi ». Sa voix exerce sur moi un contrôle magnétique. J'ouvre la bouche et je gobe cette bite magnifique. Je me sens terriblement à ma place. Je n'imaginais pas que je sucerai en premier serait aussi beau. Il me tient la tête à deux mains et c'est lui qui impose le rythme. Il ne se préoccupe à aucun moment de ce que je ressens et j'éprouve un grand plaisir à l'entendre gémir. Au moment de se vider dans la bouche, il n'aura qu'un seul mot : «  avale ! ». Et je lui obéis aveuglément. Il inonde ma bouche, ne me laissant aucun autre choix que d'avaler. C'est ma première fois. Elle est à la fois excitante et brutale, mais je suis fier d'avoir été un vide couille. Il me fait alors remonter à sa hauteur, se place derrière moi et me prend dans ses bras. Il me souffle alors à l'oreille que je suis une bonne salope, qu'il va bien me dresser et qu'il est bien content que je sois venu. Paradoxalement cette phrase me remplit de fierté et je m'endors en sentant sa bite contre mes fesses.

Je me réveille en sursaut en attendant Louis me crier qu'il est six heures et que la marmotte que je suis doit se réveiller. Je vais chercher dans ma chambre des sous-vêtements et j'enfile la combinaison de travail que Louis m'a procuré la veille. C'est la première fois deux ma vie que j'enfile un tel vêtement. La sensation de flottement sur mon corps est étrange mais pas désagréable. L'environnement est agréable et le travail est dur. Mon boulot, c'est d'aider Louis à tout d'organiser pendant deux mois pour que tout soit prêt pour la récolte de septembre. Début septembre, un grand nombre de saisonniers arrivera et la véritable production pourra commencer. Notre premier travail est de sortir tout le matériel qui avait été mis à l'abri à la fin de la saison précédente. Une fois que ce matériel sera en place, nous devrons le nettoyer et nous assurer qu'il fonctionne bien. Comme je ne connais rien à ce travail, je suis scrupuleusement directive de mon patron. Vers midi il annonce que nous allons faire une pause et nous retournons vers la maison. À l'intérieur de la maison règne une fraîcheur qui nous fait du bien. Une fois la porte passée, Louis enlève ses chaussures et fait tomber la combinaison qu'il porte. Il apparaît devant moi en jock-strap. Pour vous illustrer mon niveau d'innocence, c'est la première fois que je vois un tel sous-vêtement. Il m'invite à faire de même et je me retrouve en boxer. Il nous sert à chacun un grand verre d'eau fraîche que nous buvons avidement. Sur la table de la cuisine, le couvert est mis. La femme de ménage est passée dans la matinée, j'étais tellement occupé que je ne m'en suis pas rendu compte. Il y a un petit mot sur la table nous expliquant que le repas est dans le four. Louis m'explique que l'on va déjeuner et qu'ensuite nous irons faire une sieste. Il ajoute en me regardant avec un sourire carnassier, ensemble évidemment évidemment. C'est bizarre mais je suis flatté de cette attention. Le repas est rapide et le rangement Plus rapide encore. Je m'entraîne avec lui dans sa chambre il me met, totalement nu et encore une fois prend totalement possession de mon corps. Il m'expédie à la douche et m'explique comment faire une toilette intime. Cette douche entre midi et deux me fait un bien fou. J'applique ses ordres à la lettre et je me présente devant lui totalement disponible. M'installe alors sur le dos sur le lit, relève mes jambes et À l'aide gel commence à me doigter. C'est un peu inconfortable au début et Louis me tend une petite bouteille brune en me donnant l'ordre de renifler profondément le contenu. Pour moi, c'est encore une première. Je sens la chaleur qui monte, j'ai la tête qui tourne un peu, Louis ne me laisse pas le temps de récupérer et me défonce littéralement le cul. Je pousse un cri à la fois de surprise et de douleur mais rapidement la douleur s'efface au profit d'une grande excitation. Je suis un enculé. Un homme me possède enfin. Il est en train de me limer le cul. Je gémis de plaisir, d'autant plus quand j'entends Louis me dire que je suis une vraie salope. J'ai envie de me branler mais il m'interdit de le faire. Selon lui je dois prendre mon plaisir comme une femelle. Je pense qu'il n'a vraiment pas tort parce que maintenant je le considère comme mon mâle. Je sens que Louis accélére le rythme, il me possède complètement. Il me dit qu'il va me féconder. Il se bloque au fond de moi, je sens les contractions de sa verge, il vient de me remplir. Il s'écroule sur moi, essoufflé mais ravi. Je m'entends lui dire merci de m'avoir dépucelé. Il me sourit en disant : «ce n'est que le début ». Quand il se relève je le vois attraper deux objets : un plug qu'il insère tout doucement dans mon cul et une cage de chasteté qu'il verrouille sur ma bite. Il m'explique alors que je suis sa salope et qu'il me baisera autant qu' il en a envie. Et avec un sourire coquin, il ajoute qu'il en a énormément envie. Il vient s'allonger à côté de moi et nous sommes emportés tous les deux par Morphée.

Nous reprenons notre activité À partir de 16 heures quand la chaleur a un peu baissé. Je trouve cette première journée épuisante et je me trouve particulièrement inefficace. J'ai l'impression d'aller au ralenti tellement je suis fatigué. Quand Louis me dit que nous avons fini, je suis tellement content que j'en pleurerais de joie. Il me tape sur l'épaule et me dit on a fait du bon travail, ton aide a été vraiment précieuse. Je suis étonné qu'il ne dise pas ça sur un ton moqueur. Nous retournons vers la maison et il m'envoie prendre une douche. Quand je le rejoins, il est assis à un bureau la tête entre les mains et je sens qu'il n'est pas dans son élément. Devant lui se trouve tout un tas de déclarations, de formulaires et manifestement il ne sait pas par quel bout prendre tout ça. Je me risque à lui demander s'il a besoin d'aide. Il me regarde avec une sorte d'espoir sceptique puis il se lève et me cède la place. Je fais rapidement le point de ce qu'il y a sur le bureau et je commence à organiser les documents par thèmes. Louis me regarde travailler, je lève la tête et fermement je lui dis d'aller se laver. Il me lance un regard amusé et s'éclipse en disant "oui papa". Il y a dans le ton de sa voix une sorte de soulagement. Quand il redescend, tous les documents sont triés, quasiment renseignés et n'attendent plus que sa signature. Je fais le point avec lui avant de ranger tout cela méthodiquement. Je lui annonce que je ferai la saisie sur Internet le lendemain en fin de journée. Louis me regarde avec une sorte d'admiration, en me disant qu'il lui aurait fallu plus d'une semaine pour pouvoir faire ce que j'ai fait en guère  plus d'une heure.

Nous quittons le bureau, pour nous rendre à la cuisine. Je dis à Louis de s'asseoir pendant que je mets le couvert et que je sers le repas. À chaque fois que je passe à côté de lui il pose sa main sur mes fesses et j'avoue que j'apprécie cette attention. Je crois même que s'il voulait me tringler sur la table je me laisserai faire. Nous mangeons, je lui sers un café qu'il boit pendant que je fais la vaisselle. Louis vient derrière moi et me prend dans ses bras. Il me dit que je suis plein de ressources, que je suis sexy et qu'il a hâte de me baiser ce soir.

 

 

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C'est une belle histoire

6 Juillet 2025 , Rédigé par Pascal

CHAPITRE I

Paul est un jeune homme bien fait. Il mesure 1,65m, mince, les cheveux noirs et les yeux marron. C'est un garçon calme et discret qui goûte peu les jeux turbulents des jeunes de son âge. Il apprécie encore moins les conversations portant sur le sexe et les filles. En effet, Paul a toujours su qu'il aimait les hommes. Depuis son plus jeune âge, dans ces rêves, il était avec des hommes. D'ailleurs depuis l'âge de 12 ans, il recherchait en permanence leur compagnie. Ses frères plus âgés le trouvaient un peu collant, mais son père et ses amis aimaient bien ce gamin poli qui obéissait si bien. Car oui, Paul aimait obéir. Il n'appréciait rien autant que de voir son père content de lui et le féliciter d'avoir mené à bien la mission confiée.

A l'âge de la puberté, cette simple fierté devint insuffisante. Chaque jour à l'école, tout en essayant de rester discret, il ne pouvait s'empêcher de détailler l'anatomie de ses camarades de classe. Il pensait que personne n'avait rien remarqué. Pourtant un jour, Tony, un garçon d'origine italienne, plus grand que les autres (il avait redoublé deux fois déjà), l'attira dans un coin tranquille et lui dit tout de go :

- T'es un PD toi ?
- Pour... Pourquoi tu dis ça ?
- Ça fait un moment que je te vois mater nos bites en classe. Et pendant les cours de gym, tu deviens carrément pathétique à essayer de nous reluquer donc j'en déduis que tu es PD.

La justesse de la démonstration démonta l'assurance de Paul et il convint en effet qu'il rêvait de voir un homme nu. Tony lui proposa alors de le retrouver pendant la pause méridienne dans les toilettes. Paul s'empressa d'accepter.

La fin de matinée parut bien longue à Paul. Il eut bien du mal à se concentrer sur la poésie de Ronsard au XVIème siècle. Quand la cloche sonna, il fut exceptionnellement le premier à la porte de la salle de classe et dévala les deux étages menant à la cour à toute vitesse avant de s'engouffrer dans les toilettes.

Tony n'était pas arrivé, Paul se dirigea donc vers les urinoirs où il fit semblant de se soulager. L'attente fut de courte durée. Tony entra dans les toilettes et se dirigea vers un WC en faisant signe à Paul de le rejoindre.

L'endroit était étroit et Tony fit asseoir Paul sur la cuvette puis il ouvrit sa braguette et sortit une bite à demi bandée et dit : "Suce-moi". Paul s'approcha mais eut très vite un mouvement de recul. En effet, la bite de Tony était loin d'être nette et avait une odeur peu engageante. L'autre, d'autorité, lui attrapa la tête et l'obligea à engouffrer son membre.

- Fais pas la fine bouche salope ; tu en suceras des plus crades que celle-là, crois-moi !

Paul essaya de protester mais son tortionnaire lui limait littéralement la gueule. D'ailleurs Tony était tellement excité qu'il ne dura pas longtemps et lâcha :

- T'as intérêt à tout avaler parce que sinon ça finit sur ton blouson. Compris salope ?

Paul fit oui de la tête. Et l'autre lâcha son foutre. Il n'avait pas dû jouir depuis un moment, car Paul manqua de s'étouffer avec tout ce foutre et n'arriva qu'à grand peine à tout avaler.

Tony rentra sa bite dans son pantalon après se l'être bien fait nettoyer et lui dit :

- C'est bon bâtard, rendez-vous mercredi après-midi à cette adresse, tu vas sucer des bites et me rapporter du fric salope.

Tony quitta les WC, laissant Paul essoufflé et inquiet : qu'allait-il se passer mercredi ?

Paul était seul dans les WC. Il reprenait lentement son souffle. Il se releva et sortit à son tour. Il se planta devant une glace pour vérifier que tout était en ordre dans sa tenue, qu'il ne restait aucune trace suspecte de sa précédente activité. Rien ne semblait clocher si ce n'est le regard que lui renvoyait le miroir : un regard de suceur de bites. Le passage à l'acte n'était pas sans conséquence.

Tout au long de la journée, il eut l'impression qu'il était marqué et que les autres savaient ce qu'il avait fait. Il rentra chez lui en baissant la tête, assez préoccupé par l'accueil que lui feraient ses parents et comment il allait s'expliquer. Bien entendu rien ne se passa comme prévu, la soirée fut des plus habituelles et Paul regagne rapidement sa chambre après le repas.

Enfin seul, il repensa aux événements de la journée et il commença à se masturber en pensant à la manière dont Tony s'était servi de lui et comment il était devenu son vide-couilles. Cette simple pensée suffit à le faire jouir comme un fou.

CHAPITRE II

L'impatience de Paul alla grandissant jusqu'au mercredi. Dès le premier soir, il avait fait savoir à ses parents qu'il devait aller travail un futur exposé chez un camarade de classe. Ses parents se montrèrent étonnés mais ravis que leur fils ait enfin une vie sociale.

Donc dès la dernière heure de cours terminée, Paul se précipita chez lui pris son repas et repartit vers l'adresse que lui avait donné Tony. Il sonna à la porte et attendit un peu fébrile. Après une courte attente qui lui parut éternelle, Tony ouvrit la porte et le fit entrer.

- Ok, salope fous toi à poil, on a pas beaucoup de temps pour te préparer !
-  Me préparer à quoi et comment ?

Paul reçut alors une baffe comme il n'en avait jamais reçue de sa vie. Il resta un moment interdit et sans bouger pendant que Tony lui disait :

- Quand je te dis de faire quelque chose tu obéis, les questions c'est moi qui les pose ok ?
- Oui Tony.
- Bien fous toi à poil et fissa.

Paul se garda de faire la moindre remarque et commença à ôter l'ensemble de ses vêtements. Tony attrapa son slip et le déchira en disant :

- A compter d'aujourd'hui, plus de sous-vêtement salope, c'est compris ?
- Oui, Tony répondit l'adolescent, qui termina de se déshabiller rapidement.
- Bien nous allons raser tous ces poils. Tu peux avoir des poils sur la tête et sur les bras mais pas ailleurs. Ok ?

Paul était pris dans le vertige des évènements qui chamboulaient sa vie. Il n'osait pas protester et sa nature naturellement soumise semblait s'accommoder parfaitement de cet état de fait. Il risqua une remarque timide sur les cours de sport à l'école, ce à quoi Tony répondit qu'il ne serait pas le seul à s'épiler les jambes. Et puis, une chose est sûre, les mecs préfèrent les salopes rasées.

Une fois sa toilette terminée, Paul se regarda dans la glace. Il fut très étonné de ce qu'il vit. Il ne s'imaginait pas du tout comme ça. L'absence de poil l'avait rajeuni d'au moins deux ou trois ans. Tony regarda sa montre, il restait un peu de temps avant l'arrivée des premiers convives. Il fit donc mettre sa salope à genoux et lui offrit sa bite à sucer. Paul ne se fit pas prier. Il prit le membre dans sa bouche et commença la fellation demandée.

Tony lui expliqua alors le déroulement de l'après-midi. Des hommes, plusieurs, allaient venir, et se faire sucer. Pour assurer un double anonymat, Paul porterait une cagoule aveugle. Enfin d'après-midi, un homme viendrait, pour l'enculer. Paul tressaillit, et tenta de résister. Tony lui répliqua que l'homme avait payé très cher pour pouvoir défoncer un puceau.

Tony emmena Paul dans une pièce où était installé un matelas. Il lui mit ensuite un collier autour du cou. À chacun de ses poignets il mit un bracelet de cuir. Il attacha ensuite les bracelets au collier. Enfin, il lui posa sur la tête une cagoule, ne laissant qu'un trou pour la bouche et le rendant aveugle.

Seul et aveugle dans la pièce, Paul se sentait à la fois excité est effrayé. Il entendit des bruits dans la pièce voisine et la porte s'ouvrit. Tony entra. Il était accompagné. Les hommes, au nombre de deux, discutaient et riaient ensemble. Paul entendit un inconnu s'adresser à lui et lui dire :

- C'est toi le bâtard qui suce. Montre-moi comment tu t'y prends.

Paul automatiquement ouvrit la bouche. Il entendit le bruit d'une fermeture éclair qu'on descend et sentit une bite s'approcher de sa bouche. Il engouffra le membre et commença à pomper. Mais très rapidement le mâle prit le contrôle des opérations et lui lima la gueule sans autre forme de procès. Le gland allait fréquemment buter au fond de sa gorge et lui provoquait des hoquets. 

Plusieurs hommes étaient arrivés dans la pièce. Paul les entendait. Ils discutaient et riaient. Il entendait Tony réclamer à chacun son écot pour pouvoir se faire pomper. Des mains parcouraient son corps et jouaient avec ses couilles et ses seins lui arrachant des gémissements.

Soudain, le mec dans sa bouche lui attrapa la tête et largua une bonne dose de foutre. Paul n'eut d'autre choix que d'avaler la liqueur et de nettoyer la bite de son premier juteur.

CHAPITRE III

Paul avait encore le goût acre du sperme dans la bouche quand une seconde bite se présenta pour être sucée. Le propriétaire ne lui laissa d'ailleurs pas le temps de réfléchir et l'obligea à gober son membre. Paul put se rendre compte à cette occasion que les bites étaient toutes différentes tant par la taille et la forme que par le goût. Ce nouvel arrivant lui baisait la gueule mais avec moins d'ampleur et de violence que le précédent, il semblait plus sûr de sa puissance et prenait le temps de profiter de la bouche chaude et accueillante.

Les commentaires sur les capacités de Paul commençaient à fuser, le premier utilisateur assurant qu'on ne lui avait jamais sucé la bite comme ça et le suivant répliquant que seules les bonnes salopes mâles savaient pomper correctement un mec.

Périodiquement, Tony lui faisait renifler du poppers. Il pompait alors avec d'autant plus d'ardeur et acceptait d'autant mieux les gorges profondes que lui imposaient certains de ses partenaires, l'obligeant parfois à retenir sa respiration durant un long moment.

Tony lui ménageait aussi des pauses et lui faisait boire de l'eau. En bon manager, il avait compris que prendre soin de la salope permettait de satisfaire plus de clients.

Paul avait perdu depuis longtemps le compte des bites qu'il avait sucées mais il sentit qu'il y avait moins de monde autour de lui. Un dernier homme se vida dans sa bouche et Tony lui dit que le grand moment était venu. Il sentit un liquide froid couler le long de son anus et des doigts forcer sa rosette pour lui lubrifier sa chatte de mec. Paul avait souvent joué avec sa rosette mais il restait vierge de toute bite. Tony lui parla doucement à l'oreille et lui dit qu'un homme allait prendre son pucelage et faire de lui définitivement une pute.

Paul frémit à la fois de désir et de peur. Il entendit une voix grave lui ordonner de bien cambrer son cul, ce qu'il s'empressa de faire. Tony lui donnait des explications sur ce qui se passait. Immobile, parfaitement à l'aise dans son rôle de soumis, Paul attendait à la fois résigné et impatient de se faire prendre.

Il sentit enfin le gland du mâle se positionner sur sa rosette et forcer doucement mais fermement l'entrée. Tony lui souffla de pousser pour faciliter la pénétration. Et enfin ses muscles cédèrent face à l'invasion du membre conquérant. Paul poussa un cri à la fois de surprise et de douleur comme une vierge qui se fait prendre. Le mâle qui le prenait commença à le limer doucement dans un premier temps. Il semblait satisfait de ce cul qu'il déflorait et du comportement de la pute qu'il tringlait. A plusieurs reprises, il claqua les fesses de Paul. Le rythme allait en s'accélérant et l'ampleur des va et vient allait en augmentant. Paul gémissait. Tony maintenait le flacon de poppers sous le nez de Paul et lui répétait de bien se donner, d'être une bonne salope.

Le mâle commençait à insulter sa pute, il traitait Paul de tous les noms, lui expliquait qu'il allait le remplir, l'engrosser. C'était à présent des coups de boutoir que l'adolescent encaissait en gémissant. Son excitation était à son comble quand l'homme lâcha son plaisir dans son ventre et le repoussa violemment, le laissant essoufflé et pantelant avec cette sensation de vide après cette première chevauchée.

"C'est une bonne pute, j'y reviendrai", déclara l'homme en quittant la pièce. Tony le raccompagna, un bon commercial ce Tony, il sait prendre soin des bons clients, ceux qui n'hésitent pas à payer de grosses sommes.

Paul, seul, tremblait sur son matelas. Il sentit la caresse de la main de Tony sur sa nuque, la même caresse que l'on donne au chien qui a bien exécuté un ordre. Paul n'en avait cure et appréciait cette marque d'affection même déplacée. Paul lui délia les mains et l'aida à retirer sa cagoule. Il l'allongea ensuite sur le matelas et le prit dans ses bras. "Tu as bien assuré, ma petite salope, tu t'es trouvé un bon client. Viens ici faire un câlin à ton mâle", murmura Tony à l'adresse du jeune homme. Paul se blottit contre lui et demanda :

- Combien j'en ai sucé ?
- Neuf, c'est pas mal pour une première fois.
- Merci.
- On recommence quand tu veux. En plus maintenant tu pourras aussi te faire tirer.
- Oui, c'est trop bon.
- Parfait. En attendant, je veux profiter de ta chatte de suite.
- Hummm, oui.


