Devenir esclave volontaire
De quoi parlons-nous ? Qu’est-ce qu’un esclave ? La définition que nous en donne le dictionnaire est la suivante : personne qui n'est pas de condition libre, qui est sous la puissance absolue d'un Maître. Déjà cette définition contient en elle un paradoxe : comment l’esclave peut-il être une personne ? Nous reviendrons plus tard sur ce point.
A travers l’histoire, l’esclavage a pris des formes très différentes en fonctions des lieux et des époques. Comparer un esclave à Athènes, à Sparte, à Rome, à Jérusalem et à fortiori plus loin dans le temps ou dans l’espace conduira immanquablement à parler de situations totalement différentes mais ayant toutes le même point commun, la condition d’esclave est acquise (parfois par héritage) et jamais choisie, elle s’accompagne en général d’une négation de l’humanité de l’esclave et parfois d’un racisme non dissimulé. Un autre point important, à travers l’histoire, quasiment toutes les ethnies ont pratiqué l’esclavage.
Qu’en est-il du monde moderne ? Il existe encore un esclavage ou des pratiques que l’on peut assimiler à l’esclavage dans diverses régions du monde. Si certaines sont totalement illégales et underground, d’autres sont du fait de régimes dictatoriaux qui y voient un moyen de réduire à néant une opposition légitime. Mais je veux dissocier de ces pratiques l’objet de notre propos ci-après : l’esclavage volontaire.
La formule ressemble à un oxymore : comment être volontaire pour ne plus avoir de volonté, en nous référant à la définition de l’esclave ci-dessus. Si ce besoin nait avant tout d’un fantasme sexuel, il marque aussi une profonde inadaptation au monde moderne, un monde changeant et qui demande une remise en question permanente, un monde dans lequel assumer une décision peut être extrêmement perturbant et anxiogène. Ce besoin de ne plus décider est avant tout une fuite, une forme d’évitement : je ne décide plus donc je n’ai plus à assumer. Un dérivatif est la vocation religieuse, plus orienté vers les moines que les prêtres ou la vocation militaire, principalement vers les unités d’élites type Légion Etrangère, une forme d’abandon de la volonté.
Au-delà du fantasme sexuel, certains entendent étendre cette servitude à leur vie quotidienne, demandant à être purement et simplement effacés de la société via un enlèvement. D’autres quittent un jour leur domicile et disparaissent sans laisser de trace. Il existe des candidats des deux sexes pour des maîtres des deux sexes.
Concentrons-nous à présent sur ce que veut dire être esclave dans une relation d’appartenance totale. L’esclave n’est esclave que de sa propre volonté. Il détient seul les clés de sa servitude et de sa liberté. Il consent par avance à un certains nombre de pratiques. Souvent ces esclavages sont matérialisés par des contrats. Soyons clairs, ces contrats sont juridiquement nuls et non opposables. Mais ils ont le mérite de clarifier ce qui est permis de ce qui ne l’est pas. Nous allons aborder trois grands domaines de servitude :
- La servitude sociale ;
- La servitude financière ;
- La servitude sexuelle.
La servitude sociale :
Si le volontaire conserve une vie sociale et une vie professionnelle, on ne parlera pas de servitude mais de soumission. Il devra être brillant pour cloisonner ses différentes vies et tous sont loin d’en être capable. En revanche, la perte de la vie sociale va entrainer un vide béant que le Maître devra combler de manière à éviter les dérives du volontaire parce qu’immanquablement, l’humain étant un animal social, les interactions vont lui manquer. Il faut aussi tenir compte des
réactions de la famille éventuelle qui risque de vouloir rechercher le membre disparu et certaines familles sont opiniâtres. De même, priver le candidat d’une vie professionnelle, va automatiquement le mettre dans une situation de dépendance financière vis-à-vis de son Maître, situation qu’il peut être malaisé de gérer sur le long terme. L’idéal étant bien entendu que le Maître puisse employer directement le candidat et ainsi bénéficier de son emploi et récupérer sa rémunération. Le principe de cette servitude peut être mise en place dès le départ, tout en conservant la possibilité d’en faire évoluer le niveau dans la durée.
La servitude financière :
Appelons les choses par leur nom, la servitude financière n’a pas d’autre but que de spolier le volontaire de tous ses actifs. Elle a aussi pour but de faire travailler l’esclave au seul profit du maître. Cette clause doit absolument faire l’objet d’une explication auprès du volontaire, il doit comprendre qu’il sera totalement spolié. Il doit aussi comprendre qu’il dépendra du bon vouloir du maître dans tous les domaines financiers. Il peut éventuellement être envisagé de faire signer des reconnaissances de dettes multiples au volontaire pour le maintenir en état de servitude. Cette servitude peut arriver dans un second temps après une servitude sociale.
La servitude sexuelle :
Il s’agit là de la servitude la plus souvent recherchée. C’est souvent à travers elle qu’un contrat d’esclavage va être rédigé. Si pour le Maître la servitude sexuelle et généralement inconditionnelle et sans limite Oui, pour le volontaire, elle doit s’accompagner d’une forme de progressivité. Certains volontaires demanderont la possibilité de ne pas pouvoir choisir la protection lors des rapports sexuels. Il faut bien comprendre qu’il s’agit là d’une nouvelle forme d’évitement de la part du volontaire, ne pas avoir à décider et ne pas être responsable. De la même manière certains volontaires demanderont à ne pas pouvoir choisir leur partenaire notamment dans les cas de prostitution. Ne vous y trompez pas virgule il ne faut pas ne pas choisir ils veulent subir. Ils veulent pouvoir se considérer comme des victimes. Il faut absolument les mettre en face de leurs responsabilités. Comme il est dit précédemment l’esclavage est un acte volontaire.
Dans tous les cas, l’esclavage s’accompagne d’un abandon total au Maître, à son autorité et à ses lois. Pour obtenir ce résultat, le maître doit toujours avoir présent à l’esprit que la réussite dépend avant tout de l’épanouissement de l’esclave. Un esclave épanoui sera volontaire, il demandera un durcissement de ses conditions de vie pour atteindre une sorte de félicité. Il faut savoir punir l’esclave, tout comme il faut savoir le récompenser. La punition doit être sévère mais juste et surtout comprise, la récompense doit être légère et gratifiante. La violence doit toujours avoir un caractère légitime que ce soit dans la cadre d’une punition ou pour des activités SM. La progression de l’esclave doit être recherchée avant tout. Imposer le silence à un esclave peut être une punition temporaire, mais il est illusoire de vouloir passer l’esclave à la trappe. L’esclave doit exprimer ce qu’il ressent en permanence ce manière à permettre au Maître d’ajuster au plus juste la pression qu’il exerce. Le maître doit être à même de détecter les volontaires qui se sont fourvoyés et de les renvoyer vers une autre forme de dépendance. La position de Maître implique une forme de bienveillance autoritaire ayant pour but d’obliger l’esclave à progresser et de maintenir l’alchimie qui fait fonctionner la relation. Ces réflexions sont issues de rencontres, entretiens avec des Maîtres et des esclaves. Elles ont pour seul but d’éclairer ce domaine particulier et ne constituent en rien un mode d’emploi.
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