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Les histoires de Pascal

Traitement

18 Août 2025 , Rédigé par Pascal

Nous sommes réunis pour rendre un dernier hommage à Etienne qui nous a quitté pour un monde meilleur. Non, Etienne ne nous a pas quitté pour un monde meilleur, Etienne est décédé pour le plus grand profit des actionnaires des laboratoires pharmaceutiques.

Etienne était séropositif depuis très longtemps et il prenait un traitement pour lequel il était très observant. Il prenait sa santé très au sérieux et militait pour une meilleure prise en charge des malades.

Il y a quinze ans, le traitement SHIV a été autorisé. Ce traitement a permis de réduire quasiment à zéro le nombre de contamination. Tout le monde a crié au miracle, Etienne aussi d'ailleurs. Le nombre de séropositifs a commencé par se stabiliser pour enfin entamer un déclin. Tout le monde était ravi.

Toutefois, le diable se cache dans les détails. Il y a quelques mois, sans aucune communication, les laboratoires produisant les traitement VIH, ont cessé la production de comprimé pour des raisons purement économiques. La pénurie de médicament a alors commencé. Les pharmacies se sont retrouvées en rupture de stock.

La presse et les médias se sont emparés de l'affaire, ils ont interrogé les laboratoires et les politiques. Les tentatives pitoyables de justifier la mise en danger de mort de personnes pour des raisons économiques ont exaspéré des personnes même chez les plus conservateurs. Il y a eu cette séquence mémorable durant laquelle un économiste (de droite) a essayé de justifier les faits en parlant de productivité, de croissance, de dividendes, de cours de bourses et de nécessaires sacrifices pour un plus grand bien (conserver des fonds de roulement pour faire de la recherche). Il a fallu toute la puissance de deux vigiles pour empêcher le journaliste, qui était en train de perdre son compagnon, de lui arracher les yeux et la tête. Fun-fact, l'économiste a disparu un moment des radars et n'a pas porté plainte.

Quelques états ont bien essayé de lancer une production parallèle mais les laboratoires, toute honte bue, ont réclamés les royalties liées à leur propriété de brevet. Et quand la population a réclamé la confiscation des brevets, les politiques se sont dégonflés face aux multinationales impliquées. Et cette piste se termina en voie sans issue.

La charge mentale imposée aux malades et à leurs entourages n'a fait que s'amplifier. Même si des groupes se sont organisé de manière à assurer une distribution correcte des traitements, les stocks ont fondu comme neige au soleil. Il allait passer plusieurs heures au téléphone pour localiser et bloquer une boite de médicaments. Nous avons dû faire jusqu'à 700 kilomètres pour aller en chercher. Je me souviens avoir assisté aux crises d'angoisse d'Etienne, avoir vu son stress exploser pour finalement au bout du compte le voir lâcher prise et se laisser partir, pour ne plus être un fardeau me disait-il.

La conséquence finale a conduit au décès de plusieurs centaines pour ne pas dire milliers de patients d'une maladie que l'on savait contenir parce que la production du médicament n'était plus économiquement rentable.

Je sais c'est une histoire qui vous emble peut-être peu réaliste, mais aujourd'hui, des familles, des proches se battent pour que les pathologies des leurs soient prisent en compte. Les maladies orphelines qui ne concernent que peu de patients et sont donc délaissées par la recherche pharmaceutique parce que peu rentables : une nouvelle preuve de la nocivité de système capitaliste quand il n'est pas ou mal régulé.   

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A
certains? tous semblable les bigs pharmas
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A
histoire trés intéressante pas tellement éloignée de la réalité dans toute la communauté européenne de nombreux médicaments sont en rupture de stock
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J'ai voulu aussi y montrer le cynisme économique de certains laboratoires pharmaceutiques.