Allongé sur le matelas, Paul ramena ses genoux vers ses épaules et découvrit ainsi l'accès à sa rosette. Tony impatient comme le sont tous les jeunes étalons, prit à peine le temps de se passer un peu de gel sur le membre avant d'empaler son partenaire. Paul gémit à la fois de douleur et de plaisir. Il regardait son mâle se démener au-dessus de lui et prendre un réel plaisir à lui bourrer la chatte. Il sentait que Tony ne pensait qu'à son plaisir et au fond arrivait à trouver ça normal. La défonce commençait à lui faire de l'effet à lui aussi et les coups répétés sur sa prostate le rendait accroc à l'acte. Paul commença à encourager son baiseur, l'incita à se lâcher, à le baiser comme une chienne et à le remplir. Tony était tellement excité que la saillie ne dura pas longtemps et rapidement il se répandit dans son partenaire. Comblé, il le prit dans ses bras et déposa un baiser sur ses lèvres.

Les deux garçons restèrent un long moment dans les bras l'un de l'autre mais l'heure passant ils durent se séparer pour permettre à Paul de regagner son domicile.

Durant les dix minutes de trajet, Paul repensa sans arrêt à cet après-midi et au rendez-vous que Tony lui avait fixé pour le lendemain matin au lycée.

- Tu as passé un bon après-midi, mon chéri, lui demanda sa mère.
- Excellent oui, répondit Paul.

 

CHAPITRE IV

La vie de Paul avait bien changé depuis ce fameux après-midi. Tony usait et abusait des talents de l'adolescent. Quasiment tous les mercredis, Paul allait chez Tony et c'était rare qu'il n'eût pas quelques mâles ayant besoin de se soulager.

La vie coulait paisible quand Paul découvrit que les toilettes du parc situé à peu près à mi-chemin entre son lycée et la maison, ne servaient pas qu'à uriner mais aussi à soulager d'autres besoins. Enfin Paul ne le découvrit pas vraiment, ce fut Tony qui lui en parla. Vous savez comment sont les adolescents face à la nouveauté, surtout si elle a un parfum d'interdit.

Ce parc entièrement artificiel était un des rares espaces verts du quartier. Sur une surface grande comme deux pâtés de maisons, se trouvent quelques bosquets au milieu desquels serpentent des allées ombragées, et un petit étang où des enfants aiment nourrir les canards et les poissons. Dans un recoin, à l'abri des regards, se trouve un lieu d'aisance. Coupé en deux, comme il se doit, le coté dame ne présente pas de caractéristique particulière. Le coté homme, en revanche, a la particularité d'avoir des trous percés entre les différentes cabines de toilette. En anglais cela s'appelle des "gloryhole", si quelqu'un connaît un terme français pour désigner ces orifices, qu'il me le fasse savoir.

Paul lui découvrait l'endroit, un peu intimidé et tout de même assez excité. Plusieurs soirs de suite, il passa à proximité sans oser y pénétrer. Il était le témoin silencieux et discret du manège de messieurs de tous âges, pénétrant dans l'édifice et y séjournant trop longtemps pour une simple miction. D'autres, en revanche, y demeuraient très longtemps et portaient parfois des traces de poussières au niveau des genoux. Bref, l'endroit était tentant et repoussant à la fois.

Un soir, pourtant, Paul s'enhardit et entra. Le lieu était vide. La propreté de l'endroit semblait plus que douteuse et il se félicita d'être en tenue de sport. L'odeur âcre de l'urine qui emplissait l'atmosphère, agit comme un aphrodisiaque sur ses sens. Il entra rapidement dans la cabine du centre et tira la porte qu'il verrouilla. Il s'assit sur la lunette des toilettes et regarda autour de lui. Les murs étaient couverts de crépis et ils étaient parsemés de traces d'origine incertaine. La porte de couleur marron sale était, quant à elle, couverte de graffitis, dessins extrêmement suggestifs ou messages non équivoques accompagnés de coordonnées téléphoniques. En les parcourant, Paul en remarqua un dont le numéro lui était familier. Il le composa sur son portable et le nom Tony s'afficha immédiatement. Le message disait : "Mets salope bonne suceuse à dispo régulièrement. Discrétion assurée". Paul sourit en comprenant d'où venaient certains des hommes qu'il suçait. Il continua sa lecture et fut tiré de sa rêverie par le bruit d'un homme pénétrant dans la cabine sur sa droite.

Un moment de panique submergea le jeune homme, mais très vite il se reprit. Il regarda par le trou percé entre les deux cabines et vit un sexe d'homme en pleine érection. L'homme devait se savoir épié et s'astiquait méthodiquement le manche. Quand le membre fut totalement déployé, il s'approcha du trou et Paul attendit, quasiment la bave aux lèvres, que le gland passe l'ouverture. Il ouvrit la bouche et prit délicatement, entre ses lèvres le morceau de virilité gonflé de sang. Tout aussi délicatement, il fit tourner sa langue autour du gland et agaça doucement le frein, faisant ainsi frissonner et gémir de plaisir le mâle de l'autre côté de la paroi. Paul savait sucer et il mit toute sa science à profit pour offrir à l'inconnu ce qui fut certainement sa meilleure fellation. Le fourreau chaud et humide formé par ses lèvres cédait parfois la place à une langue agile et douce. Son habileté fut telle que l'homme éjacula abondamment dans sa bouche en quelques minutes et Paul avala le précieux nectar dont il ne perdit pas une goutte.

L'inconnu comblé, retira sa verge du gloryhole et murmura un "merci" réellement chaleureux. Il venait de vivre une merveilleuse expérience. Paul ne répondit pas, il avait compris qu'on n'attendait pas de lui qu'il fût humain. Il était un trou, une salope comme quand Tony le livrait en pâture à tous ces mâles en rut. Il se releva et entendit un léger coup sur la cloison opposée. Une nouvelle bite attendait d'être purgée.

Tout à sa tâche, Paul laissa filer le temps, prenant juste soin pour chaque fellation de faire une marque sur la porte. Après la dernière bite, il compta neuf marques. Il jugea que c'était un bon score. Il allait partir quand une dernière bite se présenta. Tiraillé entre l'heure tardive et la conscience professionnelle, il choisit néanmoins de s'excuser et de dire qu'il devait partir. Ramassant ses affaires, il ouvrit la porte de la cabine et sortit. La porte de la cabine voisine s'ouvrit aussi et Paul tomba nez à nez avec son père …

CHAPITRE V

- Je pense que nous allons devoir parler, Paul, dit le père.
- Oui, papa, répond le jeune pris la main dans le sac ou la bite dans la bouche au choix. 

Le père attrapa son fils par le bras et le traîna à sa suite en direction de sa voiture. Il ouvrit les portières et fit entrer le jeune un peu brusquement à la place du passager. Après s'être installé au volant, le père se tourne vers l'adolescent et lui dit :

- Depuis quand viens-tu ici ?
- C'est la première fois …
- Ne me mens pas, Paul …
- Je te jure, papa.
- Écoute, moi je viens souvent et je connais quelques habitués. Tu vois, je suis franc. Et un, que j'ai croisé ce soir, m'a dit que c'était la meilleure pipe qu'il avait reçu de sa vie. Je doute qu'un débutant ait pu combler ce vieux pervers.
- Je n'ai pas dit que j'étais débutant, mais c'est la première fois que je viens ici …
- Et tu suces depuis longtemps ?
- Environ six mois.
- Tu te fais mettre aussi ?
- Euh, oui, papa …
- Eh bien, tu es le digne fils de ta mère.
- Comment ça ?
- Ta mère, comme toi, ou plutôt toi comme elle, est une salope. Si elle rentre tard le soir, c'est qu'elle s'arrête souvent chez Antoine, histoire de prendre un coup de bite ou deux.
- Pourquoi tu restes avec elle ?
- Qu'est-ce que tu crois ? Il vaut mieux être plusieurs sur un bon coup que tout seul sur un mauvais. Et puis j'aime ta mère et il ne me viendrait pas à l'idée de l'empêcher de prendre son pied. D'ailleurs, tu es le résultat d'une de ses escapades.
- Quoi ? Tu n'es pas mon père ?
- Ton géniteur, peut-être pas, mais ton père, si ! Tu es mon fils.
- Excuse-moi, je ne savais pas.
- On va en reparler ce soir. Je dois passer un coup de fil.

Le père attrapa son portable et composa un numéro. Quelques secondes s'écoulèrent avant que le correspondant décrochât :

- Allô, Antoine ?
- …
- C'est Jacques. Dis-moi, ma femme est chez toi ?
- …
- Bien, tu peux la garder ce soir ?
- …
- Super, je te remercie. Embrasses-là pour moi et amusez-vous bien.

Le père raccrocha puis se tourna vers Paul et lui dit :

- Nous rentrons à la maison. Nous allons discuter tous les deux.

Paul se recroquevilla sur son siège. Son univers venait une fois encore de basculer. Il ne savait pas comment appréhender la réaction de son père ce soir, de plus sa mère qui était souvent son soutien, serait absente.



Le trajet fut rapide. Ses frères furent étonnés de les voir arriver ensemble. Quand l'un d'entre eux s'étonna de l'absence maternelle, le père répondit qu'elle passerait la nuit chez Antoine et la question fut close.


Des pizzas furent commandées pour le repas et la petite troupe se mit à table en discutant joyeusement. Seul Paul ne comprenait pas l'ambiance bon enfant qui régnait. Ce fut Benoit qui lança la conversation.


- Dis, papa, si maman est restée chez Antoine ce soir c'est que tu veux nous parler non ?
- Oui, Benoit. Paul aussi va avoir des choses à vous dire. Mais bon je vais commencer. Je suis passé au "suçodrome" ce soir et j'ai croisé un vieux copain qui m'a dit qu'il y avait un expert en pipe. Malheureusement quand je suis arrivé, il m'a dit qu'il devait partir alors je n'ai pas pu profiter de ses services. Et en ressortant de ma cabine, je vous donne en mille sur qui je suis tombé nez à nez avec …

- Moi, dit Paul. C'était moi …
- Paul, tu aurais dû ménager un peu de suspens.
- Pourquoi ?
- Que tu sois homo, salope même, n'a à mes yeux aucune importance. En revanche, le savoir va maintenant me permettre de te protéger et de t'aider à le vivre correctement sans être obligé de céder à des maîtres-chanteurs, tu comprends cela ?
- Oui, papa. Je ne l'avais pas envisagé sous cet angle.
- Bien, au moins c'est clair. Nous avons deux salopes à la maison, reprit le père dans un éclat de rire général. Comprends-mois bien, Paul, je tiens à ce que tu sois heureux et que tu ne fasses que ce que tu as envie de faire. Si quelqu'un, de quelque manière que ce soit, tentait de te forcer, je veux que tu viennes me voir et que tu m'en parles.
- Oui, papa.
- Bien, les garçons vous débarrassez la table.

Jeune quarantenaire, Jacques pouvait être appelé un bel homme. D'une taille légèrement supérieure à la moyenne, il avait une corpulence en rapport et son corps était particulièrement bien dessiné. Ses cheveux courts et noirs n'avaient pas encore été marqués par le temps. Le visage ovale était bien proportionné. Ses yeux étaient verts et agrémentés de quelques ridules aux coins. La bouche franche et bien dessinée s'ouvrait quasiment en permanence sur un sourire aux dents blanches et bien alignées. Son corps peu poilu était en permanence légèrement halé (sans la marque du maillot) et il était pourvu d'une virilité confortable. 

Il avait compris assez jeune qu'il plaisait aux femmes. Il faut dire qu'il était un garçon plutôt doux et attentionné tout en étant viril. Il avait rencontré sa femme juste à la fin de ses études secondaires et en était tombé amoureux fou au premier regard. Quand elle lui eût expliqué qu'elle ne saurait jamais se réserver exclusivement pour lui, il eut un peu de mal à l'encaisser mais il comprit très vite que les sentiments de son épouse étaient sincères mais, bon, voilà, elle avait le feu au cul pour parler clair. Et lui seul ne saurait lui suffire. Ils se mirent d'accord sur un point, les enfants ne seraient que de lui. Et ainsi en fut-il pour les trois premiers : Gregory, Alexandre et Benoit. En revanche, Paul fut le produit accidentel d'un week-end de débauche avec deux autres couples. La nouvelle avait été gardée secrète jusqu'à ce jour et Jacques ne faisait aucune différence entre Paul et ses trois autres fils.

Bien sûr, il avait remarqué, tout comme son épouse, que Paul était plus doux que les trois autres et son éventuelle homosexualité avait été envisagée. Mais fataliste, Jacques avait décidé de faire face au problème quand il se présenterait. On y était. Il devait être présent pour ce fils délicat et coquin.

CHAPITRE VI

- Oh oui, c'est bon, vas y baises moi !
- Oui, je vais te baiser lopette. T'es juste une pute à remplir comme une chienne.

Paul, allongé sur le dos, regardait Tony le besogner. Il aimait être pris par ce jeune homme et lui offrir son corps pour qu'il prenne son pied. Il aimait aussi servir de pute pour lui et se sentir trou. Pour l'instant, il se faisait prendre et profitait pleinement de la vigueur de son amant. Par moment, il faisait jouer les muscles de son anus pour intensifier leur plaisir respectif. Tony râlait dans ses moments, l'accusant de trop l'exciter mais en réalité il adorait cette stimulation.

Soudain, Tony embrassa fougueusement Paul et libéra en lui sa jeune sève brûlante pour leur plus grand plaisir. Ils retombèrent ensuite sur le lit épuisés.

- Putain, c'est trop cool de baiser avec toi Paul.
- J'aime ça aussi. T'es un bon coup et en plus t'es un bon copain.
- Faut dire que tu as une chatte à convertir un hétéro.
- Ça, c'est un compliment, tu sais être romantique toi !

Les deux adolescents éclatèrent de rire. Tony se leva et se dirigea vers la salle de bain. Paul le suivi nonchalant. Une fois dans la douche, alors qu'ils se lavaient l'un l'autre, Tony dit :

- Au fait, il y a des gars de l'équipe de foot qui veulent faire un plan avec toi samedi après-midi, ça te tente ? Ils sont bien foutus mais franchement moi, je ne les sens pas.
- Samedi, c'est l'anniversaire de ma mère, je ne pourrai pas. Et puis j'ai confiance dans ton instinct si tu ne les sens pas, on ne fait pas.
- Ok ma poule. On se voit demain au bahut.

Après un vrai baiser tendre de deux amoureux, Paul termina de s'habiller et rentra chez lui. En arrivant à la maison, il embrassa sa mère qui lui demanda comment s'était déroulée sa journée. Il lui répondit que tout allait bien, la routine quoi. Elle lui demanda s'il avait vu Tony. Il répondit que oui, il venait de chez lui. Sa mère lui dit alors qu'elle aimerait bien le rencontrer. Il battit en retraite vers sa chambre en répondant qu'il allait y songer. Sa mère le regarda s'éloigner en souriant. Elle était heureuse pour son fils.

Paul arriva dans sa chambre et commença à se dévêtir pour enfiler une tenue d'intérieur plus légère. Il entendit un coup frappé à la porte et répondit d'entrer. Benoit pénétra dans la chambre lui demandant comment il allait.

- Très bien, je te remercie. Et toi ?
- J'ai eu vent que des mecs de l'équipe de foot voulaient se taper une lope samedi. C'est toi ?
- Ils ont demandé à Tony, mais samedi, c'est l'anniversaire de maman, donc pas dispo.
- Ok, cool. Fais gaffe à eux frangin, j'ai entendu des trucs sur leur compte pas très catholiques. Ils peuvent être violents à ce qu'il paraît.
- Tony non plus ne les sent pas, donc il ne se passera rien.
- Parfait. On descend manger ?
- Vas-y, j'arrive.

La soirée se déroula normalement, chacun racontant l'événement croustillant de sa journée et ensuite chacun regagna sa chambre.

Le lendemain, à son arrivée au lycée, Paul fut surpris de ne pas voir Tony. Il attendit le plus longtemps possible puis regagna sa classe. Le professeur n'étant pas encore arrivé, un brouhaha indescriptible y régnait. Les jeunes étaient regroupés par affinités et les discussions allaient bon train. Un camarade de classe s'approcha de Paul et s'étonna auprès de lui de l'absence de Tony. Paul ne lui cacha pas sa perplexité, voire son inquiétude. Tony l'avait toujours averti en cas d'absence. L'arrivée de l'enseignant mit fin à la discussion et le cours démarra. 

A chaque pause, Paul tenta d'appeler Tony et lui envoya plusieurs textos, sans résultat. Vers 11 heures, l'adolescent ne cachait plus son anxiété, d'autant plus qu'il avait contacté la mère de Tony qui lui avait confirmé qu'il était parti normalement au Lycée ce matin.

Paul entendit sonner son portable, lui annonçant l'arrivée d'un nouveau courriel. Il s'empressa de l'attraper et de le consulter. Il s'agissait d'une vidéo qui mit un temps infini à se télécharger, du moins suivant les critères de Paul. La vidéo montrait Tony nu attaché à un pilier et une voix intimait à Paul l'ordre de rappeler un numéro de portable. Paul mémorisa le numéro et le composa. Le correspondant répondit dès la première sonnerie.

- Allô, c'est Paul, vous m'avez demandé de vous appeler.
- Oui salope. Alors comme ça, tu as mieux à faire que venir nous voir samedi ?
- Oui, c'est l'anniversaire de ma mère.
- Espèce d'effronté, comment oses-tu nous dire non pour aller à l'anniversaire d'une pute ? Il faut être une pute pour mettre au monde un bâtard comme toi. 
- Qu'est-ce que vous voulez ?
- Puisque tu n'es pas dispo samedi, tu vas venir cet après-midi pour 15 heures. Je t'envoie l'adresse par courriel et pas de connerie sinon ton pote va morfler.

Le correspondant coupa la communication, laissant Paul effondré et en larme …

CHAPITRE VII

Tony avait la tête qui tournait, il avait tellement mal qu'il ne savait plus quelle partie de son corps le faisait souffrir. Les lumières défilaient devant ses yeux et l'éblouissaient. Il entendait des voix étouffées et des sons lointains. Il sentait que Paul était à ses côtés. Plus que sa voix, c'était sa chaleur et le contact de sa main dans la sienne qui lui indiquaient sa présence. Ce contact fut rompu brutalement, Tony poussa un cri qui se perdit dans le vide. Les lumières étaient à présent fixes et des visages passaient au-dessus de lui. Il sentait des mains qui le manipulaient mais aurait été incapable de dire ce qui lui arrivait. 

Paul était resté coincé de l'autre côté des portes battantes. Il restait debout figé à fixer l'inscription : "Réservé au personnel autorisé". Il aurait été incapable de dire combien de temps s'était écoulé quand son père arriva et le prit dans ses bras et lui dit :
- Viens t'asseoir mon grand, les médecins viendront nous voir.
- Il va aller bien, n'est-ce pas ?
- Oui, je pense que ça ira. Il faut que tu te reposes un peu. Il est entre de bonnes mains, tu as fait exactement ce qu'il fallait, je suis très fier de toi.

Paul posa sa tête contre l'épaule de son père et laissa doucement couler les larmes le long de ses joues. C’étaient moins des larmes de tristesse que d'épuisement. Tellement d'événements s'étaient produits depuis le matin. A présent, ses nerfs lâchaient. La présence rassurante de son père à ses côtés l'aidait aussi à se laisser aller. 

Ce moment de paix fut interrompu par l'arrivée d'une femme qui semblait affolée. Jacques, le père de Paul, se leva et se dirigea vers elle.

- Mme Pozzi ?
- Oui ? Qui êtes-vous ?
- Je suis Jacques Dolmen, le père de Paul. C'est nous qui avons accompagné Tony.
- Comment va-t-il ? Que s'est-il passé ?
- Calmez-vous madame, il est avec les médecins, nous en saurons plus dans un moment et c'est lui qui vous expliquera tout.
- C'est votre fils là ?
- Oui, c'est Paul.

La femme s'approcha du jeune homme qui se leva, intimidé par cette petite femme sèche laquelle Tony ressemblait tellement. Elle lui dit :

- Merci de t'être inquiété pour lui.
- C'est mon ami, madame.
- Tu es un vrai ami aussi. Sais-tu ce qui s'est passé ?

Paul se tourna vers son père qui lui fit un signe de dénégation de la tête et répondit :

- Il vous le dira lui-même.

La femme s'assit. Paul proposa d'aller chercher des cafés. Son père lui donna un peu d'argent et il s'éloigna. Il se demandait comment expliquer à cette mère que son fils et lui sont amants et que c'est à cause de cela qu'il a été enlevé et tabassé, parce qu'il a pris la défense de Paul. Il fallait que Tony se réveille.

En revenant de la machine à café, Paul rencontra deux policiers qui se dirigeaient vers les urgences. L'un des deux l'interpella et lui demanda s'il était Paul Dolmen. Il répondit par l'affirmative. Le policier lui demanda alors de les suivre. Paul dit qu'il était en train de rejoindre son père et continua sa route, les bras chargés de café. Les deux hommes le rejoignirent à l'entrée de la salle d'attente et l'obligèrent à s'arrêter en l'attrapant par le bras. Le jeune homme poussa un cri en se renversant le café chaud sur la main, ce qui alerta son père qui accourut. Il regarda les deux policiers et demanda :

- Que se passe-t-il ?
- Circulez, monsieur, Police nationale, cette affaire ne vous concerne pas.
- Au contraire, je crois qu'elle me concerne, ce jeune homme est mon fils et il est mineur. Donc je réitère ma question que se passe-t-il ?
- Votre fils doit être entendu dans le cadre de l'enquête concernant l'agression de Tony Pozzi. Il semble qu'il soit impliqué. Nous devons le conduire au commissariat pour qu'il soit interrogé par le lieutenant en charge de l'affaire.
- Qui a demandé cette interpellation ?
- Le commissaire Antoine Chréteur.
- Bien, nous allons voir ça.

Jacques sortit son portable et appela un numéro en mémoire dans son répertoire. Il porta le téléphone à son oreille. Le correspondant ne mit pas longtemps à répondre.

- Allô, Antoine ? C'est Jacques.
- …
- Oui, je vais bien. Je t'appelle parce que je suis à l'hôpital avec Paul. Nous avons accompagné le jeune Pozzi. 
- …
- Non, pas de nouvelle encore. Il y a ici deux policiers qui veulent interpeller Paul.
- …
- Oui, je te les passe. Messieurs, le Commissaire Chréteur au téléphone pour vous.

Celui qui semblait le plus gradé prit l'appareil.

- Adjudant Thibault, bonjour Monsieur le Commissaire.
- …
- C'est le lieutenant Dagget qui nous a ordonné de procéder à l'interpellation, monsieur.
- …
- Bien, Monsieur. A vos ordres.

L'homme tendit le téléphone à Jacques et dit :

- Il semble qu'il ait eu un malentendu. Je vous présente nos excuses. Pourrez-vous passer au commissariat central dès que possible ? Nous prendrons, alors, la déposition du jeune Paul.
- Aucun problème, messieurs. Merci d'être passés nous prévenir. 
- A votre service, bonne journée.

Pendant ce temps-là, au commissariat, le lieutenant Dagget décrochait son téléphone. Il eut la surprise d'entendre la voix de son commissaire lui intimer l'ordre de se présenter dans son bureau immédiatement. Étonné par une telle requête, il se hâta vers le bureau de son supérieur. A son arrivée, il trouva le commissaire en train de discuter avec le capitaine.

- Lieutenant, fermez la porte !
- Oui, monsieur le commissaire.
- Qui vous a demandé d'interpeller le jeune Dolmen ?
- Il est partie prenante dans cette affaire, monsieur. Il semble que ce soient ses agissements qui ont provoqué l'enlèvement du jeune Pozzi.
- Pouvez-vous m'expliquer votre théorie ?
- Vous n'ignorez pas que nous avons interpellé deux jeunes adultes, ils prétendent que Dolmen les a provoqués. Je voulais éclaircir ce point.
- Et dans quelle mesure, le fait qu'un des deux mis en cause soit le fils du maire, a-t-il de l'importance dans votre théorie, lieutenant ?
- Monsieur le commissaire, ces deux jeunes sont de familles honorablement connues, le jeune Dolmen quant à lui semble avoir des mœurs douteuses, il me semble que nous devons tirer ça au clair.
- Vous faites de la police respectueuse lieutenant ?
- Pardon ? 
- Oui lieutenant, respectueuse : obséquieuse avec les puissants et implacable avec les petits ?
- Mais, je pensais …
- Ne pensez pas lieutenant. Ici, nous faisons de la police suivant les règles de droit. Et au passage, je vous rappelle qu'être homosexuel ne constitue en rien un délit. Vous êtes dessaisi de ce dossier. Le capitaine Livian va analyser cette histoire et s'il y trouve quoique ce soit d'irrégulier, vous irez vous expliquer avec la commission de discipline. Suis-je clair ?
- Oui, monsieur le commissaire.
- Vous pouvez disposer.

Le lieutenant sortit, il avait l'air sonné comme un boxeur à la fin d'un match. Le commissaire se tourna vers le capitaine et dit :

- Je crois que ce dossier va soulever un paquet de merde.
- J'espère que le jeune Paul est solide, il va être malmené.
- Je ne m'inquiète pas pour Paul, sa famille est là. Je m'inquiète pour le jeune Tony. Pourra-t-il assumer sa relation avec Paul ?

CHAPITRE VIII

Mme Pozzi, la mère de Tony était assise dans la salle d'attente. Droite comme un I, elle essayait de ne pas flancher, ne pas montrer mon anxiété. Tony était tout ce qui lui restait. Elle l'avait élevé seule depuis la mort de son mari quinze ans plus tôt. L'abus de tabac et d'alcool avaient eu raison de lui en affaiblissant au plus mauvais moment une santé déjà précaire. 

Pour faire face, elle avait dû accepter deux emplois, la journée elle était caissière et le soir elle était femme de ménage dans des grands ensembles de bureaux. Autant dire, qu'elle n'était pas souvent présente et Tony s'était élevé tout seul ou presque, avec la télévision comme baby-sitter. 

Comme son père, il avait une bonne nature et il adorait sa mère, conscient des efforts et des sacrifices qu'elle devait consentir pour les faire vivre. Cependant les résultats scolaires n'avaient jamais été fabuleux, ils étaient en général juste passables sauf ces dernières semaines durant lesquelles elle avait senti une réelle amélioration. De plus, ce jeune Paul ne correspondait en rien aux gamins que son fils avait l'habitude de fréquenter, il était bien élevé et semblait exercer une bonne influence sur lui. Tout s'arrangeait ou presque et maintenant ça : cet appel au magasin, le directeur qui vient la chercher pour la prévenir que son fils est aux urgences et personne pour lui expliquer ce qui s'est passé. Le sort s'amusait avec elle soufflant le chaud et le froid sur sa vie. Elle en était là de ses réflexions quand une femme en blouse blanche traversa la double porte battante et appela :

- Mme Pozzi ?
- Oui, c'est moi, dit-elle en se levant.
- J'ai de bonnes nouvelles, madame, votre fils va bien. Nous allons l'installer dans une chambre et vous pourrez le voir. L'examen a révélé plusieurs ecchymoses mais pas de fractures. Nous allons le garder quarante-huit heures en observation, ensuite il pourra rentrer à la maison. 
- Merci, docteur, merci.
- De rien, Madame. Nous viendrons vous chercher quand il sera installé.

La médecin quitta la salle d'attente. La femme en larmes remerciait silencieusement le ciel. Elle se tourna vers Paul et lui ouvrit les bras. Ce dernier qui avait suivi la conversation la rejoignit et l'embrassa. L'angoisse de l'attente avait cédé la place à une sorte d'euphorie, vous savez comme quand la nouvelle qu'on vous annonce est tellement moins mauvaise que celle attendue, d'un seul coup elle en devient presque bonne. Un nouvel agent hospitalier demanda après la mère de Tony. Il la guida ensuite vers une chambre où Tony l'attendait. Il tourna la tête à son arrivée et découvrant sa mère, il sourit tristement. Elle fondit en larmes en prenant son fils dans ses bras. Tony découvrit alors Paul dans l'embrasure de la porte. Son visage s'illumina. Il embrassa sa mère et doucement la repoussa pour pouvoir respirer et faire venir à lui Paul.

La mère, incrédule, regarda les deux jeunes gens s'embrasser. Paul devait pleurer autant qu'elle. Que l'amitié fût forte entre ces deux-là, elle n'en doutait pas mais il ne s'agissait plus d'amitié et la vérité lui explosa alors au visage. Les jambes lui manquèrent et elle ne dut qu'à la promptitude de la réaction de Jacques de ne point choir brutalement au sol.

Les amoureux tout à leurs retrouvailles n'avaient rien remarqué. Jacques décida d'attirer leur attention, après tout, ils avaient toute la vie pour se regarder dans les yeux.

- Humm, les jeunes, je crois que vous avez des explications à fournir à Mme Pozzi.
- Appelez-moi, Maria.
- Maman, dit Tony, je te présente Paul, nous nous connaissons depuis quelques mois et je l'aime.

La mère était partagée entre le bonheur de voir son fils en vie et la tristesse de cette nouvelle, un nouveau coup du sort, en vérité. Elle se demandait ce qu'elle avait fait de mal dans l'éducation de son fils pour qu'il devînt ainsi, ses absences sans doute. Et puis qu'allaient penser les voisins ? Bien sûr, elle connaissait des histoires sur les homosexuels, mais c'étaient des gens riches, d'un autre monde. Toute une panoplie de "SI" se mit à virevolter dans son esprit. Si son père n'était pas mort, si elle avait été plus présente, si elle avait été plus ferme … La torture qu'elle commençait à s'infliger se lisait sur son visage. Le père de Paul y mit un terme.

- Vous n'avez rien fait de mal, Maria.
- Comment ça ?
- Vous n'avez rien fait de mal. Votre fils est un bon garçon, vous l'avez bien élevé. Il mérite d'être heureux et vous aussi. Vous avez failli le perdre à cause des actions des autres, envisagez-vous de le perdre à cause du regard des autres ?
- Non, c'est mon fils, je me moque du regard des autres.
- Bien, si vous en êtes convaincue, c'est parfait.
- Maman, je sais tout ce que tu as fait pour moi et tout ce que tu as sacrifié pour notre bien-être. Je te demande juste de m'accepter tel que je suis et d'accepter Paul.
- Je ne comprends pas ce qui vous unit mais tu es mon fils et cela seul suffit à mes yeux. 
- Venez Maria, allons prendre un verre et laissons-les se retrouver, les explications viendront plus tard.

CHAPITRE IX

Maria et Jacques venaient de quitter la chambre. Paul et Tony se regardaient en se tenant la main. C'est Tony qui brisa le silence et demanda :

- Explique-moi ce qui s'est passé, Paul.
- De quoi te souviens-tu ?
- Je suis arrivé au lycée un peu en avance …
- Toi, en avance au lycée, tu étais malade ?
- Ca va, ça va. Bref, Renald et Olivier m'ont suivi de près. Quand ils m'ont vu, ils m'ont demandé pour samedi. Et je leur ai dit que ce ne serait pas possible, que tu avais déjà d'autres engagements. Olivier a dit qu'il comprenait. Honnêtement, je l'ai cru. Je n'avais pas fait attention que Renald était passé derrière moi et il m'a coincé les bras, pendant que l'autre me filait des coups de poings dans le ventre. Il me disait que mes explications, ils n’en avaient rien à foutre et que si je n'étais pas capable de faire obéir une salope, ils allaient me montrer comment faire. Ensuite, ils m'ont donné un coup au visage et je ne me souviens de rien de plus.
- Ils m'ont envoyé une vidéo de toi vers 11 heures. Tu semblais inconscient. Tu avais du sang sur le visage. Une voix m'a ordonné d'appeler un numéro de téléphone, ce que j'ai fait. Là, ils m'ont expliqué que puisque je n'étais pas disponible samedi, je devais venir l'après-midi même à une adresse qu'ils m'enverraient par courriel sinon tu en subirais les conséquences.
- Qu'est-ce que tu as fait ?
- Sur le coup rien, j'étais tétanisé. Je ne savais plus quoi faire. Benoit est arrivé et m'a demandé ce qui se passait, il me voyait pleurer. Alors je lui ai tout dit. 
- Vous ne les avez pas maîtrisés à deux ?
- Non, Benoit est un garçon très pratique. Il m'a embarqué à la maison et il a appelé notre père. Ensuite, je me suis contenté de leur obéir.
- Explique-moi ça ! 
- Antoine Chréteur, le meilleur ami de mes parents est commissaire de police. Mon père l'a appelé et il est venu tout de suite. Il était accompagné de deux lieutenants de police. Ils m'ont demandé de leur expliquer ce qui s'est passé. J'ai été obligé de leur dire pour nous deux et pour nos jeux. 
- Je m'en doutais, tu as bien fait. Ils n'ont rien dit ?
- Un lieutenant a eu l'air surpris, mais ils n'ont rien dit, non.
- Et ensuite ?
- Nous avons attendu le courriel avec l'adresse. Antoine m'a expliqué ce qui allait se passer. Il a sorti un micro comme dans les films et me l'a installé sur la poitrine. Il m'a dit que je devrai y aller seul, que je serai en permanence sur écoute et qu'ils interviendraient en cas de besoin. Je dois t'avouer que je n'étais pas très fier. Antoine m'a dit que c'était normal, seuls les inconscients n'ont pas peur. En même temps, je ne pouvais m'empêcher de penser à toi.
- Tu es trop mignon, allez la suite s'il te plaît.
- Voilà, voilà ! Quand le courriel est arrivé, je n'ai eu qu'un gros quart d'heure pour aller dans cette espèce de hangar où tu étais détenu. 
- C'était où ? 
- Un hangar derrière les ateliers municipaux. J'y suis allé et je suis entré en suivant les indications du courriel. Ils étaient là tous les deux, manifestement, ils avaient bu en m'attendant. Le plus grand, je ne connais pas leur nom, …
- Le plus grand c'est Olivier, l'intello du groupe, l'autre plus petit c'est Renald.
- Olivier donc m'a dit que j'avais bien fait d'obéir, parce que sinon ils t'auraient tabassé encore plus. Tu étais allongé à terre inconscient. Je dois avouer que je n'en menais pas large. Comme Antoine me l'a dit, je leur ai demandé ce qu'ils voulaient pour qu'ils le répètent et que ce soit enregistré. Quand je leur ai dit que j'allais porter plainte, ça les a fait rire. Ils m'ont répondu que les fiottes comme moi n'avaient pas de couilles, que j'avais la trouille que mes parents apprennent que j'étais une salope et une pédale. Enfin bref, ils m'ont débité des horreurs. Et il y en a un qui a ouvert son pantalon et qui m'a dit d'arrêter de dire des conneries et de me rendre utile en lui taillant une bonne pipe.
- Putain les bourrins. Ils se prennent pour qui ?
- Ca, je ne sais pas, ce dont je me souviens, c'est de sa tête quand il a entendu la voix du lieutenant qui sortait de l'ombre dire "Ca na va pas être possible tout de suite car vous êtes en état d'arrestation pour voie de fait, enlèvement, séquestration, chantage et tentative de viol. Beau palmarès pour des jeunes de votre âge."
- Putain, ils ont dû flipper grave. 
- Tu sais quoi ? Je n'en avais rien à faire parce que je m'étais précipité vers toi pour voir comment tu allais.
- Et il se passe quoi maintenant ?
- Maintenant, m'a dit le commissaire, ça va être dur parce que ces deux connards vont tout faire pour se dédouaner et essayer de nous faire endosser une part de responsabilité.
- Comment ça ?
- Je ne sais pas mais il va falloir être fort et se soutenir l'un l'autre. Et je crois qu'il va falloir aider ta mère parce qu'elle va entendre des choses terribles et devoir affronter le regard des autres. Tu t'en sens capable ?
- Si tu es avec moi, oui.

 

 

CHAPITRE X

Olivier attendait, seul, assis sur une chaise inconfortable, dans une pièce aveugle à l'éclairage blanc blafard. En face de lui, un grand miroir dont il se doutait qu'il était sans tain. Il était à la fois anxieux et furieux. Anxieux, car il ne savait pas ce qui allait se passer et furieux de s'être laissé berner par cette petite fiotte. En tout cas, celui-là ne perdait rien pour attendre. 

Il attendait de pied ferme le flic qui allait entrer, il n'était pas n'importe qui et comptait bien le faire savoir. Dans la pièce adjacente, derrière le miroir, deux lieutenants discutaient :

- Putain, c'est quoi ce bordel. C'est le fils du maire qui est là.
- Et alors, qu'est-ce que ça change au fait qu'il a agressé et séquestré un jeune et tenté d'en violer un autre ?
- Attends c'était deux pédales …
- Pardon, t'as un problème toi ! Être homosexuel n'est pas un délit et en l'occurrence ce serait plutôt une circonstance aggravante. 
- En tout cas, on va être emmerdé par son père et son bataillon d'avocats.
- Je ne vois pas comment, on est quasiment sur un flagrant délit. Ça m'étonnerait que le jeune Pozzi ne porte pas plainte avec la raclée qu'il a ramassée et en plus nous avons les enregistrements sur place. Je crois plutôt que le procureur va nous bénir.
- Je t'avoue que je n'en sais rien. Cette affaire me gêne.
- Et bien moi, je dois t'avouer que foutre en cabane un connard dans ce genre ne me gêne pas du tout, bien au contraire. Viens, on va aller le cuisiner un peu avant l'arrivée de son avocat.

Les deux hommes se dirigèrent vers la salle d'interrogatoire dans laquelle ils pénétrèrent en silence. A leur arrivée, le mis en cause commença à vociférer :

- C'est quoi ce bordel, ça fait deux plombes que je vous attends.

Les deux hommes ne dirent rien et s'assirent tranquillement face à Olivier. Le plus âgé des deux, le regarda un moment s'agiter et brusquement frappa du plat de la main sur la table. La soudaineté du geste, comme la force du bruit obtenu saisirent le jeune homme qui se tut.

- Bien, nous allons pouvoir discuter à présent. Bonjour, nous sommes les lieutenants Dagget et Francin. Je vais vous demander de décliner votre identité.

Le ton était ferme et courtois et d'emblée, il en imposa au jeune homme.

- Je m'appelle Olivier Dubois et je suis le fils du maire. Où est mon avocat ?
- Il a été prévenu et il est en route. Vous êtes entendu dans le cadre de l'affaire Pozzi pour laquelle il vous est reproché des faits de coups et blessures en réunion, enlèvement, séquestration, chantage et tentative de viol. Nous aimerions éclaircir quelques points. Nous vous avons interpellé dans un hangar alors que vous vous apprêtiez à violer Paul Dolmen …
- Il n'y a plus rien à violer chez cette salope. Tout le monde lui passe dessus alors pourquoi pas moi ?
- Connaissez-vous le principe du consentement libre et éclairé ?
- C'est quoi ces conneries ?
- Cette connerie comme vous dites, permet de différencier une relation sexuelle d'un viol.
- Arrêtez votre char, Paul est venu tout seul, on ne l'a pas amené de force. 
- Il me semble plutôt qu'il ait répondu à une convocation. Vous lui avez envoyé un courriel. 
- Oui et alors ?
- Alors, pouvez-vous expliquer comment il se fait que Tony Pozzi a été retrouvé inconscient et ligoté sur le lieu de votre arrestation.
- Je demande à voir mon avocat.
- Je m'en doutais un peu. Monsieur Dubois, il est 16 heures 30 et je vous signifie le début de votre garde à vue.

Les deux inspecteurs se levèrent avec un bel ensemble et quittèrent la pièce. Un gardien de la paix arriva et emmena Olivier en cellule. Les deux lieutenants regagnaient leur bureau quand le téléphone sonna. Dagget répondit, c'était la voix du commissaire qui lui intimait l'ordre de se présenter dans son bureau. Surpris, il prévint son collègue et se hâta dans les couloirs. Francin commença quant à lui à mettre de l'ordre dans les éléments de ce dossier. Il réécouta l'enregistrement réalisé sur les lieux, puis il s'en fit deux copies de travail et enferma l'original dans un sachet de pièce à conviction qu'il enregistra et qu'il porta, en personne, au local des scellés. Il avait hâte d'aller à l'hôpital recueillir le témoignage et la plainte du jeune Pozzi. Cette affaire contrairement à ce qui disait Dagget était facile : ces deux imbéciles s'étaient fait prendre le pantalon sur les chevilles. À son retour, il trouva Dagget effondré sur son bureau. Étonné, il lui demanda :

- Qu'est-ce qui t'arrive, quelqu'un est mort ?
- Oui, moi.
- Comment ça ?
- J'ai demandé à deux gardiens de la paix d'appréhender Paul Dolmen…
- A quel titre ?
- Je voulais comprendre son rôle dans cette affaire. 
- Attends, il est une victime ! C'est lui qui nous a alertés.
- Tu as vu qui sont les prévenus ? 
- Oui et alors ? Je ne comprends pas ton problème avec ça.
- Il faut que je t'explique le lien entre ma famille et le maire …

CHAPITRE XI

Robert Dubois venait d'entrer dans son bureau quand le téléphone sonna : 
- Allô, oui ?

- Monsieur le maire, j'ai un journaliste du "Chroniqueur" en ligne pour vous.
- Passez le moi.

Robert se demandait pourquoi un journaliste du canard local, spécialisé surtout dans les potins, demandait à lui parler.

- Robert Dubois à l'appareil, que puis-je pour vous ?
- Bonjour, Jean Quaite, journaliste au "Chroniqueur". Monsieur le maire, nous venons d'apprendre que votre fils a été interpellé dans le cadre d'une affaire de mœurs, il aurait tenté de violer un jeune homme, avez-vous un commentaire à faire ?

Robert avait le souffle coupé. Qu'est-ce que c'était que cette histoire encore. Et surtout, comment se faisait-il que la presse fût au courant avant lui. Il ne prit même pas la peine de répondre et raccrocha au nez de son interlocuteur. Après avoir pris deux minutes pour se calmer, il reprit le combiné et appela le commissaire.

- Bonjour, c'est le maire, passez-moi le commissaire.
- Je vous demande de patienter, monsieur le maire.
- Oui, j'attends.
- Commissaire Chréteur, bonjour, monsieur le maire.
- C'est quoi ce bordel commissaire, vous avez appréhendé mon fils ?
- C'est exact, un quasi flagrant délit …
- Ok et qu'est-ce qu'on lui reproche ?
- Je vous la fais courte : violence en réunion, enlèvement, séquestration, chantage et tentative de viol. Les dépôts de plainte sont en cours.
- Pourquoi n'ai-je pas été averti ?
- A quel titre ? Je ne rends pas de compte au maire. Et je n'ai pas l'habitude d'avertir les parents des mis en cause. Votre fils a eu la possibilité de passer un appel téléphonique, il l'a utilisée.
- Bien, j'appelle mon avocat.
- Je vous laisse vous occuper de ça. Bonne journée, Monsieur le maire.

Robert manqua d'exploser le téléphone en raccrochant. Ce commissaire était décidément un emmerdeur fini. Depuis sa promotion, il y a quelques années, il avait les coudées nettement moins franches. Son prédécesseur était un ivrogne et Robert faisait la pluie et le beau temps. Enfin, il avait encore quelques fidèles au commissariat. Mais pour l'heure, il appela son avocat et lui dit qu'il arrivait.

Le trajet jusqu'au cabinet durant à peine dix minutes durant lesquelles, Robert appela un lieutenant de police pour obtenir des informations. La discussion était à sens unique, Robert posa les questions et exigea des réponses pour la fin de la journée. L'autre ne protesta pas. Robert saurait à l'occasion lui rappeler ce que lui devait son père.

La secrétaire de l'avocat le conduisit directement dans le bureau, grillant ainsi la priorité aux personnes dans la salle d'attente.

- Bonjour, Gérard, je suppose que tu es déjà au courant.
- Bonjour Robert. Oui, je suis au courant ton fils m'a fait appeler. Geneviève, décommandez mes rendez-vous de cet après-midi, il y a une urgence. 
- Bon qu'est-ce qu'on peut faire ?
- Vu les circonstances, c'est mal engagé, à moins que tu n'aies un as dans ta manche, la police a chopé ton crétin de fils le pantalon sur les chevilles. On peut à la rigueur essayer de faire oublier l'enlèvement si la victime ne porte pas plainte mais tu vas devoir mettre la main au portefeuille. On peut aussi charger son complice en disant qu'Olivier s'est laissé entraîner mais l'autre va sûrement se défendre. On va voir aussi ce qu'on peut faire pour mouiller le jeune qui a tuyauté la police, mais là aussi ça ne va pas être simple.
- Je te paye pour ça Gérard. Débrouille-toi. Mon fils ne va pas rester en taule.
- Écoutes, ton fils, je lui ai déjà sauvé son cul plusieurs fois. Il pense avec sa bite cet imbécile. Là, il est allé trop loin. Alors laisses-moi faire, je vais essayer de sauver les meubles mais je ne pense pas que l'on puisse éviter un peu de prison préventive au moins. Il doit être présenté au juge dans deux heures, j'y serai.
- Je viens aussi.
- Sûrement pas. Tu retournes bosser, tu fais profil bas et si la presse t'interroge, pas de commentaire et tu as confiance dans la justice de ton pays ok ?
- Ok. Y a-t-il autre chose que je peux faire ?
- Oui évites tes entourloupes habituelles, je sais qu'entre toi et Chréteur, ce n'est pas le grand amour alors ne fais rien qui pourrait entraver mon boulot. Je te laisse, on se revoit après l'entrevue avec le juge.
- Ok, préviens-moi quand tu rentres.

Robert resta assis un moment à ruminer les propos de son avocat. Ne rien faire, il en avait de bonne lui, on voyait bien que ce n'était pas son fils qui était en prison. Il allait faire ce qu'il fallait. Il attendait déjà les informations qu'il avait demandées à ce jeune lieutenant. Ensuite, il essaierait de négocier avec les bonnes personnes pour retourner la situation en sa faveur. Il regarda sa montre et décida de rentrer chez lui. Il avait besoin d'un bon remontant et peut-être de tirer un coup pour se détendre.

CHAPITRE XII

L'avocat arriva au commissariat. Il n'eut pas besoin de se présenter, il était connu. Il fut immédiatement conduit en salle d'entretien et on lui amena son jeune client. Ce dernier, à la vue de l'avocat pensa que ses ennuis étaient derrière lui et commença à faire preuve de morgue vis-à-vis des agents de police. Dès qu'ils furent seuls, l'avocat fit asseoir le jeune et lui dit :

- Olivier, tu vas me faire le plaisir de fermer ta grande gueule et de m'écouter. A partir de maintenant, tu vas faire profil bas. Je vais essayer de sauver ton cul mais ce n'est pas gagné d'avance et si tu continues à jouer au con, c'est perdu d'office. Est-ce que je suis clair ?
- Comment ça ? Je ne vais quand même pas m'excuser devant une tapette ?
- Tu sais quoi, une fois que tu seras en prison, tu vas être catalogué comme violeur. Or dans la hiérarchie des prisonniers, les violeurs sont au bas de l'échelle et régulièrement tabassés par les autres détenus. De plus, avec ta petite gueule d'ange, je ne te donne pas deux jours avant de servir de vide-couille à un ou plusieurs caïds. On verra après ça qui est une tapette, imbécile.

Le jeune regarda l'avocat, éberlué. Jamais, on ne lui avait parlé sur ce ton. L'avocat enchaîna :

- Ce n'est pas la première fois que j'essaye de te tirer du mauvais pas où tu t'es fourré, mais je dois avouer que cette fois-ci, tu as fait fort. Je résume : violence, enlèvement, séquestration et tentative de viol. Il ne manquait plus que le meurtre pour être complet. Qu'est-ce que tu crois, imbécile, que je fais des miracles ? Le procureur va se régaler en lisant ton dossier, surtout que tes frasques passées même si elles n'ont pas donné lieu à poursuites, ne sont pas inconnues de la justice, tu jouis déjà d’une belle réputation. 
- Qu'est-ce que je dois faire ?
- Je préfère ce ton-là. Bien je vais t'expliquer notre stratégie …

--o-0-o--

Les lieutenants Dagget et Francin étaient en pleine discussion quand Paul arriva avec son père au commissariat. Cette diversion permit à Dagget de se retirer d'une conversation dans laquelle il n'avait pas le beau rôle, son collègue et aîné lui expliquant le sens profond du mot déontologie.

Francin fit asseoir Paul et son père et commença l'audition. Le jeune étant mineur la présence du représentant légal était indispensable. Paul répéta à nouveau son histoire, n'omettant aucun détail. Le lieutenant lui expliqua qu'il serait certainement convoqué chez le juge pour être confronté aux deux mis en cause et qu'il en serait de même pour Tony. Jacques demanda s'il était utile de contacter un avocat. Francin répondit que c'était toujours utile, surtout s'ils décidaient de se constituer partie civile pour le procès. Enfin, il leur dit que l'avocat d'Olivier Dubois essaierait sans doute de minimiser les actes de son client voire en reporterait la responsabilité sur les deux victimes, créant et remuant au besoin toute la boue nécessaire.

--o-0-o--

Pendant ce temps, Dagget quitta le poste de police et se rendit chez son père. Dès son arrivée, ce dernier comprit que quelque chose n'allait pas. Il entreprit donc de faire parler son fils.

Le lieutenant lui raconta alors le coup de fil qu'il avait reçu du maire et les problèmes qu'il avait avec sa hiérarchie. Son père lui demanda alors :

- Dois-tu quelque chose au maire ?
- Tu le sais bien, tu lui dois d'avoir évité la prison, il y a dix ans.
- Ce n'est pas ma question. Lui dois-tu quelque chose, toi, en personne ?
- Non rien du tout.
- Alors fais ton boulot et ne t'occupe pas du reste.
- Mais papa, tu sais qu'il peut te faire du tort.
- Oui, mais c'est mon problème, pas le tien. Tu n'es en rien lié à mes erreurs passées. Et si je dois affronter mes erreurs, je sais que tu seras là pour me soutenir mais tu dois vivre ta vie. D'ailleurs, j'estime que cette dette a largement été remboursée.
- Que dois-je faire alors ?
- Ce que tu estimes juste mon fils. Sans te préoccuper des conséquences et sans hypothéquer ton avenir, sinon demain c'est toi qui seras à la merci du fils Dubois.

Cette vision du fils Dubois en train de lui donner des ordres fit frissonner Dagget. Le père n'était déjà pas drôle, mais le fils était carrément un pervers qui prenait du plaisir à faire souffrir les gens autour de lui. Le père Dagget sortit du réfrigérateur une bouteille de vin blanc et amena deux verres sur la table. En silence, il remplit les deux verres et en tendit un à son fils. Les deux hommes se regardèrent et le père dit enfin :

- Fais ce que je n'ai pas su faire : avoir une vie honnête. Et débarrasse-toi de ces dettes d'honneur débiles. A ta santé mon fils …

--o-0-o--

Maria Pozzi quittait l'hôpital et se dirigeait vers l'arrêt de bus pour regagner son domicile. Exceptionnellement ce soir, elle n'irait pas travailler. Dommage qu'il eût fallu l'hospitalisation de son fils pour cela. Après le départ de Paul et de son père, elle était restée auprès du jeune homme et elle l'avait écouté lui expliquer de sa rencontre avec Paul, des sentiments qui naissent, de l'amour qui grandit. Si son éducation catholique traditionnelle ne l'avait en rien préparée à ce qu'elle venait d'entendre. En revanche, la longue discussion qu'elle avait eue avec Jacques, le père de Paul, lui avait montré à quel point, son fils et son bonheur était infiniment plus important que tout le reste. Elle repensait à l'agression dont son fils avait été victime et paradoxalement elle était fière que son fils se fût montré courageux au point de risquer sa vie pour défendre son camarade. Le reste n'était que des histoires d'alcôve et peu importe qui couchait avec qui. A sa descente du bus, elle se résolut à aller faire une petite prière pour remercier Dieu d'avoir sauvé son fils. Contrairement à son habitude, elle ne s'agenouilla pas au fond de l'église mais près du chœur, en pleine lumière. Elle récita une prière de remerciement muette et resta quelques minutes à méditer. A ses cotés un prêtre s'agenouilla et lui proposa son assistance. Elle déclina l'offre et le remercia. L'homme lui dit alors :

- Pensez-vous qu'il soit séant de remercier Dieu d'avoir sauvé votre sodomite de fils ?

La femme se tourna vers lui comme frappée par la foudre. L'homme lui adressait un regard réprobateur et continua :

- Vos actions vont mener le fils de notre maire en prison, vous devriez vous repentir de la manière dont vous l'avez élevé.

Le sang de Maria ne fit qu'un tour, elle regarda l'homme dans les yeux et lui dit :

- Honte à vous, vous demandez à la mère de renier le fils pour sauver un criminel.
- Non, je demande à la croyante de rejeter le démon.
- C'est vous le démon, et c'est vous que je rejette, pauvre type.

Maria se leva et très droite se dirigea vers la sortie. Sur son chemin, une dame d'un certain âge lui attrapa le bras et lui dit :

- C'est vous qui êtes dans le vrai, Madame. Dieu vous bénisse.

Forte de cet encouragement, Maria rentra chez elle, consciente que la bataille allait être rude.

 

CHAPITRE XIII

Madame le juge parcourait les différents feuillets posés devant elle. Cette affaire allait demander du doigté, ne serait-ce qu'à cause de la personnalité des mis en causes et des victimes. Elle connaissait le maire de réputation, un homme dur et inflexible, prêt à tout pour sauvegarder ses intérêts et à l'honnêteté à géométrie variable. Les deux jeunes victimes étaient des inconnus mais les deux mis en cause étaient des loulous avec une réputation peu recommandable bien que n'ayant jamais été inquiétés.

Le procureur avait sollicité la mise en détention préventive des deux mis en cause mais il lui appartenait de prendre cette décision avec le juge des libertés. Bien, l'heure avançait et il convenait de commencer les auditions. Elle demanda de faire entrer le jeune Renald Lechat. Le jeune homme entra accompagné d'un jeune avocat, manifestement commis d'office. La juge salua les deux hommes et les invita à s'asseoir. Elle demanda qu'on retire les menottes au jeune homme et entra dans le vif du sujet.

- Veuillez décliner votre identité s'il vous plaît.
- Renald Lechat, né le 23 juin 1995.

La voix légèrement voilée contrastait avec la carrure du jeune homme. Bâti comme une force de la nature, le jeune Renald comprenait que la situation était grave. Ce qu'il ne comprenait pas c'est pourquoi il était là, il avait juste fait confiance à Olivier comme toujours. D'habitude tout s'arrangeait avec lui.

- Vous êtes mis en cause dans le cadre d'une affaire de violence en réunion, d'enlèvement, séquestration, chantage et tentative de viol. Pouvez-vous m'expliquer votre rôle dans cette affaire ?
- Ben, j'ai fait ce que m'a demandé Olivier.
- Et que vous a-t-il demandé exactement ?

Le jeune homme se tourna vers son avocat qui lui fit signe de répondre.

- Olivier avait décidé de baiser Paul. Il en avait entendu parler et il avait demandé à Tony de le lui amener. Quand Tony lui a dit que ce n'était pas possible, Olivier n'était pas content, je l'ai bien vu. Il m'a fait signe de bloquer Tony pour lui donner une leçon.
- Vous faites toujours ce que demande Olivier ?

- Ben oui, on se connaît depuis longtemps et comme mon père obéit au sien, moi je lui obéis.
- Je voudrais faire passer un examen psychiatrique à mon client, intervint l'avocat.

- Cela me semble indiqué, effectivement.
- Pourquoi, je ne suis pas fou ?
- Personne n'a rien dit de tel, reprit la juge. Avez-vous porté des coups à l'encontre de Tony ?
- Non, je l'aime bien Tony, Mais Olivier n'est jamais content quand il n'a pas ce qu'il veut.
- Si vous aimez bien Tony, pourquoi ne l'avez-vous pas défendu ?

- Ben, c'est Olivier qui décide …
- Dans cette affaire, mon client est aussi une victime, madame le juge …
- N'inversons pas les rôles, Maître. Donc vous reconnaissez les faits ?
- Oui, c'est vrai, on a fait du mal à Tony, mais c'est à cause de Paul, s'il était venu rien ne serait arrivé …
- Intéressante théorie, je vous recommande d'en discuter avec votre avocat. Je vous signifie donc votre mise en examen pour les motifs suivants : violence en réunion, enlèvement, séquestration, chantage et tentative de viol. Je vous place en détention provisoire. Maître, vous aurez demain une ordonnance pour un examen psychiatrique.

L'avocat semblait satisfait pour l'instant. Il se doutait bien qu'il ne pourrait pas éviter la prison à son client, il demanda en revanche que les deux jeunes soient séparés, ce qui lui fut accordé. Renald fut remis entre les mains de la police et les deux hommes quittèrent les lieux.  

Ils furent remplacés par Olivier et son avocat. Ce dernier manifesta quelques signes d'impatience dus à l'attente prolongée. La juge recadra l'entretien fermement en rappelant que son client était à la disposition de la justice et non l'inverse et que son patronyme n'y changeait rien. La juge demanda alors au jeune homme de décliner son identité, ce qu'il fit sans aucune fioriture. Comme son complice, il était juste majeur et serait à ce titre, jugé comme un adulte. La juge demanda alors à Olivier de lui livrer sa version des faits. Ce dernier commença alors à expliquer qu'il ne pouvait rien refuser à Renald qui était certes plus petit mais plus costaud que lui. D'ailleurs Renald pouvait se montrer violent quand il n'obtenait pas ce qu'il demandait. La juge l'interrompit :

- Mais pourquoi ne pas avoir dénoncé les agissements de cet individu alors ?
- Il me fait peur. Il m'a dit qu'il me tuerait si je ne lui obéissais pas.
- C'est donc lui qui a monté toute cette affaire si je comprends bien ?
- Oui, madame.
- C'est curieux, parce que Tony dit que c'est vous qui l'avez frappé et il insiste bien là-dessus.
- Il ment, je n'ai rien fait.

- Paul Dolmen prétend que l'un de vous deux lui a demandé de se rendre utile et de lui faire une fellation, qui était-ce ?
- C'est Renald, madame.
- C'est curieux parce que sur la bande enregistrée par la police, il semble bien que ce soit votre voix.
- Je demande une expertise de cet enregistrement, Madame le juge, intervint l'avocat.
- Il y en aura une, n'en doutez pas maître. Jeune homme, je vous conseille de me dire la vérité, car je finirai par l'apprendre. Je vais vous laisser la nuit pour y méditer. Je vous signifie donc votre mise en examen pour les motifs suivants : violence en réunion, enlèvement, séquestration, chantage et tentative de viol. Je vous place en détention provisoire.
- Madame le juge, mon client est honorablement connu, un simple contrôle judiciaire pouvait suffire.

- Oui Maître, il est connu comme vous dites. A demain.

Olivier et son avocat sortirent et Olivier fut emmené par les policiers. L'avocat saisit son portable et appela Robert Dubois pour le tenir au courant. Pendant ce temps, le téléphone sonna dans le bureau du juge :

- Allô, bureau du juge Mandivain.
- …
- Bonsoir Commissaire, que puis-je pour vous à cette heure tardive ?
- …
- Vous êtes certain de ce que vous avancez ?
- …
- Je vous laisse la main, mais je veux être tenue au courant à chaque nouvelle étape.
- …
- Merci, commissaire, bonne soirée.

Décidément cette affaire n'allait pas être simple, pensa la juge en raccrochant.

CHAPITRE XIV

A la sortie du tribunal, Olivier pensait voir Renald, il n'en fut rien, tout au plus, l'aperçut-il à l'arrivée à la prison. L'arrivée fut d'ailleurs assez mouvementée, on lui ordonna d'enlever ses vêtements, et on lui fournit un uniforme orange et des sandales, dans l'attente de recevoir des effets personnels de sa famille. Cette séance fut plutôt humiliante. Il se retrouva, à poil, face à deux hommes et eut droit à une fouille des cavités corporelles. Il n’y eut aucun effort pour lui rendre la séance moins pénible, les gestes du surveillant furent plutôt brusques avec une volonté non dissimulée de l'humilier et de lui faire mal. Le second surveillant lui fit même remarquer qu'il ferait mieux de s'habituer. 

Il fut ensuite conduit au travers d'une série de sas et de couloir vers un réfectoire où un rapide repas froid lui fut servi. C'est là que de loin, il vit Renald mais sans aucune possibilité de l'approcher. Il ramassa les reliefs de son frugal et peu appétissant repas, les jeta à la poubelle et fut conduit en cellule.

Il y fut accueilli par un "Salut" venu de la couchette du haut. Dès que la porte fut refermée, un homme d'une trentaine d'année sauta au sol. Il tendit la main à Olivier et se présenta :

- Salut, je m'appelle Seb. Bienvenue dans cette taule, si j'ose dire. Comment tu t'appelles ?
- Olivier. Pourquoi tu es là ?
- Biiîp, mauvaise question. Je ne te conseille pas de la poser ici. Il n'y a que des innocents dans ces murs.
- Je comprends.
- C'est ta première fois ici ?
- Oui. J'ai un peu les boules. 
- Pour tenir ici mon pote, il faut avoir des couilles au cul mais fais gaffe que ce soient les tiennes.
- Euh, je ne suis pas pédé moi !
- Je ne vois pas bien le rapport.

Les hauts parleurs annoncèrent alors "Extinction des feux dans 10 minutes".

- Installe-toi fissa, sinon tu devras le faire dans le noir.

Olivier se dépêcha de mettre en place les draps et la couverture qu'on lui avait donnés et s'assit sur le lit. Il venait à peine de finir quand les lumières s'éteignirent ne laissant que des veilleuses dans les couloirs devant les cellules. Les bruits de la prison s'en trouvèrent alors amplifiés. Le claquement des portes et le bruit métallique des serrures qui se ferment étaient sinistres de ce côté-ci des grilles. Un coup de blues s'empara d'Olivier et sa gorge se noua. Il aurait donné cher pour avoir Renald près de lui, il avait déjà oublié qu'il avait essayé de lui faire porter le chapeau lors de son audition devant le juge.

Un hurlement jaillit soudain d'une cellule voisine. Une voix lui répondit :

- Ta gueule le fada, laisses nous pioncer.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Olivier.
- C'est rien, c'est Momo. Un pauvre type, un peu simple mais il a peur du noir alors tous les soirs, il gueule mais ça ne dure pas. 

Un autre cri jaillit dans le couloir :

- Alors Maxou, tu ne tires pas ton coup ce soir.
- Déconnez pas les mecs.
- Ta gueule, le pédo.
- Putain, non pas encore.
- Vas-y Maxou, fais-le couiner ce bâtard.

Le cri de douleur qui retentit alors, glaça le sang d'Olivier qui jeta un regard perdu à Seb.

- Un pédo, il n'a pas de bol, Maxou est monté comme un âne et il adore baiser. Il est capable de tirer trois ou quatre coups dans la nuit. Je suis sûr que les matons ont fait exprès de les mettre ensemble.

- Ils ne vont rien faire ?
- Qui ? Les matons ? Sûrement pas. Qui a défendu les gamins qu'il a violés ? Maintenant c'est son tour.

Dans la cellule en question, l'homme que les autres détenus appelaient le pédo mordait l'oreiller de douleur. Le pantalon sur les chevilles, il subissait ce qu'il savait être le premier assaut de la soirée. Aucune sensualité dans cette baise bestiale, juste un mâle qui utilise un esclave sexuel. Les larmes qui roulaient sur ses yeux témoignaient à la fois de la douleur du viol, de l'humiliation subie mais aussi du souvenir qu'il avait des viols qu'il avait subi dans son enfance par son beau-père et ses amis. Mais paradoxalement, il n'avait aucun remord quand il pensait aux enfants dont il avait abusé. Ces jeunes esprits qu'il avait détruits en flétrissant leurs corps de ses assauts immondes ne lui donnaient aucun remords, pire, ces souvenirs lui permettaient d'endurer la torture quotidienne du viol. Mais comme pour toute personne sans défense face à quelqu'un de plus fort que lui, le désespoir gagnait chaque jour un peu plus de terrain. Bientôt, il ne serait plus que l'ombre de lui-même, un objet dont les autres joueraient jusqu'à ce dans un ultime sursaut de volonté, il ne trouve la force de se suicider pour ne plus subir tout cela.

Olivier était terrifié, il repensait aux paroles de son avocat et se voyait à la place du pédo, humilié par les autres détenus. Il se recroquevilla sur sa couchette. Des larmes lui montaient aux yeux, il voulait partir. Il ne restait rien du jeune homme bravache qui terrifiait des moins forts que lui, il venait d'entrer dans la cour des grands.

Seb le regardait. Il s'approcha de lui et tel un grand frère, il le prit dans ses bras et lui dit :

- Calme-toi, gamin. Ici tu ne crains rien. Je peux te protéger si tu veux.

Olivier était désemparé à tel point, qu'il ne se révolta pas contre l'appellation de gamin. Le simple geste de compassion de Seb lui parut sans prix et il se réfugia dans les bras de Seb qui déposa un baiser sur son front. Seb remercia alors mentalement Maxou, il venait de lui offrir un beau cadeau, un mec fragile et manipulable …

CHAPITRE XV

La sonnerie du réveil fit sursauter Paul. Il avait l'impression de ne pas avoir dormi, pourtant son père l'avait obligé à se coucher à 10h00 la veille. Il faut dire que la journée avait été particulièrement remplie. C'est mollement qu'il se leva et se dirigea vers la salle de bain. Quand il y entra, il vit son frère Benoit qui prenait sa douche. La vision de ce corps nu et humide lui fit venir des picotements dans la nuque et dans le bas des reins. Il resta un moment à mater son frère qui quand il s'en aperçut lui lança :

- Arrête de baver et prépare-toi, tu vas être à la bourre.
- Oui, ça va, répondit Paul.
- Non, ça ne va pas. Tu dois être plus dynamique que ça. Allez, zou, sous la douche marmotte.

Ce disant, Benoit donna une tape sèche sur les fesses de son frère qui poussa un glapissement qui n'avait franchement rien de masculin et fila ensuite s'habiller. Paul prit sa douche, se regarda dans le miroir et se demanda quand il commencerait lui aussi à se raser. Ses pensées furent interrompues par ses deux autres frères qui envahirent la salle de bain et le jetèrent dehors en lui disant qu'il était plus lent qu'une gonzesse. Bref, une matinée normale quoi.

Ses vêtements enfilés, Paul descendit à la cuisine où sa mère l'accueillit avec le baiser rituel du matin. Son père était déjà en train de prendre son petit déjeuner, ce qui était pour le moins inhabituel. En effet, Jacques se levait généralement le dernier puisqu'une partie de son travail se faisait à domicile. Il se tourna vers son fils et lui dit :

- Dépêches-toi Paul, nous avons rendez-vous avec ton proviseur.
- Comment ça ?
- Je n'en sais rien, j'avais un message sur mon portable hier soir. Nous verrons bien de quoi il retourne, Tu n'as pas omis de me parler de quelque chose d'important ?
- Non, de rien, répondit Paul légèrement vexé que son père pût douter de lui.
- Ne te fâche pas Paul, mais vu la journée d'hier quelque chose a pu t'échapper.
- Rien du tout.

Sur ces mots, le jeune homme entama son petit déjeuner. Dès que tout le monde fut rassasié, Jacques fit grimper toute sa tribu dans la voiture et se dirigea vers le lycée, abandonnant les deux plus âgés au passage devant la gare. Paul et son père franchirent les grilles du Lycée très exactement cinq minutes avant le début des cours et se dirigèrent vers le bureau du proviseur.

--o-0-o--

Au commissariat, le lieutenant Francin arrivait pour prendre son service. D'emblée, il remarque la présence de la moto de Dagget. Pourtant quand il arriva dans leur bureau, son collègue n'était pas là. Quelques secondes plus tard, le téléphone sonna, il reconnut sur l'afficheur le numéro du commissaire. Francin décrocha et se vit intimer l'ordre de rappliquer dans le bureau de son patron toutes affaires cessantes. Il déposa sa serviette, s'empara de son carnet et se dirigea vers le premier étage. Il était manifestement attendu car la secrétaire lui ouvrit le bureau dès qu'il arriva. Il trouva là, outre le commissaire, le capitaine Livian et le lieutenant Dagget. Le commissaire dit à la secrétaire qu'il ne voulait être dérangé sous aucun prétexte, ferma la porte et déclara :

- Tout ce qui va être dit dans cette pièce devra y rester, me suis-je bien fait comprendre ?
- Tout à fait, Monsieur le commissaire répondit le capitaine pour les trois personnes présentes. 

--o-0-o--

Maria avait eu un peu de mal à dormir cette nuit. Elle pensait sans arrêt à son fils. Elle retournerait le voir après son travail au magasin et avant de rejoindre les bureaux où elle faisait le ménage. Quand elle entra dans le magasin, ses collègues la regardèrent avec curiosité et enfin l'une d'elle lui demanda :

- Comment va ton fils ?
- Ça va, il devrait rentrer à la maison demain.
- C'est vrai qu'il est homo ? demanda une autre. Quelques gloussements se firent entendre.
- Oui, fit Maria, il est homo comme vous dites mais il a surtout risqué sa vie pour protéger son ami, je ne suis pas sûr que vos maris fassent la même chose pour vous. Comme le tien, Florence, qui s'est barré quand il a su que tu étais enceinte ou le tien, Colette qui est tellement bourré tous les soirs qu'il a du mal à trouver le trou de la serrure pour ouvrir la porte de chez vous. Elle avait sciemment pris à partie les deux pestes qui ne manquaient jamais une occasion de pourrir la vie des autres. Ce faisant, elle avait mis les rieurs de son côté. Les deux pestes sortirent vexées et chacune reprit ses activités, après tout, il y avait un magasin à ouvrir.

--o-0-o--

Robert se réveilla et sentit à ses coté une présence, accoutumé qu'il était à dormir seul. Il reconnut très vite la prostituée qu'il avait embarquée la veille dans le quartier derrière la gare. La jeune femme n'était pas laide mais ses traits commençaient à être marqués par la vie qu'elle menait. Robert se leva et prit dans son portefeuille quatre billets de cinquante euros. Il les posa sur la table de nuit et dit sur un ton rude :

- Tiens salope, prends ton blé et casses-toi.

La jeune femme prise de court au réveil regarda l'argent et dit :

- On avait dit 300.
- Tu ne les vaux pas. Sois déjà contente que je ne te jette pas dehors sans rien.
- Tu es un vrai salopard toi.
- Surveille ton langage, si tu ne veux pas que la police municipale te pourrisse la vie dans les prochaines semaines.

La jeune femme savait ne pas pouvoir argumenter avec ce type. Elle prit son argent, s'habilla en vitesse et fila sans demander son reste. Robert la regarda le sourire narquois, il se savait haï mais n'en avait cure et puis toutes ces putes devraient être heureuses qu'il s'occupe d'elles. Il consulta ensuite son portable et constata avec plaisir qu'il avait un message de son indic lui disant que les informations demandées étaient disponibles.

CHAPITRE XVI

Tony se réveilla dans sa chambre d'hôpital. Il mit un moment à se rappeler où il était. Cette chambre ne ressemblait en rien à la sienne. La veille, une aide-soignante lui avait amené son repas et il s'était rendu compte qu'il mourait de faim. Ensuite, Paul l'avait appelé et ils étaient restés un long moment au téléphone. Un grand poids avait quitté sa poitrine quand il avait discuté avec sa mère et qu'il s'était rendu compte qu'elle ne le repoussait pas. Une nouvelle vie pouvait commencer et il se sentait fort.

Un léger coup frappé à la porte le tira de sa réflexion. Il n'eut pas le temps de dire "Entrez" que la porte s'ouvrait et qu'un jeune homme d'une trentaine d'années pénétrait dans sa chambre.

- Bonjour, comment allez-vous ce matin ?
- Bien merci.
- Je vais prendre votre température et votre tension.

Au mot température, Tony eu un réflexe de recul. Le jeune infirmier sourit et lui dit :

- Je parle de la température auriculaire, pas anale, rassurez-vous. Ce matin le médecin viendra vous soir et en fonction de votre état vous pourrez peut-être partir dès cet après-midi. 
- Hier, il avait dit 48 heures …
- Aujourd'hui est un autre jour. Et puis, à quoi bon vous garder ici si vous allez bien ? Il y a mieux comme lieu pour des vacances non ?
- Oui effectivement, convint Tony.

Tout en discutant, l'infirmier avait pris la tension et la température de Tony : normales. Il lui demanda alors s'il avait des vertiges ou mal quelque part. Tony répondit que non, tout allait bien.

- Bien, on va vous apporter votre petit déjeuner, je repasserai plus tard pour votre toilette.

Sur ces mots, l'infirmier quitta la chambre. Il y fut remplacé quelques minutes plus tard par une aide-soignante qui apportait un plateau. Sur lequel se trouvait un café accompagné de pain, beurre et confiture. Le tout était complété par un fruit. Tony en conclut que prendre un bon petit-déjeuner était bien agréable et qu'il devrait y songer le matin avant d'aller en cours. Le plateau fut retiré de la chambre et l'infirmier revint.

- Je ne fais pas les toilettes d'habitude, mais il se trouve que nous n'avons pas d'aide-soignant masculin ce matin donc c'est moi qui vais t'aider. Lève-toi doucement sans geste brusque pour éviter les étourdissements.

Tony se leva, un peu gêné, il ne portait que la chemise de nuit de l'hôpital. Le jeune homme lui sourit et lui dit :

- Ne sois pas mal à l'aise, tu n'es ni le premier ni le dernier homme que je vois nu, je suis juste là pour m'assurer que tout se passe bien et que tu tiens bien en équilibre. 
- Le souci, c'est que vous me faites de l'effet.
- Effectivement, tu sembles particulièrement en forme de ce côté-là, mais pour l'instant ce n'est pas à propos, alors je te conseille la douche froide, c'est souverain.

La remarque fit sourire Tony. Il se dirigea vers la salle de bain et prit sa douche tranquillement. L'infirmier, quant à lui, se rinça copieusement l'œil jusqu'à ce que, n'y tenant plus, il s'approcha de Tony en train de se sécher et entreprît de le frictionner avec la serviette. Tony se laissa faire, il découvrait avec cet homme le plaisir de se laisser aller. L'infirmier caressait, d'une main les fesses de Tony et de l'autre, le branlait doucement. Leurs bouches se joignirent en un baiser fougueux et passionné tandis que les mains de Tony partaient explorer la tunique de l'infirmier. Rapidement les deux sexes dressés se firent face et doucement mais fermement, l'infirmier pesa sur les épaules de Tony qui céda et s'agenouilla face à la virilité de son partenaire.

Pour la première fois de sa vie, Tony fit pénétrer dans sa bouche le sexe d'un homme et il ne se sentait ni rabaissé ni forcé. La douceur des gestes de l'infirmier l'avait naturellement amené à lui dispenser cette caresse buccale. Lentement, il fit coulisser la tige de chair chaude et vibrante dans sa bouche, s'appliquant à la prendre la plus profondément possible. Il sentait les mains de l'infirmier posées sur sa tête et qui lui imprimaient un rythme lent de va et vient. A plusieurs reprises, l'infirmier força doucement la gorge du jeune homme en poussant des soupirs d'aise. Le plaisir de son partenaire motiva Tony à donner le meilleur de lui-même et en peu de temps, il reçut sur le visage l'éclaboussant hommage du plaisir viril qu'il avait suscité. Tony se relava et s'abandonna aux douces mains de l'infirmier qui eurent tôt fait de lui faire prendre son plaisir. Il venait de découvrir dans les bras de cet homme le plaisir du partage et il se promettait de remettre ça avec Paul. Après une rapide toilette, Tony regagna son lit juste à temps pour voir arriver Le médecin. Ce dernier l'examina et après lui avoir fait effectuer quelques exercices, le déclara à nouveau apte au service et lui dit qu'il pouvait rentrer chez lui en début d'après-midi.

CHAPITRE XVII

Les bruits de la prison le matin, n'étaient pas moins angoissants que ceux de la nuit. Toutefois, la lumière du jour atténuait la sensation de claustrophobie que ressentait Olivier. Il avait réussi à dormir un peu. 

Seb sauta en bas de sa couchette et attrapa une serviette. Il se tourna vers Olivier et lui dit :

- Prépares-toi, on va partir à la douche. 

Olivier s'empara de la serviette que lui tendait Seb. Ce dernier reprit :

- Je sais qui tu es Olivier Dubois et si tu ne veux pas morfler tu vas m'obéir.
- Comment ça ?
- Tu m'as très bien compris. Tu as un joli petit cul alors tu as le choix, soit tu m'obéis et je serai le seul à l'utiliser. Sinon, à la fin de douche ton cul sera aussi large que celui du pédo.
- Pourquoi tu fais ça, je croyais que tu étais mon copain.
- Il n'y a pas de copain en prison. Ici, c'est moi le plus fort alors tu obéis ou tu morfles.
- Vas te faire foutre !
- On en reparle après la douche ma poule.

Olivier se sentait mal. Le bruit de la serrure le fit sursauter. La porte s'ouvrit et le surveillant leur ordonna de sortir. Olivier hésita mais le rappel à l'ordre du maton le motiva. Il se demandait comment il allait se sortir de ce mauvais pas. Il ne voulait finir en trou à bite. La colonne de détenus s'ébranla en direction des douches. Une voix derrière, lui souffla, "alors beau gosse, impatient de perdre ton pucelage". Il fut sur le point de se retourner mais le regard du surveillant l'en dissuada. La boule d'angoisse au creux de son ventre se fit plus intense et plus dure. Il se souvint des suppliques des filles qu'il avait forcées et comprenait enfin, mais un peu tard, leurs regards terrifiés. Rien ne pouvait le sauver ici, être le fils Dubois ne servait à rien derrière ces murs. Pas la peine de compter sur les surveillants, il savait qu'ils détourneraient le regard. Et si jamais il se plaignait les autres le lui feraient payer au centuple. Aucune issue possible ne s'offrait à lui. Il passa la porte des douches comme on monte à l'échafaud, avec résignation. 

Et puis non, il ne se rendrait pas sans combattre. Certes, il allait perdre mais il aurait le temps d'en amocher un ou deux et qui sait peut-être cela ferait réfléchir les autres.

Il vit les autres détenus se déshabiller, certains le regardaient avec un sourire narquois, ils pensaient manifestement déjà à ce qu'ils allaient lui faire subir. Dès qu'ils furent nus, tous entrèrent dans la salle de douche. Le surveillant leur dit qu'ils avaient une demi-heure et ferma la porte. 

Par réflexe, Olivier s'était placé dans un angle de la pièce de manière à protéger ses arrières. Rapidement deux colosses lui firent face et un lui dit :

- Écoute gamin, tu as le choix entre la manière douce et la manière forte mais la fin de l'histoire est toujours la même : tu prends ma bite dans le cul.
- Laissez-moi, je ne suis pas PD.
- Ça on s'en fout, si tu ne prends pas ton pied, c'est ton problème. Mais visiblement tu as choisi la manière forte.

Les deux hommes s'avancèrent vers Olivier. Ce dernier fit courageusement face, mais la partie était par trop inégale. Même s'il eut le temps de porter un ou deux coups, il fut rapidement maîtrisé et un de ses agresseurs lui tordit le bras dans le dos, l'obligeant à se mettre à genou. Le premier s'était placé face à lui et lui dit :

- Suce moi et mets y de la salive car c'est le seul lubrifiant que tu vas avoir.

Olivier sentit qu'on poussait sa tête vers ce membre turgescent, ses lèvres se posaient dessus. Il ferma les yeux, conscient qu'à présent son sort était scellé.

Le hurlement qui retentit dans les douches saisit tout le monde. Un violent coup de pied faucha les jambes de l'homme face à Olivier qui s'écroula lourdement sur le carrelage. Un coup de poing atteint au visage l'homme qui maîtrisait Olivier. Ce dernier reconnut alors Renald qui se plaça devant lui et lui dit :

- Olivier, mets-toi derrière moi !

Les autres hommes restèrent stupéfaits par la violence et la rapidité de l'attaque. En prison, la force et la hargne forcent généralement le respect. De plus, le hurlement qu'avait poussé Renald ne manquerait pas d'alerter les surveillants. De fait, la porte des douches s'ouvrit avec violence.

- Qu'est-ce qui se passe là-dedans ?

Le maton avisa la scène et comprit très vite la situation. Maintenant qu'il était témoin, il ne pouvait qu'agir. Il fit donc sortir Renald et Olivier, laissant les autres détenus à la garde de son collègue.

Les deux jeunes se séchèrent et s'habillèrent avant de suivre le surveillant en direction du bureau du directeur. En chemin, Olivier comprenant à quoi il venait d'échapper, sachant qu'il devait la vie à celui à qui il comptait faire porter la responsabilité de ses actes, fut pris d'une crise de vertiges, il tituba, s'appuya contre un mur et vomit. 

- Quel bordel, s'écria le surveillant.

Renald s'agenouilla auprès de son ami qui était secoué par une crise de larmes. Il le prit dans ses bras et le soutint jusqu'à l'arrivée de l'équipe médicale. Olivier fut emmené à l'infirmerie où le médecin lui prescrivit immédiatement des calmants pour lui permettre de dormir. Renald lui fut placé en isolement, plus pour le protéger des autres détenus que pour le punir. 

Le directeur, mis au courant des faits, contacta immédiatement le procureur et les avocats des deux jeunes gens. Il sermonna aussi son surveillant-chef, coupable ou pas, Dubois restait le fils du maire et à ce titre devait être particulièrement surveillé.

Les avocats se précipitèrent chez le juge d'instruction exigeant chacun pour leur client une libération immédiate, arguant que leur sécurité n'était pas assurée en prison. Au vu des faits, la magistrate ne put qu'acquiescer et ordonna une détention à domicile avec bracelet électronique. 

CHAPITRE XVIII

Paul écoutait, médusé, la discussion quasi surréaliste entre le proviseur et son père. Le premier tentait par des moyens alambiqués d'expliquer qu'il était obligé d'exclure Paul au moins temporairement, compte tenu de l'affaire dans laquelle il était impliqué. Jacques, de son coté, demandait explication sur explication, refusant, à juste titre, d'admettre qu'une victime puisse être de quelque manière que ce soit exclue. Finalement agacé, Jacques sortit son portable et composa un numéro. Le proviseur lui demanda qui il appelait. Sans se donner la peine de répondre, Jacques demanda à son correspondant de lui passer le rédacteur en chef. Le proviseur était estomaqué, cet homme se permettait d'appeler la presse et depuis son bureau encore. La discussion qu'il entendit, Jacques avait mis le haut-parleur ne lui laissa aucun doute sur le caractère intenable de sa position. En effet, Jacques, après avoir décrit à son interlocuteur la situation ubuesque dans laquelle il était, demanda ce qu'en pensait le journaliste. Ce dernier, sachant que le proviseur entendait la conversation, lui demanda sa position. "Sans commentaire" fut la seule réponse. Ce à quoi le journaliste répliqua : "je pense que les lecteurs apprécieront".

Jacques se tourna vers son fils et lui dit :

- Viens Paul, nous n'avons plus rien à faire ici. Manifestement, ce lycée est à la botte du maire.
- Je vous interdis de mettre en doute mon intégrité. Votre fils est un pervers et je me dois de protéger les lycéens de ses avances.
- Nous verrons bien ce qu'en pensera l'inspection académique, termina le père en quittant les lieux, accompagné de son fils.

Dans l'antichambre du bureau, l'adjoint au proviseur attendait en compagnie de la secrétaire. Parfois des éclats de voix leur parvenaient au travers des portes capitonnées. Lorsque l'adolescent et son père eurent quitté les lieux, l'adjoint entra dans le bureau du proviseur.

- Pas besoin de te demander si ça s'est bien passé ?
- Pas vraiment non !
- Sans rire, tu espérais quoi ? Paul fait partie des victimes.
- Une victime ? Ce pervers ? Sans lui rien ne serait arrivé. Ces gens-là ne sont pas normaux et c'est mon devoir de protéger les élèves de ce lycée des pervers.
- De quoi parles-tu ? L'homosexualité n'est pas une perversion à part peut-être dans ton esprit étroit. Je ne suis pas sûr que l'inspection te suive sur ce point.
- C'est contre nature et c'est un péché à la face de Dieu …
- J'ai compris : discussion close. Je ne te suis pas sur ce terrain. A compter de maintenant, monsieur le proviseur, nos relations se borneront aux domaines strictement professionnels et ne comptez pas sur moi pour vous soutenir auprès de la hiérarchie.

--o-0-o--

Arrivés à la voiture, le portable de Paul sonna. Voyant le nom de Tony affiché, l'adolescent décrocha. La conversation fut de courte durée et Paul dit à son père :

- Tony sort cet après-midi, il me demande si on peut aller le chercher ?
- Bien sûr. Nous préviendrons sa mère.

Jacques démarra et prit la direction de son domicile. Il ne décolérait pas. Son fils, à au moins deux reprises, lui demanda de se calmer, il n'était pas utile d'avoir un accident en plus. Arrivé devant chez lui, Jacques fut étonné de voir la voiture de son épouse : elle devrait déjà être à son bureau. Il se précipita vers la maison, Paul sur ses talons. Dès qu'ils furent entrés, Jacques appela sa femme :

- Hélène ?
- Ici, chéri dans le salon.

Jacques rejoignit prestement son épouse et trouva assise dans un fauteuil Maria, la mère de Tony, en larmes.

- Que se passe-t-il ? demanda Jacques.
- Il se passe que le maire a frappé, répondit sa femme.
- Comment ?
- Oh très simplement, il a appelé le patron de Maria et il lui a demandé de faire pression sur elle : soit elle persuade son fils de retirer sa plainte, soit elle est virée. 
- Ce n'est pas possible. Que comptez-vous faire Maria ?
- Je ne sais pas, j'ai besoin de ce travail et en même temps l'idée de laisser le monstre qui s'en est pris à mon fils s'en tirer m'est intolérable.

Maria avait les yeux rougit par les larmes, elle se sentait tellement impuissante, incapable de protéger son petit et pourtant, en elle, une farouche volonté de se battre luttait contre cette résignation parfois naturelle des gens du sud face à l'adversité.

- Où travaillez-vous Maria ?
- Je suis caissière à l'Hyper au nord de la ville. 
- Je ne comprends pas, c'est Norbert qui dirige ce magasin. C'est lui qui vous a reçu pour vous dire ça ?
- Non, c'est le chef des ventes.
- Attendez, j'appelle mon ami.

A nouveau, Jacques s'empara de son téléphone et composa rapidement numéro de Norbert. L'attente fut de courte durée. Dès que son correspondant décrocha, Jacques le bascula sur le haut-parleur.

- Bonjour Norbert, c'est Jacques.
- Salut Jacques, que puis-je faire pour toi ?
- Dis-moi as-tu une employée du nom de Maria Pozzi ?
- Oui, elle est caissière chez moi, pourquoi ?
- Elle n'est pas à son travail aujourd'hui ?
- Non, elle a pris une journée. Son fils a été agressé et elle a besoin de se reposer un peu.

Maria manquait de souffle. Elle était sur le point de répliquer quand Jacques lui fit signe de rester silencieuse.

- C'est elle qui t'a demandé sa journée ?
- Non, c'est le chef des ventes qui m'a prévenu, d'ailleurs vu les circonstances, je lui ai dit de lui en faire cadeau.
- Je ne voudrais pas foutre le bordel Norbert mais …
- Qu'est-ce qui se passe ?

Le ton de Norbert était interrogateur, manifestement quelque chose lui échappait et c'était le genre de situation qu'il détestait.

- Maria Pozzi est chez moi. Elle est arrivée tout à l'heure effondrée. Ton chef des ventes lui a expliqué que soit elle convainquait son fils de retirer sa plainte, soit elle était virée.
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Vous êtes là, Madame Pozzi ?
- Oui, monsieur, répondit Maria.
- Votre journée est cadeau comme je l'ai dit. Demain vous reprenez votre boulot. La plainte de votre fils n'a rien à voir là-dedans. Dès votre arrivée, vous venez me voir et nous tirerons ça au clair.
- Merci, monsieur.
- De rien, Madame Pozzi, revenez-nous en forme.

Jacques coupa le haut-parleur et s'éloigna pour terminer sa conversation avec Norbert.

- Putain depuis le temps que je rêve de me le faire ce petit con.
- Ah bon ?
- Oui, c'est un petit chef, tu sais de ceux qui sont obséquieux avec les puissants et tyranniques avec les petits. Je vais me l'ouvrir en deux.
- Vas-y prudemment quand même.
- Ne t'inquiète pas, contrairement à cet idiot je reste toujours dans le cadre de la loi.
- Merci pour Maria en tout cas.
- Au fait comment se fait-il qu'elle soit venue chez toi ?
- Son fils Tony est le petit copain de Paul.
- Ok, elle fait partie de la famille alors, je comprends. Je te laisse, embrasse ta femme et les enfants.
- Toi aussi, à plus.

Jacques raccrocha et retourna dans le salon. Il trouva Paul et Maria en grande discussion. Paul venait de lui apprendre que Tony sortait en début d'après-midi de l'hôpital et ils avaient convenu d'aller le chercher ensemble. Maria se tourna vers Jacques :

- Merci M.Dolmen.
- Appelez-moi Jacques. Je vous avais dit que vous pouviez compter sur nous, Maria.

 

CHAPITRE XIX

Midi, Tony était dans les starting-blocks. Il allait rentrer chez lui. Il ne restait plus que deux heures avant de partir. L'infirmier était revenu en fin de matinée pour lui dire au revoir et lui souhaiter bonne chance pour la suite. Les minutes semblaient interminables. Il lui tardait d'embrasser sa mère et de revoir Paul. L'arrivée de son repas permit de faire diversion et l'occupa durant quelques minutes.

Paul de son côté piaffait d'impatience et ne tenait pas en place, regardant la pendule toutes les trente secondes. Maria lui dit :

- Paul, tu me donnes le tournis. Essaye de rester en place.
- J'ai hâte de revoir Tony.
- Moi aussi, mais t'agiter ne fera pas passer le temps plus vite. Viens te mettre à table, j'ai préparé un petit repas.

Jacques pénétra dans la cuisine au même moment et voyant la table servie s'écria :

- Maria, vous n'auriez pas dû …
- Il fallait que je m'occupe. Moi aussi, je suis impatiente de retrouver mon fils.
- Et bien, profitons-en, bon appétit à tous.

Le repas terminé, la table fut rapidement desservie. Paul et son père complimentèrent Maria pour ses talents de cuisinière et tous se préparèrent à partir pour l'hôpital. Sur la route, le portable de Paul sonna. L'appel venait de Tony. Paul dit en décrochant :

- Il doit être anxieux de ne pas encore nous avoir vus. Allô, Tony ?
- Paul, c'est toi ? Vous arrivez bientôt ?
- Nous sommes sur la route.
- Faites attention, il y a des journalistes en bas.
- Comment ça ? 
- Oui, un est venu jusque dans ma chambre, c'est un infirmier qui l'a fait partir, mais depuis ma fenêtre, je les vois sur le perron.
- Reste dans ta chambre, on vient te chercher.

Paul, après avoir raccroché, se tourna vers son père et demanda :

- Comment allons-nous faire, papa ?
- Vous allez rester dans la voiture Maria et toi. Je vais aller seul chercher Tony. Maria, où est sa carte vitale ?
- Il l'a avec lui.
- Bien, restez dans la voiture.

Après avoir garé la voiture près d'une sortie annexe de l'hôpital, Jacques se dirigea vers l'entrée principale. Il se fraya rapidement un chemin entre les deux ou trois journalistes présents, ne leur accordant pas un regard. L'un d'eux s'écria au moment où il franchissait les portes : "C'est le père du jeune Paul, M. Dolmen quelques mots s'il vous plaît !". Jacques ne se retourna même pas. Il prit la direction des escaliers et monta deux à deux les marches menant au premier étage. Il se dirigea ensuite vers la chambre de Tony. Il frappa à la porte et entra. Tony était en compagnie d'un infirmier qui lui demanda qui il était. Ce fut le jeune homme qui répondit :

- C'est le père de Paul. Il n'est pas avec vous ?
- Il attend dans la voiture avec ta mère. Tes affaires sont prêtes ?
- Oui, je n'avais pas grand-chose.

Jacques se tourna vers l'infirmier et demanda :

- Y a-t-il des formalités particulières à faire ?
- Rien d'urgent non, Tout peut se faire en différé. Je suppose que vous voulez sortir discrètement.
- Exactement, vous pouvez m'indiquer le chemin pour rejoindre la sortie Est sans repasser par le hall. 
- Pas de problème, je vais vous indiquer le chemin. Vous prenez le couloir à gauche, et au bout à gauche et à droite et dès que vous voyez des escaliers vous descendez et vous serez face à la sortie.

L'infirmier ajouta à l'adresse de Tony :

- Donne de tes nouvelles, gamin et embrasse ton copain pour moi.
- Je n'y manquerai pas.

Jacques et Tony filèrent en direction de la sortie. Ils franchirent la porte et s'engouffrèrent dans la voiture. Tony embrassa sa mère et Paul. Jacques démarra le moteur et se dirigea vers la sortie. Très vite, il vit que les journalistes n'avaient pas été dupes et les avaient repérés. Au moment même où ils franchissaient le portail du parking, une moto suivie d'une voiture s'élançaient à leur poursuite.

- C'est ça les petites villes, la moindre histoire devient tout de suite une affaire d'état.

Jacques prit le parti de ne pas prendre de risque. Au lieu de se diriger vers son domicile ou celui de Maria, il fila en direction du centre-ville et plus précisément du commissariat. 

--o-0-o--

Pendant ce temps, au commissariat justement, le portable du lieutenant Dagget se mit à sonner. Le numéro était masqué mais le policier se doutait bien de qui il s'agissait. Il décrocha :

- Allô ?
- Dagget, ici Robert Dubois. J'attends toujours mes informations. 
- Écoutez, j'ai été viré de l'affaire, je ne peux plus rien faire.
- C'est ton problème ça et si tu ne veux pas que cela devienne celui de ton père tu vas te démerder pour m'apporter ce fameux enregistrement.
- Vous me demander de voler une preuve ?
- Et alors ? Où est le problème ? T'as de qui tenir, ton père était déjà doué dans ce genre de travail.
- Ok, mais alors vous foutez la paix à mon père.
- Si tu me rends ce service pas de problème, j'oublie ton père. Il pourra passer une retraite heureuse.
- Ok, je vois ce que je peux faire. 
- Je t'attends ce soir à 19 heures, le bar derrière les ateliers municipaux.
- J'essaierai d'être là.
- Tu y seras sinon ton père saura pourquoi.
- Ok, ok.

Dagget raccrocha et se tourna vers son collègue et dit :

- Je fais un saut au local des scellés, je reviens. 
- Ok, à tout à l'heure.

--o-0-o--

Robert Dubois venait de raccrocher. Sûr que son avocat n'aurait pas approuvé son geste, mais bon, qui était au service de l'autre ? Et puis, il fallait qu'il sorte son fils de ce merdier, il avait failli se faire violer en prison. Il pouvait supporter un fils idiot mais pas un enculé de fils, donc la fin justifiait les moyens.

--o-0-o--

Olivier Dubois était dans sa chambre. Peu après son réveil, à l'infirmerie de la prison, il avait vu arriver son avocat. Ce dernier lui avait dit pour le bracelet électronique et l'assignation à résidence. Olivier avait demandé des nouvelles de Renald. L'avocat avait semblé agacé mais avait répondu qu'il en était de même pour lui. Cette nouvelle avait rassuré Olivier. Il lui tardait de revoir son copain et de le remercier. Il savait ce qu'il devait à Renald et comptait bien s'acquitter de sa dette.

CHAPITRE XX

Quand les journalistes se rendirent compte de la destination de la voiture, ils renoncèrent à poursuivre à l'exception d'un : Jean Quaite travaillait pour le canard local et les potins étaient son pain quotidien. Les gens s'intéressent avant tout à ce qui se passe au pied de leur maison même si dans un même temps ils refusent de divulguer ce qui se passe dans leur chambre à coucher. Toujours à l'affût d'une nouvelle croustillante et peu importe qu'elle soit vraie ou non, il suffit juste qu'elle soit vraisemblable. Après tout un mensonge suivi d'un démenti ça fait deux informations.

Jean Quaite se gara donc à quelques mètres du commissariat et termina le chemin à pied. Il voyait déjà sa une : "Tentative de viol : le fils du maire impliqué". Ajoutez à cela, l'histoire de ce Paul et de ce Tony à révéler au grand jour : un couple d'homos mineurs. Peu importe si leur vie privée volait en éclat, le droit à l'information primait sur tout. 

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Dès leur arrivée au commissariat Paul, Tony, Maria et Jacques furent accueillis par le commissaire Antoine Chréteur. Jacques expliqua rapidement la raison de leur passage. Le commissaire leur répondit que la plupart de leurs poursuivants avaient dû renoncer en comprenant quelle était leur destination mais il y en avait un qui ne renoncerait sûrement pas : Jean Quaite.

- Ce type n'est pas un journaliste, c'est un fouille-merde. Plus ça pue, plus il est content.
- Il n'y a pas moyen de s'en débarrasser demanda Jacques.
- Il est pire qu'un morpion, une fois qu'il est sur une affaire, il lui faut une meilleure affaire pour le décramponner mais je pense savoir comment faire. Vous allez vous éclipser par une sortie annexe pendant que je l'accroche sur une autre info.
- Merci Antoine.
- A charge de revanche Jacques.

Le commissaire chargea un policier en tenue d'escorter ses visiteurs vers la sortie et de s'assurer de leur tranquillité. Ensuite, il appela Dagget sur son portable et le convoqua dans son bureau.

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Jean Quaite n'avait jamais été le bienvenu au commissariat et tous les policiers le lui faisaient bien sentir. Toutefois, la liberté de la presse, la bienséance, les bonnes manières et tous un tas d'autres politesses que le journaliste méprisait profondément, faisaient qu'il n'avait jamais été jeté dehors. Quand il demanda, au planton à l'accueil, qui pouvait le renseigner sur l'affaire Pozzi, celui-ci lui répondit de patienter et contacta le secrétariat du commissaire. 

Quelques minutes plus tard, des éclats de voix parvenaient du premier étage. Jean Quaite abandonna sa lecture et tendit l'oreille. Toute cette agitation pouvait signifier un bon papier. Très vite il reconnut la voix du commissaire qui vociférait :

- Votre comportement est un scandale Dagget, vous êtes une honte pour la police nationale.
- Mais, monsieur le commissaire, laissez-moi vous expliquer …
- Il n'y a rien à expliquer, un tel manque de déontologie, de toute ma carrière, je n'ai jamais vu ça. A compter de cette minute vous êtes suspendu et vous rendrez compte de vos agissements devant la commission de discipline. En plus vous osez mettre en cause le maire dans vos agissements.

Le reste de la conversation se perdit quand la porte du bureau fut fermée. Le journaliste qui avait pris quelques notes, se dirigea vers la sortie.

- Monsieur le commissaire ne devrait pas tarder à vous recevoir, Monsieur Quaite, lui dit le planton.
- Je repasserai, il a l'air fort occupé. Ce n'est pas grave cela peut attendre.

Sur ces mots il quitta le commissariat. Le planton décrocha son téléphone et dit "Il est parti". Et il raccrocha.

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Le journaliste ravit de l'aubaine regagna sa voiture. Il consulta sa montre et décida, avant de retourner au bureau rédiger son article, de passer voir le maire. Comme au commissariat, il savait ne pas être le bienvenu à la mairie mais peu importe. On lui indiqua que le maire était en rendez-vous. Il laissa donc le message suivant : "Monsieur le maire, le lieutenant Dagget vient d'être mis à pied par sa hiérarchie, souhaitez-vous commenter cette information ? N'hésitez pas à me contacter au Chroniqueur. Signé : Jean Quaite"

Le message fut immédiatement transmis au maire et le journaliste quitta la mairie. Il appela son rédacteur en chef et lui dit qu'il tenait sans doute un bon sujet, qu'il pensait avoir un bon article pour le lendemain. Ce dernier n'appréciait pas plus que ça le bonhomme mais devait reconnaître que sa prose permettait de vendre du papier donc, il s'adaptait.

Comme à chaque bonne affaire, Jean sentit un frisson parcourir son épine dorsale et décida de se laisser aller à son côté sombre. Il prit la direction de la gare ou il stationna son véhicule et prenant à pied une ruelle sombre, il pénétra dans un sex-shop connu des seuls initiés. Le patron l'accueillit d'un franc :

- Salut salope, alors t'es en manque pour venir à cette heure ?
- Oui, patron. J'espère qu'il y a des clients à satisfaire.
- Ne t'inquiète pas. Va te mettre en tenue à ton poste, je préviens tes habitués.
- Merci patron.

Jean se dirigea vers les cabines et en déverrouilla une en tirant une clé de son porte-monnaie. Il entra, se déshabilla et rangea proprement ses affaires dans un placard. Il enfila une cagoule, se rendant ainsi méconnaissable et fila faire une toilette intime avant de rejoindre un sling où il s'installa. Quelques minutes après, le patron arriva et lui assura les jambes. Il lui posa ensuite une cage de chasteté et déposa à côté du sling sur un guéridon du gel et des gants.

- J'ai eu au moins quatre de tes habitués et Mourad est en haut, je te l'envoie. Amuse-toi bien.

Jean attendit peu de temps avant l'arrivée de Mourad qui lui fila direct une claque sur les couilles.

- Alors, bâtard pas encore castré ?

Jean gémit sous le coup mais ne répondit pas. L'homme sortit rapidement son membre de son pantalon, l'enduisit de gel et sans précaution particulière défonça la rondelle offerte.

- Tu es toujours aussi confortable salope.
- Merci, haleta Jean sous les coups de boutoir du mâle.

Il prenait son pied à être traité comme une chienne. Il savait que l'homme n'avait aucune considération pour lui, qu'il était juste un trou et cela lui plaisait. Quand il quitterait le sex-shop, il redeviendrait le défenseur de la morale bourgeoise, pourfendeur du stupre et de la luxure, enfin pas de la sienne.

Mourad plongeait violemment son sexe au fond du ventre de la salope offerte. Il ne se préoccupait pas plus d'elle qu'il ne l'aurait fait d'une poupée gonflable. Il allait se vider les couilles et seul cela comptait. En effet, les salopes prêtes à encaisser son vit de 26 cm par 6 n'étaient pas légion. En plus, il était endurant et vicelard. Il aimait lire la souffrance sur le visage du trou qu'il bourrait. Avec cette salope, il était frustré à cause de la cagoule mais le plaisir de labourer cette chienne française compensait le reste.

Pendant que Mourad besognait Jean, deux hommes arrivèrent. Eux aussi étaient des habitués, mais ils affectionnaient particulièrement de fister le bâtard. Ils écoutaient les commentaires de Mourad en train d'insulter copieusement la pute et de lui promettre s'il la trouvait à l'extérieur de la foutre à l'abattage après l'avoir castré car seuls les hommes ont le droit d'avoir des couilles pas les tafioles dans son genre.

Jean commençait à planer gravement. Il voulait endurer les insultes et les brimades de ces hommes. Il accueillit la jouissance de Mourad en le remerciant. Ce dernier lui donna un violent coup sur les testicules et parti en lui crachant au visage.

La séance de fist qui suivit fut à la hauteur des attentes de Jean. Les deux hommes alternèrent et progressèrent dans son anus jusqu'à la moitié de l'avant-bras. Ils décidèrent ensuite de faire un double-fist, chacun un bras. La séance dura une bonne heure au bout de laquelle, les deux se vidèrent dans le trou qu'il venait de rendre béant.

Le patron clôtura la séance par quelques prises de vue qui permirent d'alimenter le press-book de Jean et ainsi de développer sa "clientèle".

CHAPITRE XXI

Maria avait dormi dans la chambre d'amis chez les Dolmen. Heureusement que cette chambre était isolée car les retrouvailles entre Tony et Paul avaient été torrides. Des feulements et des grognements s'étaient échappés de la chambre de Paul. Le lendemain au petit déjeuner, les frères de Paul regardaient les deux jeunes amants avec des sourires narquois et passablement envieux. Les deux autres, tout à leur bonheur retrouvé, n'en avaient cure.

Maria avait rejoint son travail de bonne heure, pressée de rencontrer son patron. Les deux jeunes gens étaient attendus chez le juge d'instruction. Ce fut encore Jacques qui se chargea de les accompagner. Il serait présent pour Paul qui était mineur et conseillerait Tony qui lui était majeur.

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De son coté, Olivier prenait son petit déjeuner avec son père. La tension entre les deux hommes était perceptible. Quand la bonne s'éclipsa après avoir fini de servir. Robert demanda à son fils :

- Dis-moi, comment prépares-tu ta défense avec Maître Manlussa ?
- Il veut tout mettre sur le dos de Renald …
- C'est une bonne tactique …
- Non ! C'est nul !
- Explique-toi !
- Sans Renald, je me serais fait violer en prison. Il a pris un risque fou en me protégeant et moi je le poignarde dans le dos ?
- Et alors, c'est son problème …
- Putain, mais ça t'arrive de penser à autre chose qu'à ton cul bordel ?
- Olivier, tu me parles sur un autre ton, je suis ton père …
- Non, Paul a un père moi j'ai un géniteur. Depuis que maman est morte, je suis seul et je m'aperçois que mon seul ami c'est Renald et toi tu me demandes de le trahir ?

Robert Dubois bondit tel un diable de sa boite avec la ferme intention de corriger l'insolent et de lui faire ravaler sa morgue. C'était sans compter avec les réflexes du fils. Olivier n'était plus un enfant et il bloqua violemment le poing que son père lançait vers lui.

- Voilà ta seule manière de gérer ta vie, tu ordonnes et si on ne t'obéit pas tu cognes. Putain, comme j'aimerais que tu ne sois pas mon père, dit Olivier en repoussant l'homme face à lui.
- Il ne l'est pas !

Les deux protagonistes se tournèrent vers la porte et virent l'avocat.

- Qu'est-ce que tu racontes Gérard ?
- Juste la vérité. Olivier est majeur et sa réaction me fait plaisir, il a décidé d'assumer ses responsabilités contrairement à toi.
- Il n'est pas mon père ? Mais qui alors ?
- Moi. 
- Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? éclata Robert.
- Commence par t'asseoir. Et laisse faire Olivier comme il le veut, il a l'air d'avoir plus de jugeote que toi. Olivier tu comprends que tu vas devoir assumer tes actes ?
- Oui, je le sais. Mais comment ça tu es mon père ?
- Ta mère et moi nous nous sommes toujours aimés. Elle aurait pu devenir une brillante avocate, mais voilà, ton père avait jeté son dévolu sur elle. Je le comprends, elle était très belle. A l'époque, les désirs de la famille Dubois étaient déjà des ordres. Ton grand-père était aussi un tyran, aussi quand ton père a demandé ta mère en mariage, elle n'a pas pu faire autrement que de dire oui. Elle a dû abandonner sa carrière pour lui. Ton grand-père n'aurait jamais accepté qu'une Dubois travaillât. Seulement voilà, tu connais ton père, comme tous les enfants gâtés dès qu'il a eu son jouet, il s'en est désintéressé. Il a recommencé à courir les putes. Pour continuer d'être auprès d'elle, je suis devenu, l'avocat de ton père et par là même témoin de ses turpitudes et de ses vices. Nous avons continué à nous voir ta mère et moi et le jour où elle m'a annoncé qu'elle était enceinte, je savais que c'était de moi. J'ai tout fait pour la convaincre de quitter ton père mais rien n'y a fait. Quand ton grand-père est décédé, j'ai failli y arriver, mais au dernier moment elle a eu peur de ton père et surtout de sa réaction. Puis il y a eu cet accident de voiture. J'ai cru que j'allais mourir de chagrin, mais tu étais là, seul et malheureux alors pour pouvoir t'aider, j'ai tenu. Voilà tu sais tout.

Olivier avait les larmes aux yeux. Il se précipita dans les bras de Gérard et se laissa aller à son chagrin. Sa mère avait toujours été la blessure de sa vie et sa disparition l'avait profondément affecté.

- Quel touchant tableau de famille, ironisa Robert. 
- Que peux-tu y comprendre à la famille, répliqua Olivier. Tu n'en as jamais eu.
- Écoutes moi bien petit bâtard …
- Non, Robert, toi écoutes, à compter de ce jour, je ne suis plus ton avocat. En revanche, je reste celui d'Olivier. Il va venir vivre chez moi. Au fait, si tu songes à le déshériter, penses que j'ai tout prévu, il est ton fils juridiquement parlant et tu ne pourras rien y changer. Olivier, prépares tes affaires nous allons chez le juge. 
- Cassez-vous de chez moi, bandes de minables. Des avocats, il y en a plein.
- Oui Robert, plein, mais moi seul connaît l'étendue de tes turpitudes et plus rien ne m'oblige à les taire, si jamais tu attentes aux intérêts de mon client. Et bonne chance pour trouver quelqu'un qui te couvre comme moi.

Olivier ramassa quelques affaires dans un sac, la photo de sa mère et partit avec Gérard en direction du tribunal laissant Robert seul. La porte se ferma en claquant. Robert était fou de rage. Il cherchait désespérément un moyen de se venger. Gérard allait le lui payer. Il appela Lechat.

- Oui, monsieur Dubois, répondit l'homme.
- Trouves moi quelqu'un pour donner une correction à Maître Manlussa.
- Puis-je vous demander pourquoi, monsieur.
- Cet empaffé m'a trahi. 
- Comme vous vouliez qu'Olivier trahisse mon fils ?
- De quoi parles-tu ?
- Vous le savez très bien. Renald m'avait prévenu mais je ne voulais pas le croire. Je vous ai entendu discuter. Trouvez quelqu'un d'autre pour faire votre sale besogne.
- Lechat, j'ai tout ce qu'il faut pour te foutre au trou.
- Je ne tomberai pas seul, monsieur, vous tomberez avec moi. Adieu monsieur.

Lechat quitta la pièce, laissant Robert seul, en train de se dire que décidément il y a des matins où on devrait rester couché. 

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Maria arriva à l'hypermarché dix minutes avant l'heure normale d'embauche. Elle fut rejointe sur le parking par le chef des ventes.

- Alors Maria, quelles sont les nouvelles ?
- Comment ça ?
- Votre fils a retiré sa plainte ?
- Il doit voir le juge ce matin.
- Je pense que vous avez pris la bonne décision. Comment pouviez-vous songer à vous attaquer à la famille du maire ?
- Je voulais juste la justice pour mon fils.
- N'oubliez pas : "Selon que vous serez puissant ou misérable …", vous ne faites pas partie des puissants, contentez-vous de ce que vous avez.
- J'ai compris, monsieur, dit Maria, contenant sa colère.

Arrivés dans les locaux du personnel, Maria s'éclipsa vers les vestiaires pendant que son supérieur rejoignait son bureau. Il affichait un air satisfait, il allait pouvoir appeler le maire et se faire mousser. Il venait d'enlever sa veste quand le directeur du magasin passa sa tête dans l'entrebâillement de la porte et lui demanda de le rejoindre dans son bureau. Encore une réunion débile avec ce con pensa-t-il, vivement qu'il arrive à le faire virer.

CHAPITRE XXII

Norbert était assis à son bureau quand son directeur des ventes entra. Il l'invita à s'asseoir :
- Prends un siège, Alain. Je voulais te voir au sujet de Mme Pozzi.

- Qu'y a-t-il avec Maria ?
- Tu l'appelles Maria ? Tu ne m'avais pas habitué à autant de familiarité avec le petit personnel. Je me demande quelle conduite le magasin doit tenir dans cette affaire. Ça commence à faire du bruit et je ne voudrais pas que ce soit mauvais pour les affaires. Quel est ton avis ?
- Je pense que ça va se tasser. Je l'ai croisée ce matin et elle m'a dit que son fils ne porterait pas plainte.
- Ah bon ? Qu'est-ce qui a bien pu le pousser à prendre une telle décision ? 
- Elle a dû se rendre compte que c'était perdu d'avance et que ça lui attirerait plus de problème qu'autre chose. S'attaquer à la famille du maire n'est pas chose aisée. Ça fait plusieurs générations qu'ils font la pluie et le beau temps dans la région. Je respecte sa décision. Il faut savoir rester à sa place.
- Et je ne doute pas que tu as su lui rappeler où était la sienne ?
- Comment ça ?
- Entrez Maria ! Pouvez-vous répéter ce que vous venez de me raconter ?
- Oui, monsieur, le directeur des ventes m'a demandé de faire pression sur mon fils pour qu'il retire sa plainte sinon je perdrai mon poste.
- Qu'as-tu à répondre à ça ?
- Qu'est-ce que ça veut dire ? Tu vas croire cette caissière et remettre ma parole en doute ?
- Sans la moindre hésitation. Et de ce fait, je te mets à pied pour une semaine. Je vais transmettre le dossier à la direction régionale en recommandant au moins une mutation disciplinaire avec réduction de salaire et au plus ton renvoi pour harcèlement.
-Toi aussi tu es un de ces foutus pédés. Vous vous croyez forts mais on finira par vous avoir.
- Cela suffit, tu n'as plus rien à faire ici.

L'homme quitta le bureau en claquant la porte. Maria s'effondra en larmes sur un fauteuil.

- Calmez-vous Maria. Je viens de réduire sa capacité de nuisance à néant du moins en ce qui concerne ce magasin. Je comprendrais si vous aviez besoin de rentrer chez vous.
- Non, merci Monsieur. Je dois retourner travailler, ça va me changer les idées.
- Comme vous voulez, quoiqu'il arrive, ma porte est ouverte. N'hésitez pas à me solliciter.

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Comme chaque matin, une grande effervescence régnait dans le bureau du juge Mandivain. Son greffier, Alex, rangeait les dossiers du jour et vérifiait avec sa patronne le planning de la journée. La majeure partie de la matinée serait occupée par l'affaire Pozzi. Après avoir fait le point sur les derniers éléments arrivés, la juge demanda au greffier de faire entrer Olivier Dubois et son avocat. Dès leur arrivée, le magistrat constata un changement. Ce fut l'avocat qui prit la parole :

- Madame le juge, mon client souhaite revenir sur sa déposition. 
- Comment ça Maître ?
- Il va vous l'expliquer lui-même.
- Je vous écoute monsieur Dubois.
- Voilà, j'ai menti. C'est moi qui ai entraîné Renald dans cette affaire. J'ai pris toutes les décisions.
- Allons bon, qu'est-ce qui motive cette soudaine franchise ?
- Hier matin, sans Renald, je me serais fait violer par tous les prisonniers. Il a pris un risque fou pour me protéger alors que moi je l'accablais.
- Vous avez rencontré les fantômes des Noël passé présent et à venir ?
- C'est un peu ça madame et comme au vieux Ebenezer Scrooge, ils m'ont enseigné la voie de la raison.
- Je vois que vous avez quelques références, votre cas n'est pas désespéré. Vous comprenez bien que vous avez commis une faute grave ?
- Oui, madame et j'accepte d'en assumer les conséquences.
- Intéressant développement de cette affaire, n'est-ce pas maître ?
- Effectivement madame la juge.
- Je vais convoquer tout de suite, Monsieur Lechat et nous allons confronter vos versions. Greffier, faites entrer Monsieur Lechat.

Le greffier fit entrer Renald et son avocat. Ils vinrent s'asseoir sur des chaises à côté d'Olivier et Gérard. La juge résuma la situation : Olivier prenait à sa charge la responsabilité de l'agression, ne laissant à Renald qu'une simple complicité. Renald s'insurgea, il était aussi responsable qu'Olivier et souhaitait partager le sort de son ami. Son avocat avait beau essayer de la raisonner, rien n'y fit. La juge ramena le calme dans son bureau en disant :

- Cette affaire n'est décidément pas commune : c'est bien la première fois que j'ai trop d'aveux. Je vais vous donner, à chacun, la parole une dernière fois. Je prendrai ensuite ma décision. Monsieur Dubois, c'est à vous.
- Madame le juge je voudrais m'adresser à Renald.
- Faites.
- Renald, écoute-moi. J'ai besoin de toi pour veiller sur moi, mais je dois assumer mes erreurs. Je ne pourrai jamais assez te remercier pour ce que tu as fait pour moi en prison. Tu m'as toujours écouté et obéi quand je t'entraînais dans des plans foireux, alors cette fois encore, mais pour ton bien, écoute-moi et obéis, d'accord ?
- Monsieur Lechat, votre réponse ? demanda le magistrat.
- Est-ce qu'Olivier va retourner en prison ?
- Je ne peux pas vous répondre pour l'instant. Il est possible qu'avec le procureur et les parties civiles nous trouvions un accord évitant cette peine. Toutefois, je ne peux rien vous promettre.
- Olivier a raison, je n'ai fait que lui obéir, mais j'aurais dû l'empêcher de faire ça. Ne soyez pas trop dure avec lui, c'est vraiment un gentil garçon qui méritait mieux que son père.
- Merci, Monsieur Lechat. Bien, nous allons maintenant vous confronter aux parties civiles. Greffier, faites entrer les parties civiles.

Tony, Paul et Jacques entrèrent dans le bureau. La pièce commençait à être étroite pour autant de monde. La juge prit la parole, résuma la situation pour les nouveaux arrivants et demanda à Paul, son avis. Paul était furieux, il voulait qu'Olivier soit puni pour ce qu'il avait fait subir à Tony, il ne lui trouvait aucune excuse. Olivier aurait voulu répondre mais après un regard à son avocat s'abstint. Il se contenta de baisser la tête en signe de culpabilité, il n'avait pas avoué pour se défausser ensuite, il allait assumer.

La juge donna ensuite la parole à Tony. Tony regarda Renald et Olivier. Renald pleurait doucement en silence, il voyait son meilleur et unique ami emporté dans une affaire qui lui semblait inextricable. Il était persuadé que Tony allait les accabler et il aurait raison. Il avait été battu et séquestré. Olivier, lui, regarda Tony dans les yeux, non par défiance mais pour lui montrer qu'il comprenait à quel point il avait merdé. Tony demanda :

- Olivier, tu le penses vraiment ?
- Quoi ?
- Que tu as mal agi ?
- Oui Tony, je vois à quel point j'ai été nul. J'ai sûrement des circonstances atténuantes mais si elles expliquent, elles n'excusent pas. J'ai été tellement con que j'ai failli abandonner mon seul ami, heureusement lui ne m'a pas abandonné.
- Je te crois. Madame le juge, pouvez-vous faire en sorte qu'il soit puni mais évite la prison ?
- Si c'est vous qui le demandez, je pense que le procureur ne s'y opposera pas.
- Tu es fou Tony, reprit Paul, il a failli te tuer, c'est un malade. Il ne peut pas s'en sortir comme ça.
- Écoute Paul, je ne pense pas qu'il s'en sorte "comme ça" comme tu dis. Et si je ne t'avais pas rencontré, je pourrais être à sa place. Il a droit à une dernière chance et je crois qu'il ne la gâchera pas.

En prononçant les derniers mots, Tony regardait Olivier dans les yeux. Ce dernier ne contint pas ses larmes et secoua négativement la tête, signifiant ainsi que la leçon était enfin comprise.

- Bien, reprit le magistrat, vous devez conserver toutes ces informations confidentielles, jusqu'à mon entretien avec le procureur, nous déterminerons alors la conduite à tenir. Toute entrave à cette confidentialité rendrait ces discussions nulles. Je vous remercie de votre collaboration à la manifestation de la vérité.

CHAPITRE XXIII

Le rendez-vous avait été fixé dans un bar sordide derrière les ateliers municipaux. La vitrine était tellement sale qu'on pouvait à peine distinguer les passants dans la rue. La propreté était tellement peu évidente que le lieutenant Dagget avait pris la peine d'essuyer la table avec un mouchoir en papier. La couleur de ce dernier à l'issue de la manœuvre ne laissa aucun doute quant à la fréquence du ménage : nulle.

Son arrivée légèrement en avance permettait à Dagget d'étudier les lieux. La salle crasseuse et enfumée, malgré l'interdiction du tabac dans les lieux publics, n'avait qu'une issue praticable. La porte derrière le bar était inaccessible en cas d'urgence et la porte donnant sur les toilettes ne permettait en aucun cas de s'échapper, le vasistas permettant de passer à peine un bras. L'hygiène des toilettes était à l'avenant du reste de l'établissement : inexistante. Aller pisser, ça pouvait encore aller, en revanche, se laver les mains relevait de l'exploit, il aurait fallu passer tout le coin lavabo au karcher et utiliser le séchoir à main revenait à risquer une électrocution immédiate et définitive vu la quantité d'eau au sol.

Dagget détonnait dans cet environnement. Dans un premier temps, son arrivée avait brusquement fait chuter la moyenne d'âge dans la salle. Son entrée avait ensuite provoqué un arrêt total des conversations, les individus présents jaugeant le nouveau venu. Puis l'ayant catalogué comme inoffensif, les conversations reprirent. Dagget s'était installé à une table dans un angle, lui permettant de surveiller la vitrine, la porte et la salle. Le patron, une sorte de pachyderme à allure vaguement humaine, était venu lui demander ce qu'il prendrait. Dagget avait failli répondre un demi mais s'était ravisé en demandant une bière en bouteille, ainsi il ne serait pas obligé d'utiliser un verre à la propreté plus que douteuse. Il valait mieux avoir l'air bête que l'herpès.

Dagget sirota sa bière en attendant l'arrivée du maire. Quand il arriva, les conversations à nouveaux s'interrompirent mais le silence n'était pas suspicieux mais respectueux. Le maire avait ses entrées dans cette population grâce à son système de clientélisme. Il vint directement s'asseoir face à Dagget et lui demanda s'il avait rempli sa part du marché.

- Oui, j'ai l'original de l'enregistrement audio incriminant votre fils.
- Bien excellente chose. Je me moque de ce qui peut arriver à ce jeune con mais mon nom ne doit pas être associé à des histoires de mœurs. 

Dagget eut du mal à réprimer un sourire, en effet les frasques du maire n'étaient un secret pour personne. 

- Et vous, avez-vous amené ce qui est convenu ?
- Voilà, lieutenant. Ce sont les originaux et les négatifs des photos, votre père sera tranquille, répondit le Maire en tendant à Dagget une enveloppe épaisse. Le lieutenant s'en saisit et la glissa sous son manteau sans l'ouvrir.

Un peu plus loin dans la salle, un homme en apparence affalé et à moitié saoul, ne perdait en réalité pas une miette de la conversation des deux hommes. Équipé d'un micro directionnel, il enregistrait chaque mot et notait chaque geste. Cet article allait être le sommet de sa carrière. Une fois que les deux hommes se furent séparés, il attendit un moment puis simulant une démarche chancelante, il quitta à son tour l'estaminet.

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Dagget fila sans se retourner en direction du commissariat. A son arrivée, il se présenta dans le bureau du commissaire :

- C'est fait monsieur le commissaire. Il détient la preuve.
- Parfait, le journaleux était là ?
- Oui, je l'ai repéré dès que je suis arrivé.
- Donc on peut s'attendre à du remue-ménage, vous savez que ça va tanguer pour vous mais nous serons là pour vous épauler. Je dois dire que j'admire votre prise de conscience.
- Je la dois à mon père.
- Ce vieux brigand ? Ne vous méprenez pas, votre père a été un excellent flic, hélas, il a fait un choix malheureux. Et je pense que vous ne devriez pas en souffrir. Lui en revanche devra répondre à des questions. Vous avez le dossier ?

- Oui, le voilà.
- Vous l'avez ouvert ?
- Non, j'ai scrupuleusement suivi vos directives. 
- Parfait, prévenez votre père d'être là demain à la première heure.
- Bien monsieur, il sera là.

Dagget quitta le bureau et composa sur son portable le numéro de son père.

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- Madame le juge, ici le commissaire Chréteur. Tout est en place, je ne doute pas que le sieur Quaite fasse ses choux gras de l'histoire que nous lui avons servie sur un plateau.
- Parfait, Monsieur le commissaire, je tiens le procureur au courant.

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Jean Quaite patienta plusieurs minutes dans le café avant de se diriger d'une démarche hésitante vers la sortie. Il bouscula une table pour accréditer l'authenticité de son personnage et quitta le bar sous une bordée d'injures. Il continua sa route d'un pas hésitant jusqu'à une porte cochère où il pénétra. Seul un observateur avisé aurait pu remarquer le redressement soudain et l'énergie nouvelle de cet homme juste avant qu'il ne disparaisse dans l'ombre. Il se changea, rangea soigneusement son camouflage et rejoignit rapidement son domicile. Il venait de consulter sa montre, il avait deux heures avant le bouclage. Il tenait déjà son titre, sur cinq colonnes : "Tel maire, tel fils", un tabac, je vous dis.

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Ce fut la sonnerie du téléphone qui réveilla Robert. Il regarda machinalement l'heure : six heures trente. Bon sang, qui pouvait bien avoir besoin de lui à une heure pareille ? Il décrocha de fort méchante humeur, prêt à tancer l'insolent d'importance.

- Allô, dit-il d'une voix fort peu amène.
- Allô, bonjour monsieur le maire, je suis désolé de vous réveiller à une heure aussi matinale mais il faut que vous voyiez le journal …
- De quoi diable parlez-vous Albert ? répondit le maire qui avait reconnu le concierge de la mairie.
- Il y a un article de ce monsieur Quaite, vous savez celui à qui vous m'avez demandé de toujours répondre que vous étiez absent, il vous accuse de corruption et dit qu'il a des preuves que vous avez acheté un officier de police.
- Qu'est-ce que c'est que ce bordel ?
- Comme je vous le dis, monsieur le maire …
- J'arrive Albert. Vous avez les coordonnées de Mourad Ben Bali ?
- Oui, Monsieur.
- Appelez-le de suite et dites-lui de me rejoindre à la mairie.
- Bien Monsieur.

Robert venait de raccrocher. Encore une journée de merde, pensa-t-il. Cette fois-ci, le fouille-merde était allé trop loin et même s'il ne pouvait plus compter sur Lechat pour accomplir ses sales besognes, il ne doutait pas que Mourad le remplacerait avantageusement, il serait juste un peu moins fin et un peu plus cher mais quelle importance.

CHAPITRE XXIV

- Paul, Tony, debout, il est temps de vous préparer pour aller au lycée.

Paul ouvrit les yeux pour voir son père écarter les rideaux, ouvrir la fenêtre et faire entrer le soleil. A ses côtés, Tony ouvrait les yeux. Pour les deux jeunes gens la nuit avait dû être courte.

- Papa, qu'est-ce au tu fais ?
- Je m'assure que vous serez à l'heure. Ouste debout, lança le père en rejetant la couette exposant ainsi la nudité des deux jeunes éphèbes à la fraîcheur matinale. Les deux poussèrent un cri de surprise auquel le père répondit par une remarque peu flatteuse sur leur réaction de pucelle effarouchée.
- Vous avez un quart d'heure pour passer à la salle de bain et être en bas pour prendre votre petit déjeuner. Passé ce délai, je viens vous chercher.

Les deux garçons se précipitèrent vers la salle de bain dans leur plus simple appareil. Ils y croisèrent Benoit qui tant par moquerie que par admiration les siffla. Paul le rembarra et ils s'enfermèrent dans la salle de bain. Les affaires furent vite faites, ni l'un ni l'autre n'ayant à se raser, la toilette fut vite expédiée et à l'heure dite, ils entraient dans la cuisine. Benoit, attablé devant une assiette de céréales s'exclama :

- Tiens, voilà nos exhibitionnistes.
- Très drôle frangin, répondit Paul sarcastique.
- Ce n'est pas moi qui me balade à poil avec mon copain dans les couloirs …
- Ça suffit, vous deux. Nous n'avons pas de temps à perdre en sottise, les interrompit Jacques. Paul, tu retournes au lycée aujourd'hui, Tony idem pour toi, j'en ai parlé avec ta mère. Vous avez des examens en fin d'années et il est hors de question que vous les ratiez.
- Papa, est-ce que Tony peut habiter ici ?
- Nous y réfléchirons, mais pourquoi pas. En attendant, prenez votre repas fissa, ensuite je vous accompagne au lycée.

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Au même moment, Jean Quaite quittait son domicile en direction du journal. Il avait passé une excellente nuit. Il attendait de recevoir les fruits de son travail d'enquêteur. En tournant au coin de sa rue, il tomba nez à nez avec Mourad, le mâle qui prenait tant de plaisir à le défoncer pendant ses soirées de débauche au sex-shop. Heureusement qu'il était masqué quand il y allait, il ne souhaitait pas que ses nombreux partenaires le reconnaissent. Néanmoins, il sourit en pensant à la taille du membre de l'homme et au plaisir qu'il avait pris avec lui.

- Excusez-moi, monsieur, entendit-il Mourad dire de sa voix grave.

Jean se retourna, surpris d'être interpellé. Il eut à peine le temps de voir le poing de l'homme arriver qu'il perdît connaissance sous la violence du coup et tomba à terre. Mourad le prit sous les épaules et le chargea dans une camionnette garée à proximité. Il fit ensuite signe au chauffeur de démarrer et lui cria d'aller à l'entrepôt.

--o-0-o--

- Monsieur la maire, je vous demande de nous suivre au poste, nous avons des questions à vous poser concernant les révélations du "Chroniqueur".
- Vous accordez du crédit aux ragots de ce fouille-merde ?
- Nous avons tout lieu de croire qu'il y a un fond de vérité dans ses ragots comme vous dites.
- Dois-je faire appel à mon avocat ?
- Estimez-vous en avoir besoin ?

Robert était hors de lui. Depuis ce matin, les coups de fil se succédaient, tant des journalistes que de ses associés. Les premiers pour poser encore plus de questions les autres pour lui expliquer qu'il était devenu pour l'instant infréquentable. Et maintenant ce petit lieutenant, comment s'appelait-il déjà ? Ah oui, Francin. Il était respectueux, juste à la limite de l'insolence et manifestement pas fâché de se payer une huile pour son petit déjeuner. Il allait devoir y aller et cette fois-ci ce ne serait pas du gâteau.

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- Bonjour Maître, excusez-moi de vous appeler …
- J'avais demandé expressément de ne pas être dérangé.
- Je sais Maître, mais j'ai reçu un appel de la mairie, Monsieur Dubois vient d'être appréhendé par la police et il vous fait demander.
- Bien merci, je vais voir ce que je peux faire.
- Merci Maître, bonne journée.

En l'occurrence, elle venait de prendre une tournure qui ne plaisait pas trop à Maître Manlussa. Il se tourna vers Olivier et lui dit :

- Je crois que ton père a déconné gravement cette fois.
- Ce n'est pas mon père.
- Oui, je sais mais tu comprends ce que je veux dire …
- Oui bien sûr, tu vas y aller ?
- Qu'est-ce que tu en penses ?
- Oui vas-y, c'est un gros con mais comme tu es plus intelligent que lui, tu vas l'aider.
- Ok, Olivier, reste ici et fais comme chez toi, d'ailleurs tu es chez toi.

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Jean reprenait peu à peu ses esprits. Il était allongé, nu, sur un matelas crasseux les mains attachées aux barreaux du lit. La pièce était sombre mais il distinguait une rai de lumière sous la porte. Que s'était-il passé et pourquoi avait-il été agressé ? Il voulait en avoir le cœur net et cria en direction de la porte :

- Il y a quelqu'un ?

Il n'attendit pas longtemps avant de voir la porte s'ouvrir et la lumière s'éclairer. Devant lui se tenait Mourad. L'homme le regardait avec un grand sourire.

- Tu es réveillé ma beauté ? Tu as de la chance, mon patron m'avait demandé de te donner une correction sévère, mais quand je t'ai déshabillé, j'ai reconnu ton cul.
- Qui êtes-vous, mentit Jean feignant de ne pas le connaître. 
- Tu sais qui je suis, ma beauté, j'ai souvent visité ton cul. Tu te souviens de ce que je t'avais promis le jour où je te trouvais à l'extérieur du sex-shop ?
- De quoi parlez-vous ?
- Oui, tu sais, je le vois dans tes yeux. Tu vas devenir la fatma de Mourad. Tu vas faire la pute pour moi. Personne ne sait que tu es ici. Tu es à moi. Et comme je tiens toujours mes promesses, je vais t'enlever ce que tu as en trop, la fatma de Mourad, elle n'a pas de couilles. 
- Nonnnn !!! hurla Jean en voyant l'homme approcher un cutter à la main.

--o-0-o--

Jacques venait de se garer devant le lycée, il espérait que l'entrevue d'aujourd'hui se passerait mieux que la précédente. Suivi des deux garçons, il pénétra dans le bâtiment de la direction de l'établissement et se dirigea vers le bureau du proviseur. La secrétaire lui ouvrit le bureau et Jacques entra. L'homme en face de lui n'était pas le proviseur, du moins pas celui qu'il avait vu lors de la première rencontre. L'homme l'invita à s'asseoir ainsi que les deux jeunes gens. Il demanda ensuite à sa secrétaire de lui faire apporter du café.

- Monsieur Dolmen je souhaite vous présenter les excuses de l'établissement pour la manière dont votre fils et vous avez été traités par mon prédécesseur.
- Merci, monsieur le proviseur.
- Non, c'est normal. Sa conduite a été pour le moins inqualifiable et il devra en répondre, vous serez probablement contacté par l'administration pour exposer vos griefs.

Il se tourna vers Tony et lui dit :

- Vous devez être Tony Pozzi.
- Oui monsieur.
- Bien, heureux de vous voir de retour. Je crois qu'il est temps que vous rejoignez votre classe tous les deux et n'oubliez pas que des examens vous attendent en fin d'année.

Les deux garçons prirent congé ainsi que Jacques, ravis que cette partie de leur vie reprenne un cours normal.

--o-0-o--

Robert avait compris que sa situation était particulièrement grave quand il avait vu au commissariat le vieux Dagget en pleine discussion avec un capitaine de police. Il se doutait que l'ancien était en train de tout lui balancer. Bien sur la quasi-totalité des affaires étaient prescrites mais elles n'en éclaireraient pas moins d'un jour très défavorable celle qui l'amenait au poste.

La garde à vue avait duré assez peu de temps et dès que son avocat fut arrivé, il avait été transféré au tribunal et présenté au juge. Il s'était fait piéger, il en avait conscience. Toutes les armes dont il avait usé depuis des années s'étaient brutalement retournées contre lui et le juge l'avait mis en examen et avait demandé la détention préventive. Gérard, son avocat, avait fait son boulot mais les faits et les preuves étaient contre lui. Alors maintenant, il suivait ce surveillant à travers les couloirs de la maison d'arrêt et se tenait à carreau. Ils s'arrêtèrent devant une cellule, le surveillant ouvrit la porte et dit :

- Bonsoir Maxou, on t'amène un nouveau compagnon de cellule. Soyez gentil avec Maxou, Monsieur le maire, son précédent compagnon de cellule s'est suicidé et il est encore un peu choqué.

Robert entra dans la cellule et découvrit en face de lui un colosse de deux mètres tout en muscle avec un faciès de tueur. Quand il se retourna pour parler au surveillant, la porte venait de se fermer. Il sentit la main du géant se poser sur son épaule pendant que ce dernier lui disait :

- Salut ma belle, on va bien s'amuser tous les deux ….

 

FIN

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Deux salopes pour le prix d'une...

5 Juillet 2025 , Rédigé par Pascal

Bonjour, c'est  Dick !

Comme vous le savez, j'aime bien humilier des esclaves. Que ce soit des mâles ou des femelles, j'aime bien les transformer en réservoir à foutre et les dépraver. Le plus souvent, ce sont des mâles que je défonce. Mais cette fois-ci, j'ai eu la chance de me taper le mari et la femme. Et je suis même allé plus que ça.

Tout commence sur un site de rencontre, un certain Simon me contacte en me demandant si je suis prêt À le baiser devant sa femme. Je lui dis que ça ne me pose aucun problème, toutefois, je baise sans capote. Il a l'air d'hésiter mais finalement je reçois une réponse et il semble que ce soit sa femme qui ait pris les choses en mains. Elle m'explique que son mari a besoin d'être dressé et que, étant elle-même une salope, elle ne dispose pas de l'autorité nécessaire pour le contraindre. Elle m'explique que son mari doit se faire violer et que prendre du jus dans le cul fait partie de son éducation. Nous discutons encore quelques minutes et nous convenons d'un rendez-vous pour le soir même chez eux. Je lui explique qu'ils doivent être tous deux à poil et que je violerai son mari sans pitié.

Je ne suis pas sûr de ne pas tomber sur un lapin lorsque je me rends au rendez-vous. Il s'agit d'un petit immeuble de trois étages et je sonne à l'interphone indiqué. La réponse est très rapide, une fois féminine m'indique l'étage. Je monte les escaliers et j'avise la porte entrouverte. Je la pousse et à l'intérieur je trouve l'homme et la femme nus, à genoux, les mains sur la tête. Je veux que cette première rencontre soit brutale. Je n'ai pour ces deux-là que du mépris. Sur ton cassant, je demande à la femme si son mari a le cul propre. Elle répond que oui, la tête baissée, elle a manifestement l'habitude d'obéir. J'avise sur la table un tube de gel et je pousse le mari en avant.Il tombe sur ses avant-bras, je prends une dose de gel et je lui enfonce brutalement trois doigts dans le cul. Il pousse un cri à la fois de surprise et de douleur. Je lui laisse pas le temps de se remettre et enfonce brutalement la totalité de ma bite dans son cul. Il en a le souffle coupé. Je ne sais pas s'il est puceau mais en tout cas il est très serré. Et je commence à le défoncer sans pitié. Je l'entends pousser à la fois des gémissements et des sanglots sans que cela n'éveille en moi la moindre empathie. Son épouse me regarde avec fascination violer son mari. Je veux que ce soit brutal, je veux que ce soit douloureux et je veux que ce soit humiliant. Je constate toutefois que la salope, que je suis en train de tringler, bande. J'en fais la remarque à sa femme qui répond en disant qu'elle ne pensait pas que c'était une telle chienne. Mon objectif n'est pas de faire jouir le bâtard que je suis en train de baiser mais de me vider les couilles. J'accélère donc le mouvement jusqu'à ce que je lui lâche une bonne dose de foutre dans sa toute nouvelle chatte. Quand j'ai fini je me retire et je tend ma bite à nettoyer son épouse qui s'exécute. Je lui demande si elle a une cage de chasteté et un plug. Elle va aussitôt chercher cela dans une sorte de boîte à jouets. J'enfile brutalement le plug a son mari qui pousse un nouveau gémissement et je verrouille la cage de chasteté sur sa nouille avant de mettre la clé dans ma poche.

Je m'assieds dans un fauteuil et je réclame à la femme de m'amener un verre. En sirotant mon verre, je leur explique leurs nouvelles règles de vie. J'interdis à la femme d'utiliser un quelconque moyen de contraception. Je lui explique qu'à partir de maintenant, elle ne doit jamais dire non à un homme. Je me tourne vers son mari et je lui dis la même chose et il ne doit plus jamais porter de sous-vêtements. Il doit garder le plug dans le cul en permanence. Ils sont devenus des trous publics. La femme me demande timidement ce qu'elle doit faire si elle tombe enceinte, je lui réponds qu'elle doit élever le bâtard. Je leur explique que s'ils disent non je jette les clés et ils ne me verront plus jamais. Pour sceller cet accord, je leur ordonne de me baiser les pieds et de me donner une clé pour pouvoir venir chez eux quand bon me semble. Je leur explique que je ne préviendrai jamais et que je peux débarquer à n'importe quel moment.

Dans ensemble parfait, ils viennent me baiser les pieds et il me donne la clé de chez eux. Je je récupère ensuite leurs portables sur lesquels j'installe un logiciel espion avant de partir je viens me mettre face à la femme et je vide ma vessie dans son estomac.

 

